Maroc

La mangue sénégalaise convoite le Maroc

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Du 18 au 23 avril, une mission composée d’exportateurs sénégalais de mangues fraîches et transformées séjournera au Maroc. L’objectif de ce voyage est de renforcer et pérenniser la présence de la mangue sénégalaise au royaume chérifien par la formation des entreprises aux modalités d’exportation et aux facteurs de compétitivité.


La mission des exportateurs sénégalais de mangues fraîches et transformées, prévue du 18 au 23 avril est organisée dans le cadre du Projet d’amélioration de la compétitivité de la mangue sénégalaise (PACMS) du programme cadre intégré renforcé. Organisée sous la forme d’un tour technique d’orientation, cette mission a pour objectif de renforcer et pérenniser la présence de la mangue sénégalaise au Maroc par la formation des entreprises aux modalités d’exportation de mangues sur le marché marocain, aux facteurs de compétitivité. Cette mission de prospection vise également à favoriser la création de nouveaux partenariats, de promouvoir le partage d’informations et la collaboration entre acteurs marocains et sénégalais des secteurs privés et publics.

12 opérateurs
Oulimata Fall Sarr, directrice promotion et intelligence économique et commerciale à l’Agence sénégalaise de promotion des exportations (Asepex) explique qu’au sortir de cette mission, il est attendu que les exportateurs sénégalais de mangues aient les informations pertinentes pour organiser leurs expéditions vers le Maroc dans de bonnes conditions et soient sensibilisés aux pratiques d’affaires et facteurs de compétitivité sur le marché marocain. Douze opérateurs du secteur privé prendront part à cette mission dont le président de la Coopérative fédérative des acteurs de l’horticulture au Sénégal, l’interprofession horticole. Pour les institutions telles l’Asepex et la Direction de la protection végétale (DPV), qui prennent part à cette mission, il s’agit d’établir des relations avec les institutions publiques marocaines intervenant dans le processus d’importation de mangues. Aux yeux de Mme Fall, le Sénégal et le Maroc peuvent tirer profit des nombreuses opportunités dans cette filière, vu la place qu’ils occupent dans le commerce de la mangue.

En effet, le Sénégal occupe une bonne place sur le marché marocain dont il est le 2e fournisseur avec 31,9% de parts de marché en 2015, selon la douane marocaine. D’après la DPV en 2015, le royaume chérifien s’est hissé au 3e rang des destinations sénégalaises, hors l’Union européenne avec 1.150 tonnes. 


La production passe de 70.000 à 150.000 tonnes en dix ans

Le Sénégal a réalisé ces dernières années des efforts importants dans la filière mangue. Pour preuve, en dix ans, la production a plus que doublé, passant de 70.000 tonnes en 2006 à 150.000 tonnes en 2015, soit 0,3% de la production mondiale. Ces performances placent le Sénégal au 4e rang des producteurs de mangues de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Pour maintenir cette dynamique de progression, l’Asepex va continuer à accompagner le secteur de la mangue sur l’ensemble du territoire national. Cet accompagnement cible surtout la mise aux normes des produits, la lutte contre la mouche des fruits et l’anthracnose…Le défi le plus important étant le développement de produits à forte valeur ajoutée. Selon l’Asepex, la demande est réelle dans la mesure où il y a un intérêt grandissant du marché marocain pour les mangues, notamment entre 2012 et 2013 où la demande, en volume, a même doublé. Une augmentation de 35,6% a également été notée entre 2014 et 2015.


Un marché à fort potentiel !

Oulimata Fall Sarr
Asepex

Les Inspirations ÉCO : Jusque-là, l’essentiel des exportations de mangues sénégalaises se faisait à destination de l’Europe. Pourquoi le Maroc aujourd’hui ?
Oulimata Fall Sarr  : À peine 10% de la production nationale de mangues est exportée et plus de 70% des exportations sénégalaises sont destinées au marché européen. Aujourd’hui, après avoir conquis l’Europe, le Sénégal se donne comme priorité de conquérir le Maghreb et le Maroc en particulier. C’est suite à l’étude des opportunités du marché maghrébin (Maroc, Algérie, Tunisie, Mauritanie) publiée en avril 2016 dans le cadre du PACMS que le Maroc a été identifié comme le marché ayant le plus fort potentiel pour la mangue sénégalaise.

Quels sont les atouts que peuvent faire prévaloir la mangue sénégalaise sur le marché marocain ?
D’abord la période de disponibilité de la mangue sénégalaise «kent» à la fin de la saison de livraison du Brésil et du Pérou, ce qui est un avantage concurrentiel pour les exportateurs sénégalais. Les autres atouts portent sur le goût, la qualité, la diversité de l’offre et l’accessibilité par voies maritime et terrestre. Enfin, un label «Mangue du Sénégal» est en train d’être mis en place dans le cadre du PACMS.

Sur quels aspects doivent travailler les exportateurs sénégalais pour être plus compétitifs ?
Pour gagner en compétitivité et donc des parts de marché supplémentaires, les exportateurs sénégalais doivent être constants dans l’amélioration de la qualité de la mangue et avoir une très bonne maîtrise de la logistique, en particulier le coût et la disponibilité. 

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