Maroc

Doing Business 2021 : Le Maroc sur la bonne voie

Tout porte à croire que le Maroc atteindra le top 50 dans le classement Doing Business qui sera annoncé en mars grâce à la grande réforme des sûretés mobilières qui permettra d’améliorer le score du pays sur l’indicateur de l’obtention des prêts. Les échos sont, en effet, favorables, selon une source proche du dossier. Le cap doit être maintenu sur plusieurs volets dont la réduction des coûts et l’optimisation des délais. Une politique nationale de l’environnement des affaires est fin prête et sera bientôt dévoilée.

Le Maroc est sur la bonne voie dans le classement Doing Business. Le top 50 serait accessible dès l’édition 2021, selon une source proche du dossier. Les résultats du classement 2021 qui devaient être dévoilés, comme à l’accoutumée, en octobre dernier seront annoncés vers la mi-mars par la Banque mondiale. Cet ajournement, rappelons-le, est dû à des «problèmes d’intégrité et d’impartialités des données» constatés sur les dossiers de quatre pays (Azerbaïdjan, l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et la Chine). Des irrégularités qui ont eu l’effet d’une douche froide. La Banque mondiale a fait le ménage pour maintenir la crédibilité de son classement qui est le plus scruté par les investisseurs. Le verdict de 2021 est attendu avec optimisme par le Maroc. Trois ou quatre places uniquement séparent le royaume de son objectif. Le dernier feedback sur le dossier marocain est on ne peut plus positif, selon notre source.


L’accès au financement facilité
Plusieurs réformes ont été en effet comptabilisées et à leur tête celle ayant trait à l’accès au crédit. C’était l’indicateur qui nivelait le Maroc vers le bas, mais visiblement ce ne sera désormais plus le cas grâce à la grande réforme portant sur les sûretés mobilières qui n’avait pas été comptabilisée dans le classement 2020 même si le Maroc avait adopté la loi y afférente en avril 2019. Il fallait en effet en compléter le dispositif. La lenteur dans la finalisation de cette réforme avait pénalisé le Maroc qui avait même enregistré une régression de sept places en 2020 sur l’indicateur « Obtention des prêts » par rapport à 2019 en passant du 112ème au 119ème rang. C’était d’ailleurs prévisible. Les responsables marocains connaissent bien les lacunes du système juridique national. En ce qui concerne l’accès au crédit, le Comité national de l’environnement des affaires a précisé, au moment de la parution du dernier classement, qu’en matière de couverture, d’étendue et d’accessibilité des informations sur le crédit, le Maroc est précurseur sur l’indice de divulgation des informations. Néanmoins, l’indice de la protection juridique des emprunteurs et des prêteurs qui concerne essentiellement le système des sûretés mobilières pénalisait le classement du royaume sur cet indicateur et déteignait sur le classement global du pays dans le rapport Doing Business. Et c’est dans ce cadre que s’inscrit le nouveau dispositif sur les sûretés mobilières et l’opérationnalisation du Registre national électronique des sûretés mobilières depuis mars dernier. Ce mécanisme, qui est l’aboutissement du chantier global de réforme des sûretés mobilières, s’est avéré d’une grande utilité au cours de la crise sanitaire. Il permettra au Maroc de bien se positionner sur cet indicateur, pour la première fois. L’expérience internationale démontre en effet que le Registre national des sûretés mobilières permet d’améliorer considérablement l’accès au financement surtout pour les jeunes et les femmes qui, souvent, ne possèdent pas des sûretés immobilières exigées par les institutions financières.

Rude concurrence
L’atteinte du top 50 n’allégera pas la pression sur le Maroc qui doit toujours rester vigilant et poursuivre la dynamique des réformes de l’environnement des affaires, selon notre source. On joue désormais dans la cour des grands, c’est à dire les pays de l’OCDE et les nations les plus avancées en matière d’environnement des affaires, ce qui implique l’amélioration continue du cadre réglementaire conformément aux normes internationales en vue d’améliorer constamment l’interaction entre l’entreprise et l’administration. Le Maroc n’a certes plus d’indicateurs en bas de l’échelle dans le classement Doing business, mais le cap doit être maintenu sur plusieurs volets : simplifier davantage les procédures, réduire les coûts, optimiser les délais, digitaliser l’administration, créer des guichets uniques, moderniser davantage les lois… De fait, la concurrence devient de plus en plus rude avec nombre de pays qui ne lésinent pas sur les moyens en matière de préparation de leur dossier Doing Business. Certains recourent même à des cabinets internationaux. Le Maroc, lui, mise sur une expertise 100% marocaine (le CNEA) qui veille à l’amélioration des classements internationaux du Maroc. Il faut dire que le jeu en vaut la chandelle car ce classement international représente un baromètre du climat des affaires et un outil de benchmark au niveau international.

Environnement des affaires : une politique nationale sur cinq ans

Le gouvernement s’apprête à donner son feu vert à une politique nationale de l’environnement des affaires qui « n’a rien à voir avec les classements internationaux », tient à préciser notre source. D’ailleurs, certains des indicateurs du royaume ne sont pas pris en compte par le Doing Business. Il s’agit d’une stratégie nationale structurée étalée sur les cinq prochaines années qui devrait montrer la voie sur les priorités. Cette stratégie devra traiter les problématiques liées au Maroc en se basant sur un diagnostic établi avec les opérateurs marocains. La politique nationale en la matière, qui sera bientôt dévoilée, a été construite en concertation avec les représentants du secteur privé et l’ensemble des départements ministériels concernés durant les neuf derniers mois. Elle devrait rehausser le travail du Comité national de l’environnement des affaires qui entame sa seconde décennie d’existence avec une approche mieux structurée et de nouveaux outils. L’objectif est de mener des réformes de bout en bout en se basant sur un travail collaboratif et s’ouvrant aux meilleures pratiques internationales. L’enjeu aussi est de saisir pleinement l’opportunité de l’après-covid et de se repositionner sur la carte internationale des investissements.

Jihane Gattioui / Les Inspirations Éco

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