Politique

Retraite : il faut s’attendre au pire si rien n’est fait

Les résultats de l’étude portant sur la mise en œuvre de la réforme globale des régimes de retraite civile se font toujours attendre. D’après une source proche du dossier, la balle est dans le camp du ministère de Benchaâboun pour accélérer la cadence et entamer cette réforme en vue d’éviter le pire. Si rien n’est fait, le système des pensions civiles atteindra en 2022 le seuil réglementaire minimal des réserves, soit uniquement une couverture de deux années de prestations.

Jihane Gattioui / Les Inspirations Éco


Les réserves de prévoyance du système des pensions civiles, qui sont actuellement de 70,65 milliards de dirhams (MMDH), passeront à seulement 54,21 MMDH en 2022, soit le seuil réglementaire minimal des réserves qui équivaut à deux années de prestations. Si rien n’est fait, ces réserves atteindront 45,40 MMDH en 2023 et continueront à s’épuiser jusqu’à atteindre moins 15,11 MMDH en 2027. En vertu des dispositions juridiques, un ajustement à la hausse des cotisations est opéré dès lors que le seuil réglementaire minimal des réserves n’est pas atteint. Ce qui imposerait, selon le scénario du ministère des Finances, d’augmenter les cotisations à 39% au lieu de 28%, soit une hausse de 11% (dont 5,5% à la charge du fonctionnaire). Un scénario cauchemardesque qui risque d’engendrer des tensions sociales et qui pèsera aussi lourdement sur le plan budgétaire. Et même ce mécanisme reste peu efficace, car il ne permettra que de repousser la crise de quelques années en évitant provisoirement la faillite du système.

Une réforme urgente
Pour le moment, rien n’est encore tranché. Mais «il faut s’attendre au pire si la réforme structurelle tarde encore à être mise sur les rails», selon une source proche du dossier qui estime que la balle est dans le camp du ministère de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration. Les résultats de l’étude portant sur l’approche de la mise en œuvre de la réforme, qui a été commanditée il y a plus de deux ans et demi, se font attendre. D’après une source au département de Benchaâboun, cette étude est fin prête depuis des mois et ses résultats devront bientôt être passés au crible par les parties concernées. Sauf que le gouvernement est en fin de mandat. L’Exécutif aura-t-il le temps, en cette année préélectorale, de faire passer la réforme dont l’élaboration n’a pas encore été entamée ? Rien n’est moins sûr. Mais d’après notre source, il s’avère primordial d’entamer ce processus pour alléger les répercussions sur les salariés qui ont déjà subi de plein fouet les foudres de la première réforme paramétrique, adoptée au forceps au Parlement en 2016 ( augmentation de l’âge de départ à la retraite à 63 ans sur six ans, nouvelle base de calcul des pensions sur le salaire annuel moyen des huit dernières années de travail, révision du taux annuel de calcul des pensions de 2,5% à 2%, augmentation de la cotisation tant salariale que patronale de 10% à 14%…). Actée en 2016, cette réforme est jugée insuffisante, car cela ne fait que repousser le problème de quatre à cinq ans. Elle visait en effet le prolongement de la durée de maintien des réserves de la Caisse marocaine des retraites (CMR) de quelques années, dans l’attente de la création du pôle public de la retraite. Et comme le souligne la Cour des comptes, cette réforme reste partielle car elle a porté sur une réforme paramétrique du régime des pensions civiles, sans toutefois aborder les paramètres de fonctionnement des autres régimes de retraite, principalement ceux gérés par le Régime collectif d’allocation de retraite (RCAR) et la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

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