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Japon : Un taux de dépôt au négatif

Après une cinquième récession marquée à la fin de l’année écoulée, la Banque centrale du Japon baisse le taux de dépôt obligataire au négatif en espérant relancer son économie.


Le Japon en pleine crise économique remet l’un de ses principaux taux au négatif dans l’espoir de relancer sa croissance. En effet, la Banque du Japon (BoJ) a pris les marchés financiers par surprise en faisant basculer le vendredi 29 janvier le taux de dépôt des banques en territoire négatif, une mesure inattendue qui vise à relancer l’économie et à combattre la déflation dans un contexte de grande volatilité des marchés financiers et de ralentissement de la croissance mondiale. Ainsi, pour la première fois de son histoire, la BoJ a fixé à -0,1% son taux de dépôt, un outil qui consiste à inviter les banques à prêter des liquidités au lieu de les placer. En théorie, abaisser ce levier en dessous de zéro devrait stimuler le crédit et donc l’activité économique. Cette mesure entrera en vigueur à partir du 16 février et pourrait être amplifiée «si jugé nécessaire», avait indiqué Hahiruko Kuroda, le gouverneur de la BoJ, d’après la presse étrangère. L’institution a instauré cette mesure pour tenter de relancer l’inflation. Le comité de politique monétaire de la BoJ a par ailleurs maintenu son vaste programme de rachat d’actifs d’un montant actuel de 80.000 milliards de yens par an (quelque 600 milliards d’euros), qui était resté inchangé depuis fin octobre 2014.

Le Nikkei se reprend
Les marchés ont accueilli l’instauration de ce taux d’intérêt négatif avec grand enthousiasme. En effet, le Nikkei gagnait 2,80% à la clôture après la décision de la BoJ, alors qu’il avait chuté la veille (28/01/2016) de 0,71%.

7.400 milliards d’euros de dettes
Notons en parallèle que le Japon croule sous la dette. Le pays est en effet endetté à plus d’un million de milliards de yens (plus de 7.400 milliards d’euros), soit plus de 220% de son produit intérieur brut. Cependant, à la différence de la Grèce qui vient de boucler de dures négociations avec ses créanciers, le Japon n’est pas sujet à un grand risque de défaut de paiement, car il ne doit d’argent à aucune organisation mondiale et est même un des plus importants contributeurs du Fond monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Ainsi, ce pays pourrait éventuellement compter sur le patriotisme de ses citoyens en cas de crise grave ou de défaut de paiement.
Il faut par ailleurs noter que c’est à partir de 2012 que la dette du Japon a commencé à croître rapidement. Depuis son arrivée au pouvoir, fin 2012, le gouvernement de Shinzo Abe a, à lui seul, dépensé des dizaines de milliards d’euros pour financer des travaux publics (reconstruction du Nord-Est, prévention des désastres) ou dynamiser la consommation via par exemple des bons d’achats et de voyages.

La BoJ espère atteindre une inflation de 2%
Outre le fait de baisser son taux de dépôt au négatif, la Banque centrale a, sous l’impulsion de son gouverneur Haruhiko Kuroda, profondément réformé en avril 2013 sa politique monétaire en ciblant une inflation de 2% via un massif programme d’assouplissement qualitatif et quantitatif (QQE). Toutefois ce quantitatif easing n’a toujours pas donner ses fruits, l’inflation est en effet restée proche de zéro, la consommation faible alors que le niveau de la dette a amplement augmenté. Le gouvernement japonais espère désormais parvenir à ses 2% d’inflation autour du premier semestre 2017-2018. Même si ce dernier espérait l’atteindre au second semestre de l’année dernière, il est à noter que les cours de l’or noir ont continué de sensiblement décliner. Le gouvernement de Shinzo Abe avait donc abaissé sa prévision d’inflation pour la période d’avril 2016 à mars 2017, de 1,4% à près de 0,8%.

Dégradation de la note du Japon
À l’instar des agences de notation Moody’s et Fitch il y a quelques mois, Standard & Poor’s (S&P) a dégradé d’un cran la note souveraine du Japon. Le pays voit ainsi son appréciation rétrogradée de AA– à A+, une note assortie d’une perspective stable. S’il s’agit du premier abaissement par S&P de la note du Japon depuis janvier 2011, cette décision n’inquiète pourtant pas le gouvernement, qui table sur une hausse des impôts pour compenser des dépenses publiques. Quoique d’après les économistes, dans une situation conjoncturelle idoine, il soit préférable de baisser la TVA afin d’encourager l’investissement, au moment où le Japon procède au contraire, qui consiste à hausser les taux de TVA.


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