Maroc

Fès-Parkings. Les automobilistes protestent contre la SDL

Les automobilistes et les commerçants de la ville de Fès boycottent la nouvelle Société de développement local «Fès-Parkings», un jour seulement après son lancement. Et pour cause ! Les propriétaires de voitures se sont trouvés confrontés à un double paiement, à savoir, celui des anciens gardiens qui occupent les rues et celui de la SDL, jugé trop cher. Un mouvement de boycott de plus de 20.000 personnes a vu le jour sur les réseaux sociaux et les manifestations se succèdent pour l’annulation de la SDL.

Le torchon brûle entre les habitants et les responsables de la commune de Fès. Un jour seulement après son lancement, le 18 décembre 2020, la nouvelle Société de développement local (SDL) «Fès-Parkings» ne fait pas l’unanimité. Plusieurs manifestations ont été organisées, ces derniers jours, par les automobilistes et les commerçants de la ville. Un mouvement de boycott de plus de 20.000 personnes a vu le jour sur les réseaux sociaux. Ce mouvement civil compte prendre la forme d’une association pour défendre au mieux les intérêts des habitants de la ville. Actuellement, avec la présence des anciens gardiens de parkings qui envahissent les rues, le modèle proposé par la commune pour la gestion des parkings s’avère incomplet.


«Avant de nous proposer de nouveaux services, la commune devra trouver une solution avec les anciens gestionnaires de parkings qui sont toujours en exercice», déplore un automobiliste. En effet, avec le lancement de la SDL, les automobilistes se sont trouvés face à un double paiement, à savoir, celui des anciens gardiens qui occupent les rues – au risque de subir des actes d’agression ou des dommages au véhicule -, et celui de la SDL – au risque de recevoir des contraventions de 300 DH. D’après Mohamed El Harti, 3e vice-président de la commune, précise que celle-ci n’a jamais été responsable du gardiennage des véhicules sur son territoire : «C’est la responsabilité des agents de police judiciaire.» La responsabilité de la commune recouvre la location et l’exploitation des espaces de stationnement sans en assurer le gardiennage. À cet égard, les membres du mouvement appellent les autorités compétentes à intervenir en vue d’assurer le respect des lois en vigueur, notamment celle de la protection de la propriété privée.

«Au cas où l’entreprise n’est pas rappelée à l’ordre par les autorités compétentes de la ville, la justice sera saisie de l’affaire», nous explique Oussama Oufrid, coordinateur du mouvement «Boycott Fès-Parkings». En effet, au cours de cette semaine, deux pétitions de plus de 5.000 signataires seront envoyées à la commune et au Conseil de la région, en plus d’une réclamation qui sera envoyée au wali de la région pour l’annulation du marché de la SDL. Les membres du mouvement ont franchi la dernière étape de la création d’une association nationale intitulée «La citoyenneté responsable» ; cette dernière a lutté dernièrement dans la ville de Tanger contre les sociétés de parking. Concernant le point de l’immobilisation du véhicule, prévue dans le cadre de la solution Fès Parkings, les militants du mouvement nous ont révélé qu’«en cas de pose illégale de sabot, nous pourrons recourir à la justice grâce aux engagements volontaires de nombre d’avocats». En effet, plusieurs avocats du royaume se sont joints à l’appel et ont manifesté leur volonté d’accompagner les citoyens victimes de l’immobilisation de leur véhicule.

«Les amendes, qui sont d’ailleurs illégales car elles ne reposent pas sur un code comme celui de la route, sont exagérées et ne peuvent atteindre 300 dirhams», précise Oufrid. Notons que plusieurs automobilistes ont trouvé dernièrement un avertissement apposé sur la vitre de leur véhicule leur signifiant l’infraction de stationnement. Au lieu d’immobiliser le véhicule en fixant un sabot sur la roue, la SDL a opté pour le barnacle, un pare-soleil à ventouses qui se fixe sur le pare-brise. Il faut rappeler que le nombre de véhicules dans la Région Fès-Meknès avoisine 390.000, dont environ 100.000 dans la ville de Fès. 

Mehdi Idrissi / Les Inspirations Éco

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