Maroc

Marché de l’emploi : la population active très peu qualifiée

La population active au Maroc reste peu qualifiée, ne bénéficie pas forcément d’un couverture médicale encore moins d’un régime de retraite. C’est ce qui ressort de la dernière note du Haut-Commissariat au Plan relative aux principales caractéristiques des travailleurs marocains.

Le portrait de la population active en 2020 dressé par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) n’est pas des plus reluisants. À commencer par le volume d’emploi qui a chuté de 3,9% au niveau national, passant ainsi de 10,97 millions de travailleurs en 2019, à 10,54 millions en 2020. L’économie nationale a, ainsi, perdu 432.000 postes d’emplois, 137.000 en milieu urbain (-2,2%) et 295.000 en milieu rural (-6,3%), après une création annuelle moyenne de 121.000 postes au cours de la période 2017-2019. À noter qu’entre 2019 et 2020, le recul du taux d’emploi a été nettement plus important en milieu rural avec une baisse de 3,2 points, de 50,3% à 47%, qu’en milieu urbain où ce taux a chuté de 1,6 point, passant de 36,9% à 35,3%. Par ailleurs, la répartition des actifs occupés selon le secteur d’activité montre que le secteur des services se situe en première position avec 4.820.000 personnes et une part de 45,7%, suivi de «l’agriculture, forêt et pêche» avec 3.295.000 personnes (31,3%), de l’industrie y compris l’artisanat avec 1.280.000 personnes (12,1%) et, enfin, des BTP avec 1.139.000 personnes (10,8%) . Parmi les 4.820.000 personnes exerçant dans le secteur des services, 37,3% relèvent de la branche du commerce, 11,2% des services sociaux fournis à la collectivité et 10,4% du transport, entrepôts et communications. Le HCP fait ressortir également que 41,8% des actifs occupés sont des ruraux et 21,5% de sexe féminin (22,7% une année auparavant). Les jeunes âgés de 15 à 34 ans représentent quant à eux, 35,1% du volume total d’emploi, ceux âgés de 15 à 24 ans 9% et ceux de 25-34 ans 26,1%. Si le volume d’emploi s’est illustré en baisse cette année, la population active semble quant à elle très peu qualifiée. Ce sont en somme quelque 54% des actifs occupés qui n’ont aucun diplôme, 30,5% ont un diplôme de niveau moyen et seuls 15,2% un diplôme de niveau supérieur en 2020. Dans le détail, parmi les actifs occupés exerçant dans le secteur de «l’agriculture, forêt et pêche», 80,8% n’ont aucun diplôme, indique le HCP dans sa note, ajoutant que cette proportion atteint 59,2% dans le secteur des BTP, 45,2% dans l’industrie (y compris l’artisanat) et 37,4% dans les services.


La couverture médicale progresse
La note du HCP fait également ressortit que seulement 27,4% des actifs occupés ont bénéficié d’une couverture médicale liée à l’emploi en 2020 contre 24,1% en 2019. Cette proportion s’établit à 36,4 % en milieu urbain et de 7,8% en milieu rural. « La part des actifs occupés affiliés à un régime de couverture médicale s’améliore nettement au fur et à mesure que le niveau de diplôme s’élève », explique le HCP notant que cette part est passée de 10,7% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme à 72,8% parmi celles ayant un diplôme supérieur. Ce sont les actifs occupés exerçant dans l’»industrie y compris l’artisanat» qui enregistrent le taux de couverture médicale le plus élevé avec 42,2%. Ils sont suivi de ceux relevant du secteur des services (36,5%), des BTP (13%) et de l’agriculture, forêt et pêche (4,6%). Par ailleurs, un peu moins de la moitié (46,1%) des salariés bénéficient d’une couverture médicale assurée par l’employeur, 53,4% en milieu urbain et 25,1% en milieu rural, 57,3% parmi les femmes et 43,3% parmi les hommes. Sur un autre registre, près d’un actif occupé sur 4 (24,1%) est affilié à un système de retraite, 36,3% en milieu urbain et 7,1% en milieu rural. Le taux de couverture par un système de retraite est légèrement plus élevé parmi les femmes que les hommes, respectivement 27,5% et 23,1%. Cette proportion passe de 8,6% parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans à 27,7% parmi les personnes de 35 à 44 ans et de 9,9% parmi les actifs occupés n’ayant aucun diplôme à 72,4% parmi ceux ayant un diplôme supérieur. Par ailleurs, plus de la moitié des salariés (55,2%) ne disposent d’aucun contrat formalisant leur relation avec l’employeur (54,9% en 2019). Un peu plus du quart (26,4%) disposent d’un contrat à durée indéterminée, 12,2% d’un contrat à durée déterminée et 6,2% d’un contrat verbal. La part des salariés ne disposant d’aucun contrat s’élève à 43,2% parmi les femmes contre 58,2% parmi les hommes, respectivement 43% contre 58% en 2019. Les salariés âgés de 15 à 29 ans et les personnes n’ayant aucun diplôme sont les plus touchés par le travail sans contrat avec respectivement 62,7% et 74,4%.

Le nombre d’heures travaillées en diminution
La note fait, cependant, d’une baisse du volume horaire de travail soulignant que le nombre total d’heures travaillées par semaine a baissé de 20%, passant de 494 millions heures en 2019 à 394 millions en 2020, ce qui équivaut à 2,1 millions emplois à temps plein. Selon le milieu de résidence, le volume d’heures travaillées, par semaine, est passé de 300 millions heures à 237 millions en milieu urbain (-21%) et de 194 millions heures à 157 millions en milieu rural (-19%). La baisse relative des heures travaillées par semaine a été plus élevée parmi les femmes (-24,4% passant de 86 millions à 65 millions heures) que parmi les hommes (-19,4% passant de 408 millions à 329 millions heures). La baisse du volume d’heures travaillées par semaine a touché tous les secteurs, 49 millions heures dans les services (-20,4%), 24 millions dans l’agriculture, forêt et pêche (-17%), 14 millions dans l’industrie y compris l’artisanat (-22,3%), et 14 millions dans les BTP (-25,4%). Le nombre d’heures travaillées par semaine a diminué pour tous les groupes d’âge. Cette baisse a été de 29% parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, de 21,9% parmi les personnes âgées de 25 à 34 ans, de 19% parmi les 35-44 ans et de 17,7% parmi les 45 ans ou plus. 

Aida Lo / Les Inspirations Éco

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