Les Cahiers des ÉCO

Jamie Cullum : Un extraterrestre au Jazzablanca !

Il a la voix du crooner, l’âme du jazzman, la profondeur du soulman, le charisme du chanteur de country, la présence du rockeur et l’aura de la pop star. Jamie Cullum aura magistralement clôturé la 11e édition du Jazzablanca ! Rencontre avec l’enfant terrible du Jazz.


Jamie Cullum est simple et humble. Il a cette paix intérieure des surdoués et ce protocole so british. Il n’a pas besoin d’en faire trop dans la vie, il utilise son énergie sur scène, où il devient une véritable bête! Qu’on le connaisse ou non, Jamie Cullum interpelle, marque les esprits. Il commence un piano-voix à vous donner la chair de poule et, quand le public pense que le concert va baigner dans une ambiance jazzy pur et simple, il saute du piano, s’empare des baguettes de batterie et nous sort le grand jeu. Telle est la «recette» Cullum, l’instinct au service d’un talent fou! «En devenant plus vieux, je me rends compte que je suis plus instinctif. Je ne calcule pas beaucoup avant un concert. Avant de faire un concert dans un pays, je ne vais pas me focaliser sur ce quel album a été le plus vendu ou écouté, je vais essayer d’être le plus instinctif possible.

C’est ce que j’ai fait avant de venir au Maroc. Sinon je deviens nerveux, et je commence à douter. Je pense que le public sent la bonne énergie et qu’il veut voir du vrai, du sincère, c’est ce qui compte», confie le surdoué anglais à quelques minutes de son concert au Jazzablanca. Entre «These are the days», «Twenty Something», Please Don’t Stop The Music», «High and Dry», le musicien jongle avec les univers musicaux tout en gardant sa marque de fabrique, des réarrangements jazzy, une voix profonde sublimée par un jeu de piano passionné! Il peut jouer «The Wind Cries Mary» de Jimi Hendrix comme si c’était lui qu’il l’avait écrit en la mixant avec du Ray Charles ou en ajoutant du beat box, le tout en nous proposant un numéro de percussions depuis son piano, incroyable. «Je suis un collectionneur de chansons, j’adore les chansons et j’aime les écouter et les refaire autrement! Cela a commencé dans les bars avec les chansons que je jouais au piano et cela vient aussi de tout ce que j’ai écouté petit.

Ce n’est pas vraiment une décision, le choix de la chanson s’impose vraiment de lui-même! C’est encore une fois l’instinct», continue le musicien qui met le public du Jazzablanca dans sa poche dès les premières secondes du concert. Et lorsqu’il décide de rendre un dernier hommage à Prince, décédé ce jour-là, de façon tout à fait improvisée, «Purple Rain» n’a jamais été aussi bien réinterprétée. Le public conquis chante en chœur avec lui. «Rares sont les artistes qui fédèrent autant et qui ont réussi à changer la musique. Il reste peut-être Stevie Wonder. On vient de perdre un des derniers…», confie t-il à propose de la mort de Prince. Celui qui a commencé à chanter dans les bars à l’âge de 15 ans et a payé ses études grâce à des performances, ne pensait pas en faire un métier. «Je pense être arrivé là où je suis aujourd’hui en ne décidant rien justement, en ne planifiant pas grand chose.

Je suis devenu musicien professionnel, j’ai commencé à jouer dans des endroits de la nuit dès l’âge de 15 ans. J’ai payé mes études en jouant dans des groupes. Je suis passé de groupes qui reprenaient du James Brown mais aussi AC/DC, je jouais dans des mariages, des bar-mitsvas… mais je n’ai jamais pensé que ce serait un vrai métier». Et pourtant, 8 albums et une reconnaissance mondiale plus tard,, Jamie Cullum est à Casablanca et il n’en revient pas de l’accueil du public qu’il a invité à venir au plus près de lui pour sentir son énergie. «L’album que je prépare est un album de chansons originales, pas de covers.

Je ne vais pas prétendre qu’il est Jazz ou Pop. Certains vont penser qu’il est Pop, le comparer à Billy Joel peut-être. Je ne sais même pas comment le définir. J’ai créé des chansons et c’est tout. Je n’aurai pas fait cet album il y a 10 ans». Il clôt les concerts de l’Hippodrome en beauté avant de laisser la magie de la scène BMCI opérer quelques jours. «Je reviendrai Casablanca, c’est certain!», lance t-il à la foule en délire qui lui demande une autre chanson qu’il proposera en piano voix. Un moment de musique inouï, que l’on recommande de vivre, telle une prescription médicale, non pas une fois par jour mais au moins une fois au cours de la vie…

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