Maroc

Début de la chasse au Maroc: ce qu’il faut savoir

La saison de la chasse au Maroc a été ouverte dans l’ensemble des régions avec une série de mesures destinées à protéger les espèces, et aussi pour améliorer les investissements au sein des sites de chasse identifiés. 80.000 permis sont délivrés cette année et 3.000 touristes sont autorisés à pratiquer cette activité au Maroc.

Pour la deuxième année, la saison de la chasse est ouverte au Maroc dans le contexte de crise sanitaire. Les responsables au sein du département des Eaux et Forêts ont élaboré un guide qui devrait permettre à plus de 80 000 chasseurs nationaux et près de 3.000 touristes cynégètes étrangers d’exercer leur activité dans les différents territoires identifiés. La chasse dominante est celle pratiquée dans les territoires ouverts à tous les chasseurs, avec trois quarts des chasseurs qui pratiquent ce sport sur des espaces libres.

Cependant, dans un souci de valorisation et de repeuplement des écosystèmes faunistiques, le département des Eaux et Forêts appuie et encourage le recours à la chasse organisée par la politique d’amodiations du droit de chasse à des associations ou des sociétés de chasse sur la base d’un cahier des charges qui définit les actions et mesures à mettre en place pour l’amélioration cynégétique des terrains amodiés. «Le secteur cynégétique revêt actuellement une place de choix sur les plans socio-économique, culturel et récréatif mais également en raison de son intégration aux plans de développement qui visent à améliorer les revenus des populations et la création d’emplois», indique le département des Eaux et Forêts. Et d’ajouter que «la chasse est non seulement une pratique de gestion rationnelle des populations de gibier, mais également un outil de développement local dans la mesure où plusieurs secteurs parallèles tirent profit de cette activité, notamment les équipements de chasse, les armuriers, le transport, l’hôtellerie, la restauration, les unités de production de gibiers d’élevage».

290 contrats d’amodiation conclus
Afin d’assurer le bon déroulement de cette saison, le département de tutelle a pris un ensemble de mesures, notamment l’établissement et le renouvellement des contrats d’amodiation au profit des associations et les sociétés de chasse touristique, ainsi que la mise en place de la réglementation régissant l’exercice de la chasse. D’autres mesures prises concernent la mobilisation des unités de gestion pour la vérification et le rétablissement du nouveau jeu de réserve et la publication sur le site web du département des cartes des territoires amodiés, ouverts ou fermés à la chasse.

Pour rappel, ce sont 1.215 associations qui disposent d’amodiation de chasse sur une superficie de près de 3 millions d’hectares. Ces espaces font l’objet d’investissements en matière d’aménagements cynégétiques, de lutte contre le braconnage et de repeuplement en gibier, précise la feuille de route qui a été tracée pour cette saison. Les nouvelles données du département de tutelle indiquent aussi que, durant cette année 2021, ce sont 290 contrats d’amodiation qui ont été conclus, dont 80 nouveaux et 210 contrats renouvelés au profit des associations et sociétés de chasse, sur une superficie d’environ 400.000 hectares. L’une des principales caractéristiques de cette saison est la mise en réserve de nouveaux territoires où la chasse sera fermée pendant la période 2021-2024, sur une superficie d’environ 13 millions d’hectares pour permettre la reconstitution du gibier.

Dans le même registre, d’autres territoires ont été ouverts à la chasse après une fermeture de trois ans, avec une nouvelle délimitation de ces réserves ainsi que celle des amodiations de chasse. S’agissant de la régulation de certaines espèces devenues nuisibles, cette saison est marquée par la mise en œuvre, pour la deuxième année consécutive, du nouveau système de maîtrise des populations de sangliers, basé sur la programmation préventive des opérations de régulation. «Cette nouvelle procédure, instituée par arrêté ministériel, a pour objectif d’éviter les lenteurs administratives qui peuvent affecter l’efficacité des opérations de régulation», tient à préciser le département de tutelle. En effet, les chasseurs intéressés par la régulation du sanglier ne sont plus appelés à obtenir des autorisations auprès des directions provinciales des Eaux et Forêts, mais sont amenés à faire des déclarations en ligne, via une application web préparée à cet effet. Enfin, 1.498 opérations de régulation du sanglier ont été menées au cours desquelles environ 7.600 sangliers ont été abattus. Le programme de cette année a identifié 360 points noirs à travers le territoire national et prévoit la réalisation de 1.600 opérations.

Le rôle prépondérant du Conseil supérieur de la chasse

Pour mieux gérer le domaine de la chasse, c’est le Conseil supérieur de la chasse qui est chargé du suivi de l’application des normes mises en œuvre durant cette année. Composé de tous les intervenants dans le processus d’octroi des autorisations, de la gestion et de la sauvegarde du patrimoine cynégétique, le conseil donne impérativement son avis sur les moyens nécessaires à la préservation de la faune dans le but d’améliorer les conditions d’exercice de la chasse. Le conseil est aussi habilité à examiner tous les projets de lois proposés par l’Administration et donne son avis sur toutes les mesures législatives et réglementaires afférentes à la chasse. Dans ce registre, le Conseil devra aussi proposer des projets de lois ou de décrets au département de tutelle. À la fin de la saison 2021, le Conseil supérieur de la chasse devra faire le bilan et préparer l’arrêté annuel réglementant l’exercice de la chasse durant la saison suivante.

Younes Bennajah / Les Inspirations ÉCO

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