Politique

L’USFP ressuscite

Pour Driss Lachgar, n°1 du parti de la rose, les résultats des élections sont  un signe qui ne trompe pas sur «la résurrection du parti». 

Même si plusieurs leaders de partis politiques ont préféré ajourner le bilan de leur participation au double scrutin législatif et régional, notamment le PPS et le Mouvement populaire, d’autres n’ont pas manquer de savourer leur performance. C’est le cas de Driss Lachgar, secrétaire de l’USFP, qui affiche la mine des grands jours après le bon score de son parti qui gagne 34 sièges et qui termine 4e après le RNI, le PAM, l’Istiqlal. Un score que la formation va formuler sur une feuille de route durant le prochain mandat. Le secrétaire général de l’USFP a été plus enclin à mettre en relief la coupure opérée par les électeurs durant le double scrutin du 8 septembre. «Les électeurs ont envoyé un message fort durant ces circonstances exceptionnelles, avec près de 9 millions de Marocains qui se sont déplacés aux urnes. Cet acquis important devra renforcer les institutions du pays», a indiqué Lachgar lors de la proclamation des résultats par le département de l’Intérieur. Pour les militants du parti, les efforts qui ont été déployés ont porté leurs fruits. «C’est une résurrection de l’USFP, même s’il est prématuré de commenter nos résultats», indiquent-ils.


Retour sur le devant de la scène
Les résultats obtenus par la formation historique de la gauche ont été fort encourageants pour toutes ses composantes, avec des scores qui se rapprochent de l’ère de l’alternance consensuelle d’Abderrahmane El Youssoufi. «Le parti est revenu sur la scène politique, et nous devons ajourner toute évaluation jusqu’à la proclamation des résultats définitifs. Je peux dire que le slogan «pour une nouvelle alternance», pourra désormais devenir réalisable avec une forte empreinte démocratique et sociale, et avec le soutien du projet royal de la couverture sociale», insiste Lachgar qui affiche une confiance absolue quant à la capacité de son parti de retrouver ses marques à partir de ce mandat. Le repositionnement du parti de la rose s’appuie désormais sur une assise populaire convaincante, et devra permettre à cette formation d’être parmi les acteurs principaux sous la coupole. À noter que le taux de couverture des circonscriptions électorales par l’USFP a été très proche de celui du trio composé du RNI, du PAM et de l’Istiqlal avec 99%, au moment où le pourcentage des candidats du parti a été également impressionnant, avec 5,76% du total des candidatures déposées. Pour rappel, l’USFP n’a pas réalisé ce score depuis 2008, de même que le parti a finalisé un programme électoral qui s’adapte aux priorités tracées par les chantiers de la couverture sociale et la consolidation de l’industrialisation, ce qui le rapproche des vues de plusieurs formations politiques.

Dans ce registre et selon le chef de file du parti de la rose, l’USFP a appelé depuis 2016 à activer le principe de l’alternance, de même que les efforts du parti se sont focalisés sur le changement du paysage politique en partant de cette nouvelle alternance. «Un État fort a besoin d’institutions fortes composées du Parlement et des instances élues, ce qui nécessite des élites politiques dotées de la compétence et de l’intégrité requises pour servir la société marocaine», insiste-t-il.

Les priorités du parti

Ce sont 150 mesures sur lesquelles le parti a obtenu la confiance des électeurs. «Le Maroc d’abord», est la thématique qui a été choisie par la principale formation historique de la gauche. Il s’agit d’un programme articulé autour du pôle social. «L’USFP veut atteindre un système social juste à travers la généralisation de la couverture médicale, ainsi que le renforcement des investissements publics qui sont réservés aux secteurs sociaux», indique le programme du parti qui met le secteur de la Santé au sommet de ses priorités. Le parti compte en effet hausser le budget du département de la Santé d’au moins 10% pour le budget général, et «d’imposer la contribution des collectivités territoriales, dont le budget dépasse 500 MDH, de contribuer à 10% dans les projets sanitaires à vocation locale». Enfin, les mesures aptes à améliorer la compétitivité de l’économie nationale seront au sommet des priorités durant ce contexte de la crise sanitaire, ce qui devra impacter positivement les indicateurs relatifs à l’emploi des jeunes diplômés dans les secteurs émergents. C’est le cas aussi pour les propositions formulées en vue d’améliorer la formation professionnelle qui devra plus que jamais s’aligner aux exigences des stratégies sectorielles.

Younes Bennajah / Les Inspirations ÉCO

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