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Cacao ivoirien : les avantages fiscaux octroyés aux broyeurs prolongés d’un an

L’État ivoirien a décidé de reconduire, pour un an, les avantages fiscaux octroyés aux broyeurs de fèves de cacao. Objectif : inciter à transformer toujours plus. 

Pour inciter l’industrie à transformer localement la moitié du cacao du pays, la Côte d’Ivoire a mis en place, en 2017, une taxe à l’exportation indexée sur le niveau de transformation. Dans le jargon de la filière cacao, on l’appelle le DUS, Droit unique de sortie différencié. Le broyeur est taxé au maximum s’il exporte de la fève, un peu moins pour de la masse de cacao, encore moins pour de la poudre et, plus du tout, s’il a transformé le cacao en chocolat. Autrement dit, l’État renonce à un petit pourcentage de ses taxes douanières, en échange d’investissements de la part du broyeur qui s’engage, via une convention, à augmenter ses volumes transformés sur place, selon un barème lié à la capacité existante de l’usine.


Huit géants du broyage bénéficient du DUS
C’est ce dispositif qui a expiré au mois de mars et qui vient d’être reconduit pour un an : une mesure prise parce qu’elle s’est révélée efficace, disent les autorités, qui avancent le chiffre de 14% d’augmentation du broyage entre 2017 et 2019. Mais cette année de plus va aussi permettre à l’État d’évaluer les bienfaits du dispositif, explique un broyeur. L’idée étant de savoir si les avantages octroyés aux huit industriels signataires sont bénéfiques à l’économie locale. On sait déjà qu’en termes d’emplois, le gain n’est pas énorme. Du coté des broyeurs-exportateurs, ce sont les multinationales qui en profitent le plus. Les plus petits broyeurs locaux ne se sentent, à ce stade, pas concernés car ils n’ont, pour la plupart, pas les moyens d’augmenter leurs capacités de transformation à la hauteur de ce qu’exige la convention. Leur problématique est plutôt d’écouler le cacao qu’ils transforment déjà, explique l’un d’eux.

En amont, des planteurs toujours à la peine
Si cette taxe différenciée n’est pas adaptée aux petits broyeurs, elle ne profite pas non plus à ceux qui sont en amont de la chaîne de transformation, les planteurs. Cette année encore, le prix officiel payé aux cacaoculteurs -825 FCFA, le kilo de fèves pour la campagne 2021/2022- n’est pas respecté dans plusieurs régions, déplore François Ruf, économiste de la filière.

Sami Nemli avec agences / Les Inspirations ÉCO


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