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Ramadan : La consommation et les prix s’envolent

Les ménages dépensent plus d’un tiers de plus en alimentation durant le mois sacré. Une forte demande sur les produits alimentaires qui chamboule la structure de consommation et se traduit par une hausse importante des prix.

Les Marocains consomment sans modération durant le mois de ramadan et du coup les prix montent en flèche. C’est le constat dressé par le Haut-commissariat au Plan (HCP). Selon la dernière enquête sur les dépenses de consommation des ménages, réalisée entre juillet 2013 et juin 2014, la dépense de consommation par ménage s’apprécie de 16,3% en moyenne durant le mois sacré. Une hausse qui dépend toutefois du niveau de vie des ménages. En parallèle à cette appréciation globale du panier de la ménagère, le mois sacré est aussi à l’origine d’une configuration substantielle de la structure de la consommation. Ainsi, les ménages dépensent plus d’un tiers de plus en alimentation (+37%). Cette augmentation de la dépense alimentaire touche toutes les catégories de la population et s’accroît au fur et à mesure qu’on avance dans l’échelle du niveau de vie (en passant de 22,5% à plus de 40% entre les deux classes extrêmes).


Très cher panier
Dans ce cadre, les produits qui contribuent le plus à cette dépense supplémentaire sont les fruits (+163%), les viandes (+35%), les céréales (+35%), le lait et les produits laitiers (+47%). Même si cette reconfiguration reste à l’avantage du panier alimentaire, à l’origine de 82% de la hausse constatée de la dépense globale durant ce mois, il n’en reste pas moins que d’autres rubriques de dépenses subissent des modifications importantes. C’est le cas notamment de la rubrique du «transport et de la communication» avec une hausse de 20% de la dépense dédiée, de l’«habitat et l’énergie» (+3,7%).

Autre fait marquant, la dépense d’habillement baisse de 13% en moyenne durant ce mois sacré, notamment en milieu rural (-17,3%). En définitive, la dépense en produits non alimentaires n’augmente que de 4,6%, ce qui est l’apanage essentiellement du changement de comportement des citadins. Par ailleurs, ces changements de comportement auront des impacts sur les évolutions des prix à la consommation. Par référence aux observations des dernières années (depuis 2006), l’appréciation totale que connaîtraient les prix des produits alimentaires durant le mois de ramadan en cours est estimée à 0,6%.

Cet impact global serait ressenti, en grande partie, durant ce mois de juin étant donné que 24 journées de jeûne coïncident avec ce dernier. Les produits qui seraient les plus touchés demeurent les poissons, les œufs et les fruits. Les prix des poissons devraient, en effet, s’inscrire en hausse de 6% durant le mois de juin (1,2% en juillet). L’impact sur les prix des œufs atteindrait 3,3% (0,7% respectivement). Le prix des fruits, en particulier les agrumes et fruits frais, s’inscriraient presque dans la même tendance. Le HCP note toutefois que les estimations menées permettent de conclure à la non signification des effets du mois sacré sur 22 produits alimentaires (sur un total de 32).


 

Entre loi du marché et spéculation
On le sait, le mois de ramadan connaît une très forte demande sur les produits alimentaires. Mais cela justifie-t-il une flambée des prix qui passent parfois du simple au double? Il faut dire que cette année, le mois sacré intervient dans un contexte assez difficile pour plusieurs filières. C’est le cas notamment des œufs, aliment indispensable des tables du ramadan. Durant ce mois, la consommation des œufs augmente de 6% en moyenne. Mais cette année, la grippe aviaire a causé la perte de grands quantités de volaille et, devant la baisse de l’offre, les prix se sont appréciés de près de 10%. Autre produit très sollicité durant ce mois, et qui connaît une hausse vertigineuse: le poisson. Selon le Haut-commissariat au plan, les prix des poissons devraient, en effet, s’inscrire en hausse de 6% durant le mois de juin. Sur nos colonnes (www.leseco.ma), Redouane Rochdi, président de l’Association nationale des mareyeurs grossistes de poissons blancs, expliquait cette hausse par la diminution des ressources. «Depuis un certain temps déjà, la demande est supérieure à l’offre car, disons-le, les ressources ont beaucoup diminué au port de Casablanca en raison de la surexploitation». Avec des côtes de 3.500 km, difficile de donner du crédit à cette version.


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