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Économie mondiale : une reprise difficile en 2021

L’Organisation des Nations unies vient de rendre public son rapport sur la situation et les perspectives de l’économie mondiale en 2021. Selon ses conclusions, les conséquences socio-économiques de la pandémie du coronavirus se feront ressentir pendant des années, à moins que des investissements intelligents ne soient consentis pour la résilience économique, sociétale et climatique afin de garantir une reprise robuste et durable de l’économie mondiale.

L’ONU vient de publier son rapport sur la situation et les perspectives de l’économie mondiale dans ce contexte de crise. Rappelant que l’économie mondiale a chuté de 4,3% en 2020, l’ONU note dans son rapport que la reprise de 4,7% prévue en 2021 parviendra tout juste à contrebalancer les pertes de l’année précédente. Une reprise durable post-crise dépendra d’abord de l’ampleur des mesures de relance et de la rapidité des campagnes de vaccination et ensuite de la qualité et de l’efficacité de ces mesures pour développer une forme de résilience aux crises à venir. Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU a déclaré à ce propos : «Nous faisons face à la pire crise sanitaire et économique depuis 90 ans. Alors que nous déplorons l’augmentation du nombre de décès, nous ne devons pas oublier que les choix que nous faisons aujourd’hui détermineront notre avenir commun». Il a ajouté: «Nous devons investir dans un avenir inclusif et durable fondé sur des stratégies intelligents, des investissements performants et un système multilatéral robuste et efficace plaçant l’humain au cœur de ses travaux socio-économiques». Par ailleurs, le rapport note que les économies des pays développés, dont la croissance de leur productivité était prévue à 4% en 2021, ont connu le pire déclin en 2020 avec une baisse de 5,6% due à l’interruption des activités économiques et par une succession de vagues épidémiques.


Selon les estimations présentées dans le rapport, les pays en développement ont subi, quant à eux, un recul moins brutal de 2,5% et devraient enregistrer une hausse de 5,7% en 2021. Selon le département des affaires économiques et sociales de l’ONU, 131 millions de personnes supplémentaires ont basculé dans la pauvreté en 2020 avec une majorité de femmes, d’enfants et de membres des communautés marginalisées. Les femmes, indique-t-on, comptant, pour plus de 50% des travailleurs dans les secteurs à haut risque et à forte intensité de services, ont un accès limité, voire nul à la protection sociale, pour beaucoup d’entre elles. En outre, le rapport fait savoir que des mesures de relance d’une valeur de 12,7 billions de dollars ont permis d’éviter un effondrement de l’économie mondiale et d’empêcher une nouvelle «grande dépression». Néanmoins, indique le document, la différence d’ampleur entre les plans de relance des pays développés et en développement placera ces derniers sur des trajectoires divergentes en ce qui concerne la reprise. Ainsi, les fonds de relance par habitant dans les pays développés sont environ 580 fois plus élevés que ceux des pays les moins avancés (PMA), alors que le revenu moyen par habitant des pays développés n’est que 30 fois plus élevé que celui des PMA, fait savoir la même source qui relève que cet écart considérable met en évidence la nécessité de renforcer la solidarité et le soutien à l’échelle internationale, et notamment d’alléger la dette des pays les plus vulnérables.

Pour ce qui est du commerce mondial, l’ONU souligne dans son rapport qu’il a diminué d’environ 7,6% en 2020 dans le cadre de «perturbations majeures des chaînes logistiques et des flux touristiques internationaux», non sans préciser que des tensions commerciales persistantes entre les principales économies et l’impasse des négociations commerciales multilatérales entravaient déjà les échanges mondiaux avant la pandémie.

Pour sa part, Liu Zhenmin, secrétaire général adjoint du département des Affaires économiques et sociales des Nations unies a déclaré : «La crise actuelle rappelle l’importance de ranimer un système commercial multilatéral réglementé pour remettre l’économie mondiale sur la trajectoire d’une reprise robuste et durable». «Nous devons rendre le commerce international résistant aux bouleversements pour assurer que les échanges restent le moteur de la croissance pour les pays en développement», a-t-il ajouté. Pour Elliot Harris, économiste en chef et sous-secrétaire général de l’ONU chargé du développement économique, la gravité de la crise laisse présager une reprise lente et douloureuse. Et de poursuivre : «Alors que nous entrons dans une longue phase de redressement débutant par le lancement des vaccinations contre la Covid-19, nous devons commencer à stimuler des investissements à long terme, traçant la voie vers une reprise plus vigoureuse». Il estime que ces investissements devront être accompagnés de politiques budgétaires permettant d’éviter une austérité prématurée, d’une redéfinition du cadre de viabilité de la dette, de régimes de protection sociale universelle et d’une accélération de la transition vers l’économie verte. Pour finir, le rapport met en avant les possibilités qui s’offrent aux pays en développement s’ils parviennent à donner la priorité à des investissements faisant progresser le développement humain, à tirer parti de l’innovation et de la technologie, et à renforcer les infrastructures, notamment en créant de solides chaînes logistiques. Il révèle, en outre, que si la majorité des dépenses de relance ont servi à protéger les emplois et à soutenir la consommation courante, elles ont également alimenté des bulles d’actifs partout dans le monde et ainsi entraîné de nouveaux records d’indices boursiers au cours des derniers mois. Maria-Francesca Spatolisano, sous-secrétaire générale du DAES à la coordination des politiques et aux affaires inter-organisations dira : «Favoriser une croissance inclusive et équitable, réduire les inégalités et renforcer la durabilité environnementale est le meilleur plan dont nous disposons pour nous relever de cette crise et protéger le monde des crises à venir. Le renforcement de notre résilience doit guider chaque aspect de la reprise, et nous constaterons que les femmes joueront un rôle crucial en tant que promotrices de la résilience». 

Mariama Ndoye / Les Inspirations Éco

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