Politique

Relance industrielle 2021/2023 : les détails du plan MHE

34 MMDH. C’est le montant visé par le Plan de relance industrielle 2021/2023 pour substituer à l’importation les industries marocaines. La nouvelle stratégie qui a été présentée par Moulay Hafid Elalamy au Conseil national de l’entreprise de la CGEM s’assigne d’ambitieux objectifs. Le point sur les mesures phares.

«Le Maroc a démontré ses capacités de réactivité et d’agilité face aux aléas de la pandémie; et les industries marocaines ont prouvé leurs aptitudes à répondre aux besoins urgents de la Nation.» Le ministre de l’Industrie, du commerce et de l’économie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy, affiche son optimisme quant aux perspectives de développement de l’industrie marocaine qui a enregistré des chiffres positifs, tout en appelant à ne pas baisser la garde car la pandémie va durer. De grands efforts doivent encore être déployés pour sauvegarder les acquis et conquérir de nouveaux marchés. Le nouveau plan de relance industrielle 2021/2023, qui s’assigne d’ambitieux objectifs, nécessite la mobilisation des secteurs tant public que privé.


Trois chantiers
Trois chantiers stratégiques ont été arrêtés pour renforcer le positionnement de l’industrie marocaine. L’heure est à la mobilisation pour confirmer la place industrielle du Maroc et conquérir de nouveaux marchés, comme l’a souligné à plusieurs reprises le responsable gouvernemental. Il s’agit de reconquérir des territoires industriels en utilisant la commande publique comme catalyseur. C’est dans ce cadre que s’inscrit la dernière décision ayant trait à la préférence nationale qui donnera un coup de fouet aux entreprises marocaines. Le deuxième chantier stratégique porte sur l’amélioration de la compétitivité du Maroc, à commencer par le secteur de l’automobile dont le taux d’intégration devra passer de 60% à 80%. La concrétisation de cet objectif passe par plusieurs préalables sur lesquels devront travailler les deux secteurs public et privé. L’augmentation du taux d’intégration de ce secteur permettra au Maroc de multiplier au moins par deux ses exportations dans trois ans. Tous les secteurs doivent suivre la même dynamique, selon le ministre de l’Industrie. L’amélioration escomptée de la compétitivité du Maroc contribuera largement à l’amélioration de son positionnement en tant que base industrielle décarbonnée et circulaire, considérée comme un autre chantier stratégique. C’est le moment ou jamais de mobiliser une partie des énergies renouvelables du Maroc au service d’un ancrage industriel.

Substitution
Dans le cadre de la nouvelle stratégie, le ministère de l’Industrie propose aux opérateurs de substituer à l’importation les industries marocaines. L’objectif est de pouvoir couvrir au niveau national un montant de 34 MMDH sur un montant total de 183,2 MMDH d’importations par an. À ce titre, quelque huit filières sont identifiées : le Textile (10,6 MMDH), les Transports (5,1 MMDH), les Industries mécaniques et métallurgiques (5 MMDH), la Plasturgie (3,3 MMDH), l’Électrique/Électronique (2,1 MMDH), l’Agroalimentaire (2 MMDH), la Parachimie (2 MMDH), le Cuir (1,1 MMDH) et les autres filières (2,6 MMDH). La commande publique, comme outil d’amorçage, doit s’orienter en premier lieu vers le produit marocain. Une grande responsabilité incombe désormais au secteur public dans la concrétisation des objectifs de la préférence nationale. Moulay Hafid Elalamy assure que plusieurs ministres sont déjà mobilisés à cet égard (Défense, Intérieur et Économie et finances).

Trois ans de soutien public
La concrétisation des objectifs escomptés du nouveau plan reste tributaire de l’encouragement des projets à fort potentiel en exportations. La nouvelle stratégie permettra aussi aux industries concernées de saisir de nombreuses opportunités d’exportations. Pour une montée en puissance de la production, les entreprises seront accompagnées pendant trois ans. Le soutien public ne peut en effet durer longtemps, selon le responsable gouvernemental. L’accompagnement portera notamment sur l’amélioration de la qualité des produits, avec des «exigences fortes» en termes de coût. Dans le cadre de la transparence, aucune place ne sera accordée au copinage, comme a tenu à préciser le ministre (des appels à projets ouverts et des règles claires). Une batterie de mesures sont en vue : des subventions pour les nouveaux investisseurs, la mise en contact avec des co-investisseurs potentiels, un foncier industriel aménagé, la pré-identification du foncier à des tarifs compétitifs, la mobilisation des offres de financement dédiées à l’industrie, en partenariat avec le secteur bancaire… Pour structurer dans la durée les efforts déployés, des mesures additionnelles sont prévues, à commencer par le contrôle et la réglementation. Le Maroc a déjà instauré des mesures de défense et a remis en cause des accords de libre-échange pour lutter contre la concurrence déloyale. D’autres normes nationales seront identifiées en la matière. L’accompagnement du secteur privé portera aussi sur le volet de la formation avec l’appui de l’ANAPEC. On misera également sur de nouvelles générations d’écosystèmes locomotives. En termes d’emplois, le ministre table sur 50.000 à 100.000 emplois additionnels. Pour faciliter la tâche aux porteurs de projets, des fiches détaillant les opportunités de projets leur sont proposées par le département de tutelle (unité de fromage fondu, unité de production de biscuits, unité de production de produits à base de céréales…). 

Cinq axes principaux

Le nouveau plan s’articule autour de cinq axes principaux. Le premier vise l’accompagnement du tissu industriel et le renforcement de l’intégration des filières (démultiplication de la création d’emplois et de la valeur). Il faut dire que l’intégration est cruciale dans le renforcement de la compétitivité du tissu industriel, comme en atteste l’expérience marocaine. Le deuxième a trait au développement de l’entrepreneuriat industriel et à la promotion de l’émergence d’une nouvelle génération d’industriels. Cet axe est basé sur la réaction du tissu économique pendant la pandémie (fabrication des masques, thermomètres infrarouges…). Le troisième axe porte sur la nécessité de se positionner comme un partenaire international stratégique dans le contexte du resserrement des chaînes de valeur. Il s’agit aussi de décarboner la production industrielle pour améliorer la compétitivité du secteur industriel marocain et renforcer son attractivité. À ce titre, le ministre rappelle l’atout majeur du Maroc qui s’est orienté vers les énergies renouvelables. À cela s’ajoute l’impératif d’inscrire le tissu industriel marocain dans une démarche d’innovation.

Jihane Gattioui / Les Inspirations Éco

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