Ces entreprises ambassadrices du «Made in Morocco»
L’émergence de la marque Maroc est aujourd’hui inscrite sur la liste des chantiers stratégiques prioritaires. Dans cette «mission nationale», le rôle des entreprises locales semble être déterminant. Elle sont amenées à travailler sur leur «branding» et sur le développement de leur marque aussi bien sur le marché national qu’à l’international .
La construction de la marque Maroc représente aujourd’hui un des principaux enjeux stratégiques du pays. Ce chantier n’est pas l’apanage des institutions gouvernementales, comme le rappellent souvent les experts en marketing et communication, et requiert de surcroît la participation du secteur privé, au travers du rayonnement des entreprises marocaines et de leur savoir-faire dans le monde. Pour ce faire, les entreprises marocaines sont amenées à travailler sur leur «branding» et sur le développement de leur marque, aussi bien sur le marché national que sur le marché international. Deux questions se posent dès lors : le label Maroc peut-il constituer un levier pour renforcer les marques marocaines ? Les entreprises marocaines peuvent-elles participer à la construction d’un véritable label Maroc ? Les participants à la 3e édition de la conférence Tendances Marketing & Communication, organisée par TIMLOG Solutions les 8 & 9 décembre, ont tenté d’apporter des réponses à ces questions en mettant en exergue les expériences respectives des différentes entreprises marocaines présentes pour ne citer que BMCE Bank of Africa, Copag, Cosumar, Poste Maroc… En analysant les résultats de la dernière étude menée par l’AMMC (Association marocaine du marketing et de la communication), les responsables communication des entreprises présentes ont pu constater les véritables freins au développement de la marque Maroc, essentiellement liés au «manque de stabilité dans la qualité des produits marocains, l’absence d’innovation ou encore un service après-vente jugé inefficace».
Pour Khalid Baddou, président de l’AMMC : «L’enjeu est d’agir sur toute la chaîne de valeur en incluant la production, un volet clé, permettant d’assurer une meilleure qualité tout en ciblant un marché de niche au lieu de privilégier un marché de masse». Tous ces éléments laissent entrevoir une véritable nécessité, au niveau des entreprises marocaines de travailler leurs stratégies de communication et de marketing, en mettant le client au cœur de ce processus. Dans ce sens, les participants se sont accordés sur «l’améliorer de l’attractivité des marques en s’assurant de la mise en œuvre de stratégies cohérentes pour faire des entreprises marocaines des locomotives à l’international».
Si aujourd’hui le chemin paraît encore long pour les entreprises marocaines qui ne parviennent pas encore à marquer de leur emprunte le monde des «marques internationales», il n’en demeure pas moins que certaines success stories ont réussi à se démarquer, ces dernières années pour ne citer que les marques Sierra ou encore Dalaa, qui semblent avoir saisi l’enjeu d’une bonne communication et d’une stratégie marketing bien ficelée grâce à une approche «Bottom up» avec des produits bons marchés et des produits premium, soit une différenciation qui semble porter ses fruits et dessiner des exemples concrets à même d’inspirer d’autres entreprises marocaines qui se sentiraient plus investies dans le chantier de construction de la «marque Maroc».
Khalid Baddou
Président de l’AMMC et directeur de la communication chez Western Union
Le Maroc s’est engagé sur des réformes sectorielles, une nouvelle dynamique d’expansion vers l’Afrique et une nouvelle dynamique régionale et internationale. Malgré ces choix stratégiques, la marque marocaine reste en position reculée sur les classements internationaux. Sur les deux dernières années, sur 100 pays, le Maroc occupe la 65e place, avec une valeur de la marque Maroc qui pèse 45 milliards de dollars seulement. L’image du Maroc cherche encore un positionnement clair et défini. Cette marque Maroc ne peut être construite qu’avec une marque forte, cohérente et consistante grâce à la mobilisation de toutes les parties prenantes du secteur public et privé.