Maroc

Égalité des genres : Difficile de briser le plafond de verre

Le Forum du réseau des femmes parlementaires arabes s’est ouvert hier à Rabat sous l’égide d’ONU femmes et de l’Union européenne. Premier constat : le Maroc peut mieux faire surtout que certains pays arabes le devancent au classement relatif à la représentation politique des femmes.


Le chemin des femmes vers l’accès aux postes de décisions reste semé d’embûches dans le monde arabe. D’où la nécessité de multiplier les efforts à tous les niveaux pour propulser les femmes aux premiers rangs de la responsabilité. Le constat a été encore une fois réitéré lors de la réunion hier à Rabat du Forum du réseau des femmes parlementaires arabes pour l’égalité (Ra’edat) qui constitue l’un des principaux rassemblements de femmes parlementaires dans le monde arabe. Lors de cette rencontre, l’expérience marocaine est certes saluée, mais le Maroc peut mieux faire surtout qu’en termes de représentation politique, il est à la traîne par rapport à certains pays arabes.

Les chiffres en témoignent. Alors que le pourcentage des femmes députées est de 16,97% au Maroc (presque la moyenne arabe de 17%), ce taux est de 30% au Soudan, en Tunisie et en Algérie. La représentation politique au Maroc ne pourra pas être promue sans l’adhésion des partis politiques, qui sont pointés du doigt par le mouvement féminin. Jusque-là, les instances décisionnelles des formations politiques déployaient peu d’efforts pour propulser les femmes au-devant de la scène politique. En effet, peu de militantes sont accréditées dans les circonscriptions locales. Certains dirigeants politiques n’hésitent pas à prétexter la faiblesse du nombre des femmes compétentes engagées dans l’action politique.

Il s’agit d’un faux argument brandi pour masquer le manque de volonté des instances décisionnelles des partis politiques, selon les militantes des partis de la majorité et de l’opposition. Sans la mise en place de la liste nationale, les femmes n’auraient pas pu accéder en nombre au sein de l’institution législative. D’ailleurs, il y a quelques années, elles étaient quasi-absentes du Parlement. En 2011, seules sept femmes parlementaires ont été élues par le scrutin direct et soixante sont devenues députées grâce à la liste nationale. En 2007, à peine quatre députées avaient pu être élues au scrutin direct et trente avaient obtenu leurs sièges grâce au quota. En 2002, cinq femmes uniquement ont gagné le précieux sésame parlementaire sans le recours à la discrimination positive tandis que trente ont été élues au niveau national. Le même constat est dressé sur le plan des élections locales. Le taux des femmes dans les communes est passé de moins d’1% à 12,38% en 2009 grâce à l’instauration du quota de 12%. En 2015, ce pourcentage est de 21%.

En dépit de cette réalisation, la déception était au rendez-vous après l’annonce des résultats des élections communales du 4 septembre dernier car on s’attendait plutôt à un pourcentage de 27% des femmes conseillères communales comme l’avait prévu le ministre de l’Intérieur lors de l’examen et l’adoption des textes électoraux au Parlement. Ainsi, il s’avère difficile de briser le plafond de verre sans l’instauration de la discrimination positive comme le prouvent les dernières élections. En effet, les femmes n’ont pas pu accéder aux mairies et à la présidence des conseils régionaux. Même la représentation féminine au niveau de la Chambre des conseillers n’a pas connu un saut remarquable comme espéré.

Sur les 120 conseillers élus le 2 octobre, il n’y a eu que 13 femmes. Même si la loi a imposé des listes paritaires, leurs mandataires étaient des hommes. La promotion de l’accès des femmes aux postes de responsabilité est une nécessité. C’est d’ailleurs ce que tient à souligner l’ambassadeur et chef de la délégation européenne au Maroc Rupert Joy, qui estime qu’il s’agit d’un enjeu majeur pour le développement. Il salue les efforts juridiques déployés par le Maroc en vue de la consécration de la parité comme le stipule le texte fondamental. Il cite en particulier le projet de l’autorité de la parité qui est en cours de discussion à la Chambre des représentants. L’Union européenne, dit-il, encourage ses partenaires pour que l’égalité ne demeure pas un simple principe. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’action du réseau Ra’edat soutenu par un partenariat entre l’Union européenne et l’ONU femmes qui vise à tirer les leçons apprises des bonnes expériences et de comprendre les causes de régression enregistrées dans certains pays. Le réseau compte plus de 80 femmes parlementaires actuelles ou anciennes, issues de 12 pays arabes. Il vise à renforcer la participation des femmes aux décisions politiques dans la région.


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