Maroc

Fonds de cohésion sociale : les dotations versées grimpent

Le Fonds de cohésion sociale a versé un total de 2,5 MMDH en faveur de plus de 106.000 veuves. L’État étudie la possibilité d’intégrer d’autres catégories de femmes vivant dans la précarité. Une série de mesures sont, par ailleurs, proposées par les élus pour améliorer le ciblage de ce fonds.

Le bilan du Fonds de cohésion sociale, qui a été communiqué au Parlement, montre que les demandes adressées à cette structure chargée de subvenir aux besoins élémentaires des femmes veuves et de leurs enfants ne cessent d’augmenter. Ainsi, et jusqu’à fin octobre dernier, le total des demandes d’aides ayant été adressées à ce Fonds a atteint 115.163, dont 106. 675 dossiers ont été acceptés, au moment ou 7.801 autres demandes ont été rejetées. La répartition régionale indique que la région de Casablanca-Settat vient en tête avec près de 19.000 demandes déposées à fin octobre, suivie de Marrakech-Safi avec près de 16.000 demandes. D’autres statistiques communiquées à la commission des secteurs sociaux au sein de la Chambre des représentants montrent que 181.000 orphelins bénéficient du concours budgétaire direct de l’État en faveur de cette catégorie sociale et ce, depuis l’adoption du statut de cette structure en 2012. Il faut dire que les dotations consacrées aux femmes veuves ont aussi été revues à la hausse entre 2019 et 2020, sans oublier que depuis l’entame de cette opération de soutien direct, ce sont 2,56 MMDH qui ont été débloqués dans le cadre des missions conférées au Fonds.


Plusieurs pistes étudiées
L’État compte, durant cette étape, examiner plusieurs mécanismes à même d’assurer une meilleure intégration des catégories des femmes ciblées. Le département de la Solidarité compte «coordonner avec les parties concernées l’éventualité d’élargir le soutien direct à d’autres catégories de femmes vivant dans la précarité, à travers la révision du décret organisant la subvention», indique le rapport parlementaire, qui ajoute que «le processus de l’adaptation devra s’opérer parallèlement avec le chantier du registre social unifié». Les principales mesures projetées s’articulent autour de la «simplification des procédures et la réduction des documents, en tenant compte des diverses informations détenues par les administrations et les établissements publics». Parmi les actions envisagées, figure également le versement des allocations aux femmes veuves à partir de la date de dépôt de la demande, au lieu de la date à laquelle le dossier est accepté. D’autres catégories de femmes vivant dans la précarité devront en outre intégrer le cercle des bénéficiaires des dotations du Fonds, notamment les divorcées ayant perdu leurs pensions suite au décès du mari, ainsi que les veuves responsables d’enfants en situation de rue. Par ailleurs, les personnes en situation d’handicap ont pu bénéficier du soutien budgétaire destiné à la poursuite de leur scolarisation, avec plus de 13.000 bénéficiaires pour cette rubrique. La prise en charge a également pris la forme de soutiens destinés à financer des projets pour cette catégorie. Jusqu’à présent, 337 projets ont été financés, en plus du renforcement des centres d’accueil des personnes aux besoins spécifiques, dont le nombre atteint actuellement 64 sites pouvant accueillir plus de 45.000 personnes.

Les recommandations des parlementaires

L’épineuse question de la gouvernance occupe une place centrale dans les mesures recommandées par les élus en vue d’améliorer le ciblage du Fonds. En «l’absence d’une vision stratégique intégrée pour l’activation des programmes sociaux couverts par le Fonds, les limites des méthodes de suivi et d’évaluation, de même que la question du financement demeurent posées avec acuité». Les parlementaires recensent, en tête de liste des mesures à prendre, la réalisation d’un bilan convergé des programmes «éparpillés qui sont financés par le Fonds», ainsi que «la mise en place d’une politique sociale stable et claire». Le soutien aux couches sociales ciblées devra aussi changer d’optique. Les membres de la commission parlementaire insistent sur l’implication de tous les départements ministériels concernés et la nécessité «de dépasser la vision étroite actuelle qui domine actuellement en matière d’identification des catégories sociales». Les recommandations urgentes englobent aussi «la garantie d’un financement durable du Fonds», et surtout «l’accélération du processus relatif au registre social unifié». À souligner que les dépenses annuelles opérées par le Fonds ont enregistré une hausse annuelle moyenne de l’ordre de 14% au moment où les recettes réalisées, en tenant compte du solde reporté, ont connu un accroissement moyen de l’ordre de 1%.

Younes bennajah / Les Inspirations Éco

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