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Stratégie : Green Watech, le low-cost en faveur de l’assainissement

Fondée en 2018 et lancée en 2019 par deux ingénieurs marocains, Green Watech est une entreprise sociale qui propose une nouvelle solution pratique, éco-innovante et efficace. Celle-ci est basée sur la filtration de l’eau en utilisant des matériaux disponibles et low-cost en vue de leur réutilisation pour l’irrigation. Zoom sur une stratégie «durable»

La startup Green Watech, spécialisée dans l’assainissement et le traitement des eaux usées, a été co-fondée par Dr Salma Bougarrani, titulaire d’un doctorat en environnement et traitement des eaux de l’université de Leipzig (Allemagne) et de l’Université Mohammed V, et par Dr Lahbib Latrach, titulaire d’un doctorat en environnement et gestion de l’eau de l’Université Cadi Ayyad. L’entreprise propose une nouvelle solution pratique, éco-innovante et efficace basée sur la filtration de l’eau en utilisant des matériaux disponibles et low-cost en vue de leur réutilisation pour l’irrigation.


Une technologie low-cost et eco-friendly
Salma Bougarrani, co-fondatrice et directrice générale de Green Watech, explique la vocation de ce concept: «Green Watech a mis en place une technologie low-cost et eco-friendly pour faire face à la menace persistante de l’insuffisance de l’eau et au manque de l’accès à l’assainissement liquide». En somme, le challenge pour Green Watech est de permettre l’accès au droit fondamental d’assainissement. «Ce nouveau procédé nommé ‘’filtre à sol’’ consiste à collecter les eaux usées domestiques au niveau des petites communautés et villages dans le milieu rural et para-urbain, pour les traiter et les réutiliser pour l’irrigation», continue la directrice générale. Pour ce faire, l’entreprise utilise un système basé sur une superposition des briques permettant de produire une eau de qualité qui peut être réutilisée en toute sécurité dans l’irrigation. Notons également que Green Watech détient un brevet maroco-japonais pour le traitement et la réutilisation des eaux usées.

Une solution écologique, durable et économique
«L’application du procédé de filtre à sol offre une solution écologique, durable, efficace et économique en raison de son coût réduit d’investissement et d’entretien», relève Bougarrani. En effet, grâce à la technologie Green Watech, les coûts d’implémentation sont réduits de 30 à 35%. L’entreprise utilise 35% à 40% moins de surface, ce qui réduit proportionnellement le coût du foncier. De plus, «les frais de maintenance sont réduits à 50% – 60%, aucune facture d’électricité n’est à payer, la consommation en eau est réduite d’environ 70% via la réutilisation des eaux usées traitées en irrigation», ajoute la startuppeuse. Autre avantage mis en avant, celui d’une économie en matière d’utilisation de fertilisants pour l’agriculture et une réduction de gaz à effet de serre. «En prenant en compte les cinq critères suivants: coût de l’implémentation, prix du foncier, frais de maintenance, facture d’électricité et facture en eau, on peut constater que l’implémentation de la solution Green Watech permet un retour sur investissement, à partir de la cinquième année, par rapport aux solutions concurrentes», souligne Salma Bougarrani.

Trois stations d’épurations
Depuis son lancement, Green Watech a déjà implémenté des projets à Marrakech, Laâyoune et Dakhla. Ceci dit, les fondateurs, nourrissant l’ambition de faire de Green Watech une référence dans l’assainissement low-tech, annoncent des projets en cours, à Rabat, Casablanca et Settat. En outre, le projet a déjà mis sur pied trois stations d’épurations au profit de Dar Taliba Ourika, la ferme agricole Saadbou et la ferme constructive. Green Watech a également réalisé cinq études d’impact sur l’environnement.

Quid du programme national d’assainissement liquide ?

Au Maroc, le secrétaire d’État chargé du Développement durable, le ministère de l’Intérieur et le ministère de l’Économie et des finances ont lancé, en 2005, le Programme national d’assainissement liquide et d’épuration des eaux usées (PNA). Ce programme s’est fixé comme objectif d’atteindre, aux horizons 2020 et 2030, un taux de raccordement global au réseau d’assainissement en milieu urbain de 80% et un volume des eaux usées traitées de 60%. Par ailleurs, le PNA consiste en la réhabilitation et l’extension du réseau, le branchement et le renforcement du réseau pluvial ainsi que la réalisation des stations d’épuration (traitement primaire, secondaire voire tertiaire) pour équiper 330 villes et centres urbains avec un total dépassant les 10 millions d’habitants. Son coût global est de l’ordre de 50 MMDH jusqu’en 2020.

Mariama Ndoye / Les Inspirations Éco

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