Maroc

Développement rural au Maroc: le budget en hausse

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Plus de 11,2 MMDH ont été injectés durant trois années dans le budget du développement rural et des zones montagneuses. Les conseils régionaux élaborent, en ce moment, leurs plans d’action qui seront examinés par la Commission nationale.

Le renforcement des programmes destinés aux zones rurales vulnérables et aux zones montagneuses sera un des grands dossiers à portée économique et sociale auxquels le gouvernement devra s’attaquer l’année prochaine. Un dispositif dédié a, par ailleurs, été validé par les parlementaires au moment où ils ont voté la loi de Finances 2021. Les conseils régionaux élaborent en ce moment leurs plans d’action, selon les données indiquées par le gouvernement dans la loi de Finances. Ces feuilles de route seront discutées dans les plus brefs délais par la Commission nationale de développement des zones rurales et montagneuses. Notons que la pandémie a contraint les exécutants des projets à réviser les dotations initiales à la baisse, afin de pouvoir achever les réalisations dans les délais prédéfinis. Les statistiques du gouvernement précisent que le total des dotations affectées aux projets de développement rural a atteint, entre 2017 et octobre 2020, plus de 11,2 MMDH.


Au cours de l’année 2021, l’enveloppe budgétaire qui sera allouée aux projets des zones rurales et montagneuses devrait atteindre 6,6 MMDH, dont 2,1 MMDH seront financés par le Fonds de développement rural, avec une contribution des départements ministériels représentés au sein du fonds. Durant les dix premiers mois de l’année, 980 MDH ont été débloqués, sachant que l’année 2019 a enregistré un seuil record de 3,4 MMDH affectés aux projets financés par cet organisme névralgique dans la concrétisation des projets décidés au niveau local. La carte des projets indique qu’un réseau de plus de 10.000 km de routes rurales a été aménagé et 434 douars ont été raccordés au réseau électrique, en plus de la construction de 1.198 établissements scolaires dans les zones ciblées.

Aujourd’hui, le programme dédié à la lutte contre les effets des vagues de froid a été érigé en priorité au sein des actions menées annuellement pour soutenir les habitants localement et les aider à affronter les conditions climatiques pénibles. Le plan national, qui s’étend jusqu’à 2025, reste un outil de taille pour la généralisation des services sanitaires, avec une feuille de route qui instaure la hausse des dotations allouées au secteur. Entre 2016 et 2019, ce budget est passé à plus de 16,3 MMDH, marquant une hausse de 16%. Les données du gouvernement mettent en avant une accélération de la cadence d’ouverture des hôpitaux de proximité, ainsi que la finalisation de mesures destinées à la requalification des structures opérationnelles, essentiellement les unités mobiles de santé. Le gouvernement projette d’augmenter le taux d’accès aux services des médecins publics de 60% actuellement à 100% d’ici 2021. Pour élaborer son approche, le gouvernement explique avoir privilégié une orientation spatiale dans le développement rural, ainsi que l’adoption d’une stratégie basée sur la convergence.

Le dernier rapport parlementaire de la Commission thématique sur les zones rurales et de montagne fait ressortir plusieurs recommandations pour mieux impliquer les collectivités territoriales dans les projets de désenclavement routier.

En effet, le débat sur l’impact du programme national des routes rurales est aussi à l’ordre du jour. Plusieurs pistes ont été identifiées pour améliorer les interventions futures dans le vaste chantier de désenclavement des zones difficiles d’accès. Les principaux constats dressés à ce sujet par les députés concernent la révision des conditions exigées pour bénéficier des projets, l’absence d’entretien et une plus grande implication des communes. Autre donnée clé : la population rurale avoisine 40%, avec plus de 13,4 millions de personnes. 85% des routes rurales programmées ont été réalisées, alors que 10,2% des routes prévues par le programme national sont en cours d’achèvement. En revanche, la situation semble être problématique pour plusieurs tronçons, soit 600 km de routes rurales qui n’ont pas encore été exécutées.

La pandémie aggrave la détérioration du cadre de vie en montagne

La célébration de la Journée internationale de la montagne a permis à l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) de dresser une série de recommandations afin de mettre en relief l’impact des politiques publiques portant sur les zones difficiles. Selon une étude menée par le FAO et ses partenaires, le nombre de montagnards exposés à l’insécurité alimentaire dans les pays en développement est en hausse puisqu’il serait passé de 243 millions en 2000 à près de 350 millions en 2017. « Cette statistique signifie qu’une personne sur deux vivant dans les zones rurales montagneuses des pays en développement était susceptible de ne pas avoir suffisamment à manger pour mener une vie saine, et ce, avant même que la pandémie de Covid-19 ne frappe », indique la FAO. Les restrictions liées à la crise sanitaire ont amplifié la vulnérabilité des communautés montagnardes, qui dépendent de l’agriculture, du tourisme et des envois de fonds des émigrés pour subvenir à leurs besoins, ajoute la même source. Les responsables onusiens insistent sur les efforts entrepris pour renforcer la résilience des écosystèmes montagneux, en prévenant l’érosion des sols et en préservant les prairies et les forêts, qui «peuvent contribuer à protéger non seulement la biodiversité, mais aussi les populations vivant en aval, en limitant les risques de glissements de terrain et d’inondations soudaines ». Enfin, les régions montagneuses doivent faire partie intégrante de la transformation numérique, qui est motivée par le besoin urgent de combler le fossé entre zones rurales et urbaines et de réduire les disparités régionales. La FAO met en avant la nécessité « d’accélérer la création d’emplois et la diversification économique en milieu rural, de promouvoir l’agrotourisme et d’améliorer les revenus et les conditions de vie des agriculteurs ». C’est dans cette optique que la FAO procède actuellement au lancement de l’initiative « 1.000 villages numériques », qui vise à renforcer la résilience, à diversifier les revenus et à relancer les zones rurales grâce aux technologies numériques, notamment au commerce électronique et à la promotion du tourisme rural par des méthodes novatrices.

Younes Bennajah / Les Inspirations Éco

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