Maroc

Bachelor : le patronat très attendu pour accompagner la réforme

L’amélioration de l’employabilité des lauréats des universités est l’objectif fondamental de la réforme du Bachelor qui sera lancée en phase expérimentale à la prochaine rentrée universitaire. La CGEM voit d’un bon œil le nouveau système qui renforcera les soft skills des lauréats.

La réforme du Bachelor démarrera progressivement, dès la prochaine rentrée, dans l’ensemble des universités pour une généralisation prévue à la rentrée 2022/2023. Un changement qui s’impose, le système actuel ayant montré ses limites, surtout en matière d’insertion professionnelle des lauréats des établissements à accès ouvert. Le défi est d’améliorer l’image écornée de l’université, taxée de fabrique de chômeurs. La réforme universitaire prévue vise ainsi à mettre fin à la désaffection avérée entre le monde de l’entreprise et les lauréats des universités qui peinent à trouver un emploi correspondant à leur formation.


Cette dernière est jugée lacunaire même par les responsables gouvernementaux. La mise en place du cycle du Bachelor est justifiée par la nécessité de mettre en place une nouvelle ingénierie pédagogique pour adapter la formation aux besoins du marché du travail et mettre fin aux différentes lacunes qui minent la qualité des apprentissages. Outre le volet pédagogique, le besoin se fait sentir de redresser les dysfonctionnements relatifs à la gouvernance du secteur. Rappelons à cet égard que la réforme mise en place il y a deux décennies a été plutôt axée sur l’aspect pédagogique sans prendre en compte la promotion de la qualité des diplômes et l’adéquation des profils avec le marché du travail.

Deux volets de la plus haute importance qui seront au cœur de la prochaine réforme. La réussite de la nouvelle vision «est tributaire de l’ouverture de l’université sur son environnement socio-économique et l’arrimage de son offre de formation aux besoins de son écosystème régional, afin d’assurer une meilleure insertion de ses lauréats», comme le souligne le président de l’Université Mohammed V de Rabat, Mohammed Rhachi, lors d’une rencontre sur la réforme pédagogique à l’université tenue vendredi dernier en présence de la CGEM-Rabat-Salé-Kénitra. Dorénavant, les universités sont appelées à accorder une grande importance aux attentes du secteur privé alors que celui-ci est très attendu pour accompagner notamment les établissements à accès ouvert dans l’amélioration des compétences des lauréats. C’est dans ce cadre que s’inscrit le projet Ibn Khaldoun «Quelles filières de formation innovantes adaptées aux besoins en compétences managériales des entreprises de la région de Rabat-Salé-Kénitra?» Il vise à identifier les besoins en compétences managériales des entreprises de la région et à évaluer le degré d’engagement des entreprises dans l’accompagnement des établissements universitaires lors de la conception et la mise en œuvre des filières de formation par alternance. Il s’agit aussi d’instaurer une collaboration effective et un partenariat durable entre le monde socio-professionnel et l’université, de guider les établissements universitaires dans le choix des filières à mettre en place et dans la définition des curricula.

Dans le cadre de la réforme en vue, l’offre de formation sera étoffée pour répondre aux exigences du marché de l’emploi dans les divers secteurs. Des filières adaptées devraient être créées permettant à l’étudiant de choisir la passerelle qui lui convient. La mise en place de passerelles, précisons-le, est fondamentale pour réussir l’orientation ou la réorientation.

Une vision globale

La nouvelle réforme consistera à introduire une année fondatrice comme première année de la formation supérieure, à l’instar de ce qui se fait sous d’autres cieux pour réussir la transition entre les deux cycles. Elle s’appuiera sur une vision globale et intégrée pour combler toutes les lacunes, dont le taux d’encadrement pédagogique qui s’est dégradé au cours des dernières années. La réforme tend à s’attaquer à toutes les causes de la déperdition universitaire et à renforcer les soft skills, notamment l’apprentissage des langues étrangères. L’enjeu est de remédier à la fracture linguistique entre le secondaire et le supérieur. Le développement des soft skills et de l’enseignement des langues nécessitent des solutions concrètes à la problématique de la massification de l’université qui déteint sur la qualité des apprentissages.

Jihane Gattioui / Les Inspirations Éco

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