Éco-Business

Sécurité sanitaire : Les céréales passés au crible de l’ONSSA

L’Office se penche sur l’évaluation des risques liés à la présence des mycotoxines dans les céréales et leurs dérivés. Une étude minutieuse sera élaborée dans ce sens.

L’ONSSA avait fermement réagi à propos de l’affaire du «couscous contaminé par des champignons». Aujourd’hui, elle décide de faire ,une fois pour toute, la lumière sur cette question. Après la polémique sur l’existence sur le marché de couscous contaminé, l’Office national de la sécurité sanitaire s’était en effet montré réactif en expliquant que le couscous produit au Maroc et distribué dans 45 pays dans le monde ne contient aucunes mycotoxines à la production, ni de champignons ou de moisissure d’aucune sorte. L’Office avait aussi assuré qu’aucune anomalie n’est à relever, ni de menace qui conduirait à de supposées intoxications liées à la consommation du couscous contrôlé par ses soins.


Aujourd’hui, il semble que l’Office veuille couper définitivement court aux interprétations faites à partir des éléments préliminaires d’une recherche scientifique qui avait été à l’origine de cette polémique. L’ONSSA ne se cantonne pas au couscous et souhaite étudier de près les risques liés à la présence des mycotoxines (les Afllatoxines et l’Ochratoxine A) dans les céréales et leurs dérivés (blé dur, blé tendre, farines, etc…). Cette étude fait ainsi l’objet d’un appel d’offres par lequel l’Office s’adjoindra les service d’un prestataire externe.

Tout un process !
L’objectif, selon les termes de référence de l’étude, est de passer au crible les produits alimentaires les plus couramment consommés au niveau national «en vue d’évaluer le niveau d’exposition du consommateur et des animaux» aux mycotoxines. Par là, l’organisme en charge de la sécurité sanitaire souhaite tracer des plans de contrôle ciblés et renforcer les plans de surveillance déjà en oeuvre.

Pour cela, près de 500 échantillons de céréales et leurs dérivés seront prélevés pour être étudiés, au niveau de différents lieux par lesquels transitent ces produits (poste d’inspection frontalier, minoterie, rahba, champs, etc…). Entre autres étapes de conception de cette étude, l’ONSSA souhaite également que soit évaluée l’exposition du consommateur marocain et de la volaille au danger des Aflatoxines et de l’Ochratoxine A dans les céréales et leurs dérivés en se basant sur des données de consommation (panier alimentaire) fiables. Après de multiples tests et recherches, les experts qui seront en charge de cette étude devront également formuler à l’ONSSA des recommandations devant permettre de cibler et d’orienter le contrôle desdites toxines dans les filières des produits précités et ce en accord avec les normes internationales (fixation des LMR, plan de surveillance, type…). d’échantillonnage. Notons que cette étude sera conduite de façon échelonnée compte tenu de la diversité des aspects qui lui sont liés. Les conclusions qui en découleront «serviront de base à l’émission de recommandations et à une aide précieuse à la prise de décision en matière de surveillance et de gestion des risques liés aux mycotoxines au Maroc», souligne l’Office.


Quand intervient le risque ?
Au lendemain de la polémique sur l’existence sur le marché de couscous contaminé, l’ONSSA avait tenu à préciser dans un communiqué que la qualité du conditionnement est cruciale. Cet aspect, avait souligné l’Office, s’il n’est pas correctement assuré et quand la semoule est vendue en vrac dans des contenant inappropriés, peut être un facteur de développement de certains éléments indésirables dans un produit destiné à la consommation, au même titre d’ailleurs que les sacs défectueux, débris de sacs, l’humidité, le manque d’hygiène, mais également les chutes, les grains de terre et les cailloux lorsque le couscous est directement mis en contact avec le sol et ses impuretés.


Qu’est-ce que les mycotoxines ?
Les mycotoxines, contaminants naturels des produits alimentaires et d’aliments pour animaux constituent un réel danger pour la santé humaine et animale. Selon les données de l’ONSSA, différents types de mycotoxines (aflatoxines, ochratoxines, etc…) sont produites par des champignons dans la nature et peuvent être présentes à l’état de contaminants dans plusieurs aliments, tels que le maïs, les figues, les arachides, les noix, les raisins et autres fruits secs, les épices, les huiles végétales brutes, les fèves de cacao, les aliments pour animaux, le lait, les viandes et abats, et ce suite à une contamination, par des champignons, avant et après la récolte. Ces mycotoxines engendrent des effets toxiques néfastes (hépatotoxicité, nephrotoxicité, déficience immunitaire, cancérogénicité, etc..) pour le consommateur et les animaux.

Rejoignez LesEco.ma et recevez nos newsletters


Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page