Maroc

Fès-Meknès : la vague de froid inquiète les éleveurs du Moyen Atlas

Une vague de froid a ravagé la Région Fès-Meknès durant la première semaine de l’année. La plupart des éleveurs des zones du Moyen Atlas ont du mal à nourrir leur troupeau. Sous l’effet de la neige, la superficie des pâturages s’est fortement réduite.

La température est descendue très bas durant les premiers jours de janvier, et la neige et le gel ont causé de nombreux dégâts dans les élevages. Suite aux chutes de neige qui dépassent 35 cm (au-delà de 1400 m) et des températures ayant atteint -7°, des éleveurs de la province de Boulemane nous ont confié que le froid avait causé des dégâts auprès des jeunes animaux, qui en ont souffert. Ils appellent les responsables à mettre en place un dispositif de gestion de crise météorologique pour ne plus être dépassés par les effets du froid». Les éleveurs font remarquer que les quantités d’orge subventionnée et les aliments composés accordés aux éleveurs sont souvent insuffisants pour satisfaire les besoins du bétail de la région. Notons que les parcours pastoraux représentent seulement 45% des aliments de bétail, alors que le reste provient du marché.


«Cette vague de froid impacte la croissance du pâturage, qui ne sera disponible cette année, pour les éleveurs, qu’à partir du mois d’avril», nous explique Mohamed Boussaidi, membre de la Chambre d’agriculture de la Région Fès-Meknès. Et d’ajouter, «ce manque de nourriture pousse les éleveurs à s’endetter auprès des grossistes qui monopolisent le marché des aliments des bétails».

À titre d’exemple, dans la province d’Ifrane, si on répartit les 25.000 quintaux d’orge subventionnée distribués pour les 800.000 têtes de bétail existantes, chaque éleveur bénéficie d’une moyenne de deux quintaux, ce qui est nettement inférieur à ses besoins. Concernant la situation des espaces de pâturage dans la région, une étude a été réalisée par la Délégation des eaux et forêts concernant les plantes pyrèthre. Sur une superficie de 7.500 hectares dans la zone du Moyen Atlas, l’étude a démontré que les parcours pastoraux disposaient d’une moyenne de 1,5 kilogramme par hectare seulement, ce qui représente une menace pour les ressources des espaces de pâturage. Par ailleurs, il faut rappeler qu’en zone montagneuse, la plupart des agriculteurs ont besoin de bois ou de charbon pour se chauffer. Or, l’un comme l’autre se vendent à des prix inaccessibles. Actuellement, le quintal de bois de chauffage se vend à un prix moyen de 1.300 DH.

Mehdi Idrissi / Les Inspirations Éco

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