Maroc

Campagne agricole 2020-2021: où en est-on après les pluies ?

Les perspectives de la campagne agricole 2020-2021 se sont améliorées à l’issue des dernières pluies. Cependant, l’évolution de la situation des céréales dépend encore des précipitations attendues au cours des prochaines semaines.

Les pluies qui ont arrosé une bonne partie du territoire national depuis la troisième décade de novembre ont permis de résorber progressivement le déficit pluviométrique. Selon un communiqué du ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, le cumul pluviométrique moyen national au 13 janvier s’élève à 180,6 mm, soit une hausse de 5% par rapport à la moyenne enregistrée (172,2 mm) ces 30 dernières années. Ce cumul représente aussi une hausse de 50% par rapport à la campagne précédente qui a enregistré 120,3 mm à la même date. Quant à la réserve des barrages à usage agricole, celle-ci cumule 5,48 milliards de m3, soit un taux de remplissage global de 41%, contre 6,23 milliards de m3 au cours de la campagne précédente (et à la même date). À noter que l’alimentation des barrages continue par le biais de ruissellements qui se maintiennent depuis les hauteurs, notamment par la fonte des neiges. Dans le détail, le taux de remplissage des barrages alimentant les périmètres irrigués s’est amélioré à 99% dans le périmètre du Loukkos, 62% au Gharb, 36% à la Moulouya, 32% à Souss-Massa, 28% au Haouz, 21% à Tadla et Ouarzazate, 17% à Tafilalet et 13% à Doukkala.


Avancement de l’installation des cultures d’automne
Selon la tutelle, la mise en place des cultures d’automne a connu une certaine dynamique dès la troisième décade de novembre, marquée par la prédominance du travail mécanique des sols qui a concerné près de 94% de la superficie travaillée. La superficie totale emblavée à date, toutes cultures annuelles d’automne confondues, totalise 4,76 millions ha dont 9% en irrigué, dominées par les céréales (86%), les fourrages (10%) et les légumineuses (4%). Quant à la superficie semée en céréales d’automne au 8 janvier 2021, elle s’élève à 4,10 millions ha et devrait atteindre 4,3 millions ha à la fin de la période des semis. Cette superficie est constituée à 44% de blé tendre, à 34% d’orge et à 22% de blé dur. À noter que le rythme des emblavements en céréales s’est accéléré pour atteindre 3 millions ha de semis en un mois suite aux pluies de fin novembre et de décembre, démontrant la rapidité d’intervention grâce à l’amélioration des capacités et la modernisation du parc mécanique national. Concernant les cultures céréalières mises en place, elles se développent dans de bonnes conditions et leur évolution future dépendra des précipitations des semaines et mois à venir ainsi que de l’entretien apporté par les agriculteurs.

Les pluies accélèrent les travaux de sol
Le retour des pluies a contribué à l’accélération du rythme des travaux du sol, des emblavements et des ventes d’intrants agricoles, notamment les semences et les engrais de fond. Les pluies importantes et généralisées enregistrées durant la première décade de janvier (83 mm en moyenne), accompagnées d’une baisse significative des températures, ont été favorables au tallage des semis précoces des céréales. Selon le ministère de tutelle, ces pluies auront un impact positif sur l’évolution de la campagne agricole à travers l’amélioration du couvert végétal en général et des parcours en particulier, outre la redynamisation des travaux d’entretien (désherbage chimique et apport d’engrais azotés). À cela s’ajoutent l’amélioration des réserves des barrages à usage agricole et des niveaux des nappes phréatiques, de la situation de l’arboriculture fruitière, notamment le bon démarrage végétatif, du calibre et de la maturation des variétés tardives et d’agrumes ainsi que la bonne tenue des nouvelles plantations arboricoles. En effet, le déficit hydrique notable et la répartition spatio-temporelle inadéquate au début de la campagne agricole 2020/2021, en particulier de septembre à la deuxième décade de novembre, a retardé le semis des cultures d’automne et impacté négativement l’état des parcours.

Quid des cultures fourragères et sucrières ?
Concernant les cultures fourragères, elles s’étendent sur une superficie de 500.000 ha, dont 35% en irrigué, contre 480.000 ha au cours de la campagne précédente à la même date, soit une hausse de 4%. Les principales espèces fourragères cultivées sont l’orge fourragère (27%), la luzerne (21%), l’avoine (17%), le bersim (13%), la féverole (9%), les mélanges fourragers (4%) et autres (9%). Les légumineuses occupent environ 168.000 ha, dont 6% en irrigué, contre 171.000 ha durant la campagne précédente à la même date, soit une baisse de 2%. Les principales espèces cultivées sont les fèves (57%), les petits pois (20%), les lentilles (20%), la féverole (11%) et autres (3%). Concernant les cultures sucrières, la superficie semée en betterave à sucre est de 45.910 ha, contre 55.350 ha enregistrés durant la campagne précédente. Cette baisse est essentiellement due à l’insuffisance des ressources d’irrigation dans les bassins des Doukkala et de Tadla. Les emblavements sont réalisés à hauteur de 100% en monogerme, et l’état végétatif des cultures est bon en général. Pour ce qui est de la canne à sucre, la superficie en place s’élève à près de 12.423 ha dont 1.737 ha plantés en automne 2020. La superficie récoltable est estimée à 10.523 ha (8.311 ha/Gharb et 2.212 ha/Loukkos).

Cultures maraîchères d’automne
S’agissant des cultures maraîchères d’automne, la superficie réalisée au 31 décembre dernier est de 100.900 ha, soit un taux de réalisation de 96% du programme arrêté. Les réalisations par espèce montrent que la pomme de terre est la principale espèce cultivée avec près de 21.000 ha. Elle est suivi de l’oignon avec 11.000 ha, la tomate à hauteur de 9.235 ha, le haricot vert (4.900 ha), les courges et courgettes (4.100 Ha) en plus des carottes et navets (15.800.ha) La production attendue devra couvrir les besoins de consommation et d’exportation pour la période janvier-juin pour la tomate. Il est à noter que la superficie programmée en cultures maraîchères d’hiver est d’environ 85.000 ha. Les principales espèces sont la pomme de terre (38% de la superficie programmée), l’oignon (21%), la pastèque et le melon (11,5%), la carotte et le navet (6%), les légumineuses en vert (5%) et la tomate (3%).

Santé du cheptel : situation satisfaisante
Concernant la santé du cheptel national, la situation sanitaire est satisfaisante dans l’ensemble des régions du pays. Cela est dû au suivi sanitaire continu de son état et aux différentes campagnes de vaccination menées par les services vétérinaires relevant de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) et les vétérinaires sanitaires mandatés, contre les maladies animales contagieuses et celles à incidence économique, ainsi qu’aux efforts déployés par les professionnels du secteur de l’élevage. Pour ce qui est de l’état des parcours, les dernières précipitations et chutes de neige laissent présager une production fourragère importante qui contribuera à la couverture des besoins du cheptel national. Toujours selon le ministère de l’Agriculture, celui-ci a pris les dispositions nécessaires et les mesures requises pour assurer la disponibilité des intrants agricoles, l’encadrement des agriculteurs et la mobilisation des acteurs du secteur pour le bon déroulement et la réussite de l’actuelle campagne agricole.

Yassine Saber / Les Inspirations Éco

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