Culture

Merci Abderraouf !

Mardi soir, le Festival international de Marrakech a rendu un bel hommage à Abderrahim Tounsi alias Abderraou, qui affiche une fabuleuse carrière.  


Il a fait rire des générations entières, rassemblé des familles devant le poste de télévision, inspiré des carrières. Il aimait jouer «l’idiot du village» pour faire passer des messages forts sur les maux de la société comme la corruption, les lenteurs administratives, le chômage, la malhonnêteté…Et comme l’a si bien dit Hanane Fadili, qui a remis le prix à son idole et à son maître : «Au Maroc, quand les rues étaient désertes, c’était pour deux raisons : soit l’équipe nationale  jouait un match important, soit Abderraouf était à la télévision le soir. Avec le foot, on perd, on gagne.

Avec Abderraouf, on rit et on gagne toujours !». Des mots qui vont droit au cœur du public, mardi soir. Une salle en délire qui se lèvera pour accorder une standing ovation au monstre sacré de l’humour marocain. Un humoriste dont le talent n’a pas été assez exploité à l’écran. «Permettez-moi d’ouvrir une parenthèse, pourquoi les réalisateurs marocains ne puisent pas dans le monde de la comédie et n’exploitent pas assez les humoristes ?», dénonce Hanane Fadili dans son message hommage à Abderraouf. Le réalisateur Nassim Abassi est un des seuls à avoir fait confiance au Charlie Chaplin marocain. «C’est un acteur formidable, qui a tellement à donner au cinéma marocain. Il peut tout jouer», confie le réalisateur de «Mon oncle», projeté ce mardi soir après l’hommage.

Un film sans prétention, sincère sur la vie pas toujours facile des comédiens et comédiennes marocains avec Alia Erkab qui se bat pour avoir un premier rôle, Abderrahim Tounsi, son oncle maladroit qui va chambouler sa vie, aidé par une belle pléiade d’acteurs tels que Manal Essaddiki, Souad Alaoui, Ibtissam Laaroussi, Majid Lakroun, Mohamed Khiari, Aziz Dades, Abderrahim Berradi, Noureddine Bikr, Brahim Khay, Hajar Chergui, Rabii Benjhaile, Narjiss El Hallak, Najat Khairallah, Rabii Benjhail, Chicha Abdellah ou encore Salah Aougrout. Nassim Abassi a voulu, à travers cette actrice qui n’a aucun contact dans le milieu et que son talent pour réussir, montrer les difficultés du milieu du cinéma depuis les castings approximatifs, les plateaux de tournage non professionnels aux producteurs véreux, et réalisateurs qui s’improvisent dans le métier en passant par des acteurs choisis pour les mauvaises raisons. Un milieu certes difficile mais pas toujours accepté.

Le réalisateur marocain tente de montrer les différents points de vue et la perception de ce métier selon les gens. Le public pas très précis qui la reconnaît sans vraiment la reconnaître, le métier qui ne la respecte pas assez, ses futures beaux parents qui lui posent un ultimatum : si elle souhaite devenir la femme de leur fils, arrêter sa carrière pour se consacrer à sa famille. Le réalisateur se permet également de faire des clins d’œil aux anciens du métier, de dénoncer les conditions des acteurs et des gens qui décident de choisir le cinéma pour vivre. Alia Erkab est très convaincante dans le rôle de cette actrice qui souhaite poursuivre sa passion jusqu’au bout. Un film plein d’humanité, sincère, qu’Abderraouf sublime de son charisme, de son humour décalé, de ses mimiques légendaires et de son sens inné de la comédie. L’acteur prouve qu’il peut être dans la dramaturgie, il peut faire pleurer comme il peut faire rire. Une soirée pleine d’émotions où la grande famille du cinéma est venu dire «Merci» à ce grand monsieur à qui on n’a pas donné la place qu’il méritait avant que le Festival international du film de Marrakech ne remette les choses en place. Merci Abderraouf ! 


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