Politique

TPME : Optimiste, MHE veut capitaliser sur les nouveaux acquis

L’agence Maroc PME dresse un bilan positif en 2020, même si cela peut paraître paradoxal en période de crise. Les programmes ont été simplifiés et les offres adaptées à la conjoncture de la pandémie pour faciliter l’accès des entreprises aux différents services de l’agence. Optimiste, Moulay Hafid Elalamy entend capitaliser sur les nouveaux acquis. Les détails. 

À quelque chose, malheur est bon. Un adage cité par le ministre de l’Industrie, du commerce et de l’économie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy, pour qualifier la réactivité du Maroc, notamment les entreprises, en temps de crise. «Si certaines économies se sont effondrées, l’industrie marocaine, elle, a fait preuve de résilience. Certes, nous avons des défauts et des carences, mais nous avons aussi des qualités que je ne vais plus lâcher», a-t-il lancé lors de la présentation des réalisations de l’agence Maroc PME relatives à la nouvelle génération des programmes d’appui aux Très petites et moyennes entreprises (TPME) industrielles.


D’ailleurs, pour l’occasion, le responsable gouvernemental affichait la mine des grands jours, lui pour qui Maroc PME est «un élément clé de la mise en œuvre du plan de relance industrielle, qui se positionne en tant que référence nationale en matière d’accompagnement des TPME comme en témoigne son bilan très positif».

L’année 2020 a connu une évolution notable des programmes gérés par Maroc PME. Il faut dire qu’en période de crise, comme l’explique le directeur général de l’agence, Brahim Arjdal, les entreprises ont fortement besoin d’appui et d’accompagnement en matière d’expertise et de conseil. C’est pour cela que «les programmes ont été simplifiés et les offres adaptées à la conjoncture de la pandémie pour faciliter l’accès des entreprises aux différents services». Au final, le bilan est jugé très positif, comme en attestent les résultats chiffrés. Pour faire face aux aléas de la pandémie de Covid-19 qui a frappé de plein fouet l’économie mondiale, quelque 77 projets d’investissement en équipements nécessaires, portés par des TPME nationales, ont bénéficié du soutien financier de l’agence. Ils ont généré un investissement global de 544 millions DH et la création, en pleine crise, de 4.325 emplois directs et indirects. Moulay Hafid Elalamy a également annoncé que 624 actions d’accompagnement en conseil et expertise technique avaient été déployées au profit des TPME industrielles pour les accompagner dans la reprise de leurs activités post-confinement. Le nombre de projets ayant bénéficié de l’appui à l’investissement en 2020 dans le cadre du programme «Istitmar» a augmenté de 50% par rapport à 2019 et de 138% en comparaison avec 2018. Ces projets permettent de générer un investissement global de 2,8 MMDH et une création de 25.357 emplois directs et indirects. Quant au programme d’appui en expertise technique et conseil «Mowakaba», le nombre de TPME bénéficiaires a augmenté en 2020 de 58% par rapport à 2019 et de 78% en comparaison avec 2018. En ce qui concerne l’écosystème entrepreneurial, le nombre d’auto-entrepreneurs inscrits, ayant atteint 286.020 en 2020, a connu une augmentation de 120 %.

« Cette tendance haussière s’est poursuivie au cours de l’année 2021 pour atteindre 307.937 auto-entrepreneurs à fin mars 2021 », selon le ministre qui estime que l’ensemble de ces réalisations en forte hausse constatée au titre des différents programmes est amené à être consolidé et renforcé davantage grâce à la dynamique enclenchée par la banque de projets en ligne, lancée en septembre 2020, par le ministère de l’Industrie, du commerce et de l’économie verte et numérique. Rappelons, à ce titre, que l’ambitieux chantier de la substitution de l’importation par des industries marocaines vise à renforcer le tissu industriel national en créant des métiers au service du marché local et de l’export. La balle est dans le camp des opérateurs économiques pour accélérer la cadence en vue d’atteindre l’objectif escompté de 34 MMDH de substitution. Les premiers résultats sont probants, selon Moulay Hafid Elalamy, même si le démarrage a pris quelques semaines. Les perspectives s’annoncent, ainsi, prometteuses pour l’économie marocaine, comme le laisse entendre le chef du département de l’Industrie et du commerce, d’autant plus que plusieurs chantiers ont été accélérés durant la pandémie. À commencer par celui de la digitalisation qui a connu une accélération notable en période de crise, ce qui a permis de faire un gain de temps considérable, estimé par le ministre, à cinq ans.

Bilan de la nouvelle génération de programmes

Le programme baptisé «Nawat» accompagne les très petites entreprises (TPE), auto-entrepreneurs et porteurs de projets pour réussir le montage de leurs projets, avoir accès au financement et assurer la pérennité et le développement de leurs activités. Le nombre de bénéficiaires ciblés par le programme est de 10.000 par an dont 6.000 TPE et 4.000 auto-entrepreneurs et porteurs de projets. Le premier mois de déploiement du programme (avril 2021) a permis d’accompagner 900 bénéficiaires dont 600 TPE et 300 auto-entrepreneurs et porteurs de projets. Quant au programme «Tatwir-croissance verte», il a été lancé en janvier 2020 pour accompagner la décarbonation des TPME industrielles. Il offre un accompagnement multiforme alliant l’appui à l’investissement, le conseil et l’expertise technique, ainsi que l’appui à l’innovation. Il s’agit d’un programme de la plus haute importance car, rappelons-le, à partir de 2023, l’Europe appliquera la taxe carbone. Jusque-là, quelque 97 projets sont présélectionnés. Le troisième programme «Tatwir-startup» a été lancé en février 2020 en vue d’accompagner de bout en bout les porteurs de projets de startup, de l’idée jusqu’à l’industrialisation en passant par les différentes phases d’incubation. Sur les 516 demandes déposées, 239 dossiers sont qualifiés.

Jihane Gattioui / Les Inspirations Éco

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