Politique

Maroc-UE : de nouvelles opportunités en vue

Les discussions sont en cours pour identifier les projets de coopération pour la période 2021-2027. Le Maroc gagnerait à redoubler d’efforts pour bénéficier d’une part importante des sept milliards d’euros qui seront débloqués par l’UE. La transition écologique est un axe fondamental.

Le Maroc et l’Union européenne (UE) abordent, ensemble, 2021 avec l’ambition commune d’un renouveau, dont les jalons ont été posés le 9 février dernier avec la communication de l’UE pour un nouvel agenda pour la Méditerranée». Lors d’un point de presse organisé mercredi à Rabat, Claudia Wiedey, ambassadrice de l’Union européenne au Maroc, a affiché son optimisme quant à l’avenir du partenariat bilatéral avec le royaume qui s’est déjà positionné sur plusieurs secteurs de coopération pour la période 2021-2027.


Le Maroc a dressé plusieurs propositions relatives au développement humain, à la bonne gouvernance et l’état de droit, la résilience, prospérité et transition numérique, la paix et la sécurité, la migration et la mobilité, la transition écologique et un plan économique et d’investissement. Les enjeux de coopération sont de taille en cette période de crise dont l’évolution ne permet toujours pas de voir le bout du tunnel sur le plan de la reprise économique. Mais, comme le souligne la diplomate européenne, le Maroc est dans une position favorable comme en attestent les chiffres ainsi que l’évolution de la campagne de vaccination.

Le royaume s’est en effet démarqué des autres pays de la région au point que l’UE serait prête à appuyer la production pharmaceutique au niveau national «si des investisseurs sont prêts à s’engager et à répondre aux normes internationales en la matière». Le Maroc est appelé à saisir les opportunités offertes par le nouvel agenda pour la Méditerranée visant à relancer et renforcer le partenariat stratégique entre l’Union européenne et ses partenaires. Un montant de sept milliards d’euros sera alloué pour la région au cours de la période 2021-2027 pouvant mobiliser jusqu’à 30 milliards d’euros en investissement privé et public.

Le Maroc, destination attractive pour les investissements
Quelle sera la part du Maroc ? La répartition budgétaire n’est pas encore connue. Tout dépendra des projets qui seront proposés et mis en œuvre. C’est dans ce cadre que s’inscrivent les discussions en cours pour permettre au Maroc de bénéficier largement de ce nouveau cadre de partenariat qui sera basé sur les différents programmes de l’UE, mais aussi sur les attentes du Maroc, ses priorités et sa nouvelle vision dans le cadre du nouveau modèle de développement. Beaucoup d’opportunités sont à saisir en cette conjoncture spéciale d’autant plus que «le Maroc est considéré comme une destination attractive pour les investissements», selon la responsable européenne. Les perspectives de coopération s’annoncent prometteuses.

Le nouveau plan identifie un certain nombre de «programmes-phares parmi lesquels figure l’appui de l’UE au fonds Mohammed VI pour l’investissement». Plusieurs institutions financières seront mobilisées dont le Fonds européen pour le développement durable «pour contribuer aux opérations du Fonds Mohammed VI». Claudia Wiedey a, par ailleurs, beaucoup insisté sur le volet de l’économie verte d’autant plus que le Maroc a fait des avancées considérables dans ce domaine au cours des dernières années. La coopération en matière d’énergie, d’environnement, de lutte contre le changement climatique et d’économie verte sera, ainsi, «un axe fondamental entre le Maroc et l’UE». Rappelons que l’Union européenne a lancé en décembre 2019 le Pacte vert pour l’Europe pour transformer les défis climatiques en opportunités.

Le Maroc et l’UE ont formalisé ensemble un partenariat vert visant à accompagner la transition vers des sociétés et des modes de consommation plus durables, tout en contribuant aux efforts de croissance et de redressement économique des deux partenaires après la crise sanitaire. Il s’avère nécessaire, selon l’ambassadrice européenne, d’investir dans une reprise verte. Aussi, la transition énergétique sera-t-elle placée au centre des relations bilatérales. Le modèle de coopération sera développé autour de la transition verte «qui soit mutuellement bénéfique et favorise l’émergence d’opportunités économiques et sociales pour les deux parties». À cela s’ajoutent le renforcement et le développement de la coopération triangulaire et Sud-Sud dans ces domaines. Il s’agit aussi d’inciter d’autres partenaires internationaux à rejoindre les deux parties dans leur trajectoire de durabilité.

Par ailleurs, le Maroc et l’UE sont appelés à approfondir les négociations sur d’autres dossiers de la plus haute importance. À titre d’exemple, l’accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) nécessite d’être rediscuté. «Il faut faire une analyse approfondie de l’ALECA pour pouvoir avancer et voir quelles sont les attentes actuelles du Maroc d’un accord commercial avec l’UE», souligne l’ambassadrice. D’autres volets méritent d’être débattus entre les deux parties. Le Maroc a déjà émis le souhait, par la voix du ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, que «la politique européenne de voisinage (PEV) ne soit pas uniquement perçue à travers le prisme financier mais en tant que partenariat réel avec une meilleure implication des pays du voisinage dans les décisions qui vont les impacter».

Bilan du partenariat en 2020

L’Union européenne a débloqué 450 millions d’euros de subventions au Maroc pour faire face à la crise sanitaire. Le défi de la mobilisation de ce financement n’était pas facile à relever, comme il l’a laissé entendre l’ambassadrice de l’UE au Maroc : «on a douté de la réalisation de cette promesse, mais on a finalement réussi à décaisser la totalité du montant». Les subventions ont été dédiées aux secteurs vitaux tels que la santé pour, entre autres, l’achat du matériel médical, l’hospitalisation ainsi que l’achat de médicaments et produits pharmaceutiques. L’appui financier a concerné aussi les foyers vulnérables, les entreprises en difficultés, le système pénitentiaire, la société civile, les migrants vulnérables et les réfugiés.

Jihane Gattioui / Les Inspirations Éco

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