Maroc

Bientôt trois ans de Covid-19… le Maroc n’a même pas peur (RETRO)

Le Maroc a été profondément touché par la pandémie de Covid-19. Mais loin d’être une fatalité, celle-ci a été un vrai déclencheur du génie marocain qui a su faire face à une crise qui sévit encore.

Dans moins d’une semaine, soit le 7 janvier 2022, le monde entier célébrera le triste anniversaire de l’apparition officielle du premier cas de Covid-19. Détecté le 7 janvier 2020, le nouveau virus, appelé par la suite SARS-CoV-2, a rapidement acquis la capacité de transmission interhumaine et donné lieu à une épidémie fulgurante en Chine, avec de nombreux cas importés, enregistrés dans différents pays à travers le reste de la planète. Dépassée par la montée en flèche des cas de covid-19, l’Organisation mondiale de la santé, qui, au début, minimisait le danger qui se dirigeait droit sur nous, se résout finalement à sonner l’alerte en recommandant aux États membres de se préparer et de prendre les mesures nécessaires pour endiguer l’épidémie, notamment par une surveillance active, un dépistage précoce, l’isolement et la prise en charge des cas, la recherche des contacts et la prévention de la poursuite de la propagation de l’infection par le 2019-nCoV.

Malgré tous les efforts déployés, aucun pays n’a pu se protéger contre ce redoutable virus. Tout le monde sera concerné à des niveaux d’infection différents. Le 2 mars, le Maroc est touché et enregistre son tout premier cas. Immédiatement, le gouvernement décide d’une série de mesures, qui n’ont été mises en place dans des pays européens qu’au stade 2 ou 3 de la pandémie. Le Plan national de veille et de riposte au Covid-19 consistait à détecter précocement les cas, contenir la propagation, organiser une réponse nationale adaptée du système de santé, renforcer les mesures de prévention et de contrôle de l’infection en milieu de soins. Il a été également question de prendre rapidement en charge les cas infectés ainsi qu’une large sensibilisation et un renforcement des compétences des personnels. Les autorités marocaines ont décrété l’état d’urgence sanitaire le 20 mars alors que le pays ne comptait qu’une dizaine de cas. Dans la même foulée, les autorités ont fermé les liaisons aériennes et maritimes vers la France et l’Espagne, dès le 13 mars. La liste des mesures va s’allonger au fur et à mesure que les contaminations se multipliaient jusqu’à la découverte de «clusters» confirmant le passage au stade 2 de la pandémie. Le pays n’avait autre choix que de se barricader davantage.

Une véritable stratégie de guerre
Ces mesures, bien que proactives, n’ont pas vraiment permis de stopper les cas de covid-19 bien que leurs effets n’aient pas été négligeables. Un total de 638 cas de Covid-19 ont été enregistrés dans le Royaume entre le 2 et le 31 mars 2020, dont 24,9% de cas importés. Pire encore, les impacts des mesures sur certains secteurs ont été dévastateurs. En effet, l’économie nationale n’a pas été épargnée par l’effondrement économique global. Alors que le pays s’attendait à une campagne agricole difficile, la croissance économique n’a pas dépassé 0,1% au premier trimestre de l’année, selon le HCP. Cette faible croissance est imputable à l’accentuation de la baisse de la valeur ajoutée agricole à -5% et au ralentissement de l’industrie et des services marchands. Au deuxième trimestre 2020, l’économie, sous confinement strict de la population pendant près de 10 semaines sur 13, a été confrontée à une baisse de la demande intérieure. La consommation des ménages, en volume, se serait repliée de 6,7%.

Cette baisse aurait, particulièrement, concerné les dépenses des ménages en biens manufacturés, notamment celles relatives aux postes d’habillement, d’équipement, de transport, de la restauration et des loisirs. La demande extérieure aurait également flanché, entraînant une baisse de 25,1% du volume des exportations. Les importations se seraient, pour leur part, infléchies de 26,7%, impactées par le recul des achats de biens d’équipement, de produits énergétiques, de biens de consommation, de produits bruts et de demi-produits.

Dans ces conditions, le repli du PIB aurait atteint -13,8% par rapport à la même période de 2019. La crise a eu également un impact direct sur la vie des gens. Alors que des milliers d’entreprises ont fait faillite, la situation du marché du travail a connu, dès 2020, sous l’effet conjugué de la pandémie de Covid-19 et de la campagne agricole insuffisante, une détérioration caractérisée par une destruction de postes d’emploi, une chute du volume horaire du travail et une hausse du chômage, du sous-emploi et de l’inactivité. L’économie nationale a perdu 432.000 postes d’emploi contre une création de 165.000 en 2019. Cette perte se répartit entre 295.000 pertes en milieu rural et 137 000 en milieu urbain et concerne la plupart des secteurs d’activité économique. Le secteur des «services» a perdu 107.000 postes, celui de «l’agriculture, forêt et pêche» 273.000, «l’industrie y compris l’artisanat» 37.000, et celui des «BTP» 9.000. En plus de la perte des postes de travail, le nombre d’heures travaillées par semaine a baissé de 20%, de 494 millions heures à 394 millions heures, ce qui correspond à 2,1 millions emplois à temps plein. Le nombre moyen d’heures travaillées par semaine est passé de 45,2 à 37,5 heures.

Le royaume a fait de bons choix
Mais curieusement, face à toutes ses difficultés, un Maroc qu’on ne soupçonnait pas est apparu à la face du monde. Dès le mois de mars, le Royaume s’est lancé dans la fabrication de masques grand public 100% marocains et accessibles à toutes les bourses au moment où des pays comme la France se rabattaient sur la Chine pour faire face à leurs besoins. Le génie marocain continuera de percer en cette ère de Covid-19. On l’a vu avec l’invention du tout premier respirateur artificiel made In Mococco en pleine pandémie ainsi que d’un lit de réanimation 100% marocain. Comme l’a souligné la banque mondiale dans un rapport datant de juin 2021, le Maroc s’est véritablement distingué comme un pays qui a su profiter de la crise du Covid-19 pour en faire une opportunité et lancer un ambitieux programme de réformes transformatrices. Après ses premiers efforts pour atténuer les effets immédiats de la pandémie sur les ménages et les entreprises, le pays a lancé diverses actions pour corriger des inégalités de longue date et surmonter certains obstacles structurels qui ont limité, par le passé, la performance de l’économie marocaine, explique la BM.

Ce programme de réformes repose sur les piliers relatifs à la création d’un Fonds d’investissement stratégique (Fonds Mohammed VI) pour soutenir le secteur privé, la refonte du cadre de protection sociale pour dynamiser le capital humain et la restructuration du vaste réseau d’entreprises publiques marocaines. En outre, poursuit la même source, le gouvernement a dévoilé les termes d’un nouveau modèle qui met l’accent sur le développement humain et l’équité entre les sexes, tout en redynamisant les efforts récents pour encourager l’entrepreneuriat privé et stimuler la compétitivité. À cela, il faut ajouter la vaste campagne de vaccination qui suit encore son cours. Bien que très ralentie ces dernières semaines, elle reste la plus réussie en Afrique alors que le Maroc s’apprête à fabriquer ses propres vaccins.

Solidaire avec le continent
Par ailleurs, il faut noter que le pays ne s’est pas replié sur-lui-même. Il a également fait preuve de solidarité envers ses voisins africains. Sur instructions royales, le Royaume a apporté une aide médicale à 15 pays africains (Burkina Faso, Cameroun, Comores, Congo, Eswatini, Guinée, Guinée-Bissau, Malawi, Mauritanie, Niger, République Démocratique du Congo, Sénégal, Tanzanie, Tchad et Zambie) à travers l’envoi de 8 millions de masques, 900.000 visières, 600.000 coiffes, 60.000 blouses, 30.000 litres de gel hydro-alcoolique, 75.000 boîtes de chloroquine et 15.000 boîtes d’azithromycine. Ces équipements de protection et d’aide médicale sont fabriqués au Maroc par des entreprises marocaines et sont conformes aux normes de l’OMS. Aujourd’hui, le chômage est en baisse même si de nombreuses entreprises continuent de souffrir après la fermeture des frontières aériennes du pays suite à l’apparition du variant Omicron. C’est le cas, notamment, dans le secteur du tourisme où plusieurs établissements peinent encore à renouer avec la reprise faute de clients. La présentation d’un passe vaccinal, exigée depuis le 21 octobre 2021, pour se déplacer entre les préfectures et les provinces, et accéder aux administrations publiques et privées, hôtels, restaurants, cafés, commerces, salles de sport et hammams du Royaume n’a pas non plus facilité les choses.

Khadim Mbaye / Les Inspirations ÉCO

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