Maroc

Campagne électorale : Les «petits» partis cherchent un nouveau statut

538 listes électorales ont été présentées par 16 partis qui ne sont pas représentés au sein du Parlement. Le FFD, le MDS et l’Alliance al ahd et du renouveau se démarquent avec un taux de couverture qui dépasse 50% des circonscriptions

Le bilan provisoire des indicateurs relatifs aux taux de couverture des partis non encore représentés sous la coupole laisse présager une entrée plus que probable de plusieurs formations à la première Chambre. Avec la baisse du seuil électoral de 6 à 3%, les formations minoritaires ont choisi d’élargir le cercle des candidatures déposées pour le scrutin du 7 octobre. Cinq partis, essentiellement, semblent nourrir de réels espoirs pour pouvoir siéger au sein de la nouvelle Chambre des représentants. Deux partis ont déployé de grands efforts pour maximiser leurs chances avec le Front des forces démocratiques (FFD) qui a déposé 69 listes, soit un taux de couverture qui a atteint 75% des circonscriptions, ainsi que le Mouvement démocratique et social (MDS) qui a présenté 66 listes, soit 71,7% des circonscriptions. Juste après ces deux partis, viennent l’Alliance al ahd et du renouveau qui a pu couvrir 53,3% des circonscriptions avec un total de 49 listes déposées, ainsi que le parti des néo-démocrates qui a déposé 42 listes, soit 45,7% des circonscriptions.


Le bilan, encore provisoire, montre aussi une nette progression d’autres formations en termes de candidats, notamment le parti de la réforme et du développement qui a présenté 41 listes, soit 44,6% des circonscriptions, mais surtout le parti de l’environnement et du développement durable et le parti de la renaissance et de la vertu qui ont présenté 40 listes chacun, ce qui leur a permis de couvrir 43,5% des circonscriptions. Il est à noter aussi que d’autres formations n’ont pas «bougé».   Relevons, à ce sujet, essentiellement le cas du parti de la choura et l’Istiqlal ainsi que le parti de la gauche verte marocain qui n’ont pas dépassé 32 listes chacun, soit 34,8% des circonscriptions.

Les alliances fortement recommandées
La nouvelle loi sur les partis politiques devrait doper le moral des 16 formations en lice pour les législatives. Les programmes qui ont été présentés montrent que les similitudes constatées entre plusieurs formations peuvent former un terrain favorable pour d’éventuelles alliances après le scrutin du 7 octobre, notamment pour pouvoir former un groupe parlementaire. En plus des sept formations qui ont opté pour une couverture élargie, d’autres partis en course sont directement concernés par le regroupement. Il s’agit essentiellement du parti Al Amal qui sera présent au sein de 31,5% des circonscriptions, ainsi que le parti du centre social qui a pu couvrir 30,4% des circonscriptions. La carte des candidatures devra aussi peser lourd pour d’autres partis qui ont opté pour une présence plus ciblée. Les données de l’Intérieur indiquent que six partis ne seront pas présents au sein de 75% des circonscriptions avec un total de listes qui a varié entre 12 et 24 listes locales et nationales.

Dans ce registre, ce sont le parti démocrate national et celui de l’unité et de la démocratie qui arrivent en tête de avec 24 listes chacun, soit 26,1% des circonscriptions, au moment où les performances des partis de la liberté et de la justice sociale, de la société démocratique et enfin le parti de la renaissance n’ont pas dépassé le seuil de 20% des circonscriptions. Par contre, les chances des partis de l’action et de l’union marocaine pour la démocratie semblent minimes. Ces deux formations qui ferment le peloton n’ont pas dépassé respectivement 17% et 13%, avec 16 et 12 listes chacune. 


La visibilité dans les médias est un sérieux test
En plus des exigences liées à la protection des petites formations contre l’usage de l’argent durant cette période de campagne, les 16 formations s’attendent également à ce que les recommandations de la HACA portant sur le respect des droits des partis non représentés au Parlement soient aussi très surveillées. Le rapport de la HACA relatif aux élections régionales de 2015 a montré que les 8 grands partis représentés actuellement s’accaparent près de 81% du temps de parole au sein des médias publics. Ce qui ne laisse pratiquement aucune marge de manœuvre aux formations qui ne disposent pas de groupe parlementaire, selon le nouveau statut de la HACA et pour se situer davantage dans la logique des plaideurs, les correctifs apportés aux missions de la haute autorité pour assurer l’expression du pluralisme des courants politiques. Il est à rappeler que la HACA a aussi pointé du doigt l’insuffisance des efforts déployés par les médias régionaux dans l’animation des débats électoraux et a insisté sur la reprise du principe de la proximité lors du scrutin du 7 octobre prochain.

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