Monde

Boycott des J.O d’hiver : quelles conséquences diplomatiques ?

Les Etats-Unis ont annoncé un «boycott diplomatique» des Jeux olympiques d’hiver de Pékin au nom de la défense des droits de l’Homme, notamment pour le traitement des minorités musulmanes que Washington considère comme une forme de génocide.

Le boycott d’une manifestation sportive de la dimension des Jeux olympiques a des répercussions conséquentes sur la diplomatie entre les États. Ainsi, pendant la durée du boycott, l’administration Biden n’enverra pas de diplomate américain ou de représentant gouvernemental aux Jeux. En effet, les hôtes olympiques profitent traditionnellement de l’attention mondiale procurée par cet évènement pour recevoir la visite de dirigeants ou d’officiels étrangers. Les allégations selon lesquelles la Chine aurait soumis les minorités musulmanes du Xinjiang à des détentions massives, au travail forcé et à d’autres abus rendent impossible politiquement la présence d’un fonctionnaire américain dans les tribunes de Pékin en février.


Le boycott devrait atténuer la pression sous laquelle se trouve le président Joe Biden aux États-Unis, sans pour autant pénaliser les athlètes américains ou briser complètement les relations déjà fragiles entre les deux géants économiques. Il s’agit donc d’un affront avec beaucoup moins d’impact que le boycott intégral préconisé par certains législateurs et groupes de défense de droits américains, qui interdirait de fait la participation des athlètes, des entraîneurs et des responsables d’équipe aux J.O.

Pas d’impact sur les Jeux.
En annonçant le boycott, la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a souligné que les athlètes américains étaient libres de concourir et que «nous les soutiendrons à 100% en les encourageant depuis chez nous». Les membres de l’équipe des États-Unis ainsi que leurs entraîneurs, formateurs et autres membres du personnel continueront de bénéficier d’une assistance consulaire et diplomatique, a déclaré un porte-parole du département d’État, et rien n’indique que leurs hôtes chinois les traiteront différemment. Généralement, les politiques de premier plan se rendent rarement aux Jeux d’hiver, et leur nombre risque d’être encore plus restreint en raison des restrictions anti-Covid très strictes. Aucune décision similaire n’a été annoncée, mais les alliés proches des États-Unis, à l’instar de la Grande-Bretagne, l’Australie et le Canada – qui ont tous vu leurs relations avec Pékin se refroidir ces dernières années – l’envisageraient. Mais le poids économique et politique croissant de la Chine dans le monde devrait dissuader la plupart des autres pays de s’y joindre. Enfin, l’impact majeur de chaque boycott s’est fait sentir dans l’octroi des médailles, chaque camp raflant l’or en l’absence de l’autre.

Sami Nemli / Les Inspirations ÉCO


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