Politique

Maroc : les produits nationaux au coeur des priorités du gouvernement

Un renforcement de la protection de la production nationale semble nécessaire pour accompagner les efforts entrepris en matière d’appui aux entreprises en difficulté. La pression exercée sur les réserves nationales de change impose également de prendre des mesures pour encourager la substitution des importations par la production locale. 

À l’approche de l’ouverture des concertations finales autour du projet du budget 2021 entre le gouvernement et les partenaires sociaux, les mesures destinées à maximiser les chances de survie des produits nationaux, dans le contexte de la propagation de la pandémie de la Covid-19, sont au coeur des priorités. Le gouvernement compte, durant le prochain exercice, appliquer les taux qui s’adaptent au contexte actuel en matière des droits d’importation, notamment pour certains produits finis de consommation (de 30% à 40%), et ce, dans la limite des taux consolidés par le Maroc au niveau de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le principal cheval de bataille est, sans conteste, la préservation de l’emploi dans les secteurs ciblés par le plan de relance, avec plusieurs mesures projetées dans l’objectif d’atténuer les répercussions sociales de la pandémie du coronavirus. Un nouveau traitement comptable devra s’appliquer, qui mettra en valeur les incidences comptables de la pandémie de la Covid-19, en vue de permettre leur étalement sur plusieurs exercices. À souligner que sur le plan fiscal, l’importance significative de ces dépenses liées à la crise sanitaire a poussé l’État à admettre le caractère pluriannuel de leur impact sur la continuité des activités des entreprises et le maintien de leur compétitivité, avec la mise en œuvre de la règle de leur déductibilité du résultat fiscal, à répartir aussi sur plusieurs exercices. Pour certains secteurs économiques qui demeureront en difficulté, même après la levée graduelle de l’état d’urgence sanitaire, le maintien de l’appui du Fonds spécial pour la gestion de la pandémie devrait se poursuivre jusqu’à fin 2020.

Comment doper la demande
La feuille de route du gouvernement destinée à la protection du produit national se réfère à la mise en place de mesures parallèles en faveur du tissu productif. «Ces actions seront accompagnées par le soutien au consommer marocain, incluant marketing et promotion, et accompagnement administratif et fiscal», indique le plan d’action du gouvernement. En matière de droits de douane qui seront appliqués, les barèmes varieront selon le niveau de consommation des produits importés, qui peuvent être un facteur aggravant de la situation économique des entreprises opérant dans le même secteur. L’autre pilier des mesures projetées s’articule autour des programmes prioritaires de transformation digitale identifiés par l’Agence du développement du digital, en tant qu’entité chargée de la mise en œuvre de la stratégie nationale. En ligne de mire, la mise en place du dispositif d’interopérabilité, la dématérialisation et la refonte des processus. Dans ce segment névralgique du plan de relance destiné à la protection des entreprises marocaines figure également l’impulsion aux secteurs cibles et stratégiques, à travers la facilitation d’accès aux marchés privés et publics et la mise en place d’écosystèmes sectoriels digitaux.

Les normes sanitaires très surveillées

La protection du consommateur passera par la mise en place d’un protocole sanitaire pour le transit de l’ensemble des produits finis importés, qui entrent dans la rubrique des produits les plus consommés. À ce titre, les services compétents devront également appliquer scrupuleusement les normes relatives à la gestion des marchandises refoulées pour non-respect des normes sanitaires. À noter que les normes minimales à observer pour les importations s’établissent sur le contrôle physique d’un échantillon des produits importés, notamment alimentaires et agricoles. La concurrence déloyale qui pourrait résulter de certains produits importés obéit, quant à elle, aux exigences imposées par la loi sur la liberté des prix et de la concurrence.

Younes Bennajah / Les Inspirations Éco

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