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Le BREXIT renforce les incertitudes économiques

Le Brexit a donné suite à plusieurs incertitudes économiques dans les pays de l’Europe. Le Fonds monétaire international revoit la croissance européenne et mondiale à la baisse.


«L’issue du référendum sur le Brexit accentue fortement l’incertitude économique, politique et institutionnelle, ce qui devrait avoir des répercussions macroéconomiques négatives, notamment dans les pays européens avancés», note la mise à jour des perspectives de l’économie mondiale publiée par le Fonds monétaire international. Ce dernier a revu à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour cette année et l’année prochaine en raison de la vague d’incertitude provoquée par la décision inattendue des électeurs britanniques de quitter l’Union européenne, à l’heure où la confiance des ménages et des entreprises était déjà fragilisée. Une décision inattendue mais qui fait face aux menaces des politiques européens face aux Anglais.

«Les Anglais n’auraient pas voté pour un Brexit si les politiciens européens ne les avaient pas menacés, économiquement», a indiqué Philippe Béchad, rédacteur en chef à la Bourse au Quotidien, co-fondateur de CercleFinance.com, sur les plateaux de BFM Business lundi dernier. L’économie du Royaume-Uni et celles de l’Europe seront les plus touchées par les retombées du référendum du 23 juin, lequel a provoqué un changement de gouvernement au Royaume-Uni, suite à la démission de David Cameron. La croissance mondiale, déjà timide, souffrira des conséquences du scrutin et il appartiendra aux dirigeants de renforcer les systèmes bancaires et d’exécuter les réformes structurelles qui font cruellement défaut, indique le FMI.

Plus précisément, selon le FMI, les dirigeants du Royaume-Uni et de l’UE auront un rôle déterminant à jouer pour atténuer l’incertitude qui pourrait nuire davantage à la croissance en Europe et ailleurs. Le FMI opte pour une transition prévisible et sans heurts vers de nouvelles relations financières et commerciales qui préservent dans la mesure du possible les acquis des échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

Une croissance mondiale timide
Selon le FMI, l’économie mondiale devrait connaître un taux de croissance de près de 3,1% cette année et de 3,4% en 2017. Des perspectives revues à la baisse par rapport à celles publiées durant le mois d’avril. Concernant l’économie britannique, celle-ci devrait afficher un taux de croissance de 1,7% cette année, soit 0,2 point de moins que dans les prévisions d’avril. L’année prochaine, ce taux sera ramené à 1,3%, soit une révision à la baisse de 0,9 point par rapport à avril et la réduction la plus forte parmi les pays avancés. Pour la zone euro, le FMI a relevé ses prévisions de 0,1 point cette année, à 1,6%, et les a diminuées de 0,2 point en 2017, à 1,4%. Ses actualisations baissières interviennent suite au Brexit. En effet, le FMI a indiqué dans sa note conjoncturelle qu’il aurait pratiquement maintenu inchangées ses prévisions pour cette année, si le Brexit n’avait pas eu lieu. Le FMI s’apprêtait en outre à relever légèrement ses prévisions pour 2017 de 0,1 point, en raison de l’amélioration des résultats dans plusieurs grands pays émergents, notamment au Brésil et en Russie. Le FMI a précisé que ses prévisions s’appuyaient sur l’hypothèse «favorable» d’une diminution progressive des incertitudes provoquées par le référendum, d’un accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni sans augmentation sensible des barrières économiques, et de retombées limitées sur les marchés financiers.

Perspectives des autres pays avancés et émergents
Par ailleurs concernant les pays hors Europe, les retombées du Brexit se feront probablement sentir au Japon, où l’affermissement du yen limitera la croissance, d’après le FMI toujours. Le FMI a réduit ses prévisions de croissance pour 2016 de 0,2 point à 0,3%. L’an prochain, l’économie japonaise, troisième économie de la planète, devrait afficher un taux de croissance de 0,1%, soit 0,2 point de plus que prévu en avril, en raison du report du relèvement de la taxe à la consommation (voir Cahier Épargne et investissement du 18/07/2016).

Concernant les États-Unis, la croissance au premier trimestre n’a pas été à la hauteur des attentes, aussi le FMI a-t-il revu à la baisse de 0,2 point de pourcentage les prévisions de croissance pour 2016, pour les situer à 2,2%, en maintenant par ailleurs les projections pour 2017 à 2,5%. Les prévisions de croissance en Chine pour 2016 gagnent 0,1 point pour se situer à 6,6%, et le taux de croissance pour 2017 est maintenu à 6,2. L’effet du Brexit sera vraisemblablement limité en Chine, la deuxième économie mondiale, du fait du caractère limité des liens commerciaux et financiers avec le Royaume-Uni. Les perspectives pour les autres pays émergents et en développement restent différenciées et sont globalement inchangées par rapport à avril. 


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