Culture

Photographe sans frontières : Leila Alaoui fauchée par la barbarie

Leila Alaoui nous a quitté lundi 18 janvier. Elle faisait partie des victimes de l’attentat de Ouagadougou survenu le 15 janvier. Le Maroc et le monde de la photographie a perdu un talent unique.


Elle faisait partie de cette génération talentueuse et engagée dans les combats pour le bonheur de l’humanité. Leila Alaoui, photographe et vidéaste franco-marocaine de renommée internationale se trouvait au mauvais endroit, au mauvais moment. Elle était sur la terrasse du Capuccino à Ouagadougou, le 15 janvier, quand des terroristes se sont attaqué à l’hôtel du Splendid, arrosant de leurs balles meurtrières les alentours de l’établissement. Blessée par balles et rapidement prise en charge, on pensait qu’elle survirait à la barbarie qui a frappé la capitale du Burkina-Faso. Sa mère, Christine Alaoui, avait fait le déplacement pour la rapatrier en France.

Malheureusement, elle a succombé à un arrêt cardiaque dans la nuit du 18 janvier. La nouvelle a été relayée en boucle sur toutes les chaines du monde et les sites d’information. Elle avait tout juste 33 ans. Reconnue dans son milieu professionnel, son oeuvre a été exposés à New-York, Dubaï ou encore à l’Institut du monde arabe à Paris. Elle vivait entre Marrakech et Beyrouth. Son travail explore la construction d’identité, les diversités culturelles et la migration dans l’espace méditerranéen. Elle utilise la photographie et l’art vidéo pour exprimer des réalités sociales à travers un langage visuel qui se situe aux limites du documentaire et des arts plastiques.

Photographe sans frontières, elle était en mission au Burkina Faso pour Amnesty International. Elle devait aussi participer à la Biennale de Marrakech en présentant son projet «Crossings» : une installation vidéo multi-écrans qui explore l’expérience des migrants subsahariens ayant quitté leurs pays dans l’espoir de trouver une vie meilleure. Filmée du point de vue de l’imaginaire des migrants, l’installation mêle des voix off, des portraits statiques ainsi que des paysages vidéo reconstruits. Une expérience immersive dans la mémoire collective d’une minorité oubliée. Le vernissage était prévu le 28 février à l’ESAV de Marrakech. Le rapatriement de sa dépouille sera pris en charge par SM le roi, Mohammed VI.  


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