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Pluies : les agriculteurs retrouvent le moral

Avec la pluviométrie enregistrée ces derniers jours, l’espoir renaît chez les agriculteurs, notamment dans la Région de Fès-Meknès. En effet, sur les 660.000 ha semés en céréales cette année, la région a réussi à sauver plus de 70% de sa production. La situation peut être plus favorable, notamment dans les zones de Saïss et du Moyen-Atlas.

Les dernières pluies font renaître l’espoir dans la Région Fès-Meknès. En effet, la deuxième région de production céréalière du Maroc a moins souffert que la plupart des autres régions. «Sur les 660.000 ha semés en céréales cette année, on trouve que la région a sauvé plus de 70% de sa production», précisent les responsables de la Direction régionale de l’Agriculture (DRA).


Avec la pluviométrie enregistrée ces derniers jours, la situation peut être plus favorable, notamment dans les zones de Saïss et du Moyen-Atlas. De par ces prévisions, le programme de réduction de l’impact du retard des pluies vient d’être lancé dans la région. Dans une première tranche, il porte sur la distribution de 190.000 quintaux d’orge subventionnée et de 11.375 quintaux d’aliments composés. La même note d’optimisme est également affichée dans la filière d’élevage.

D’ailleurs, les professionnels estiment que la situation des parcours devrait s’améliorer. Ce qui se traduirait par une détente sur la demande en orge subventionnée, dont la distribution a commencé dans plusieurs régions.

Les semis directs sauvent la saison
Connu pour leur savoir-faire dans la plantation des variétés de semences résistantes à la sécheresse, les responsables de la DRA remarquent, cette année, que les surfaces menées en semis direct ont fait preuve de résilience à la sécheresse, même en comparaison avec des parcelles irriguées.

Sur un total national de 50.000 ha, le programme du semis direct de la région a porté sur 12.400 ha au cours de la saison actuelle. D’ici 2030, la DRA compte généraliser cette technique sur 200.000 ha. Le semis direct est un système de production basé sur l’élimination de tous les travaux de préparation des sols avant le semis.

De ce fait, l’installation des cultures est réalisée en un seul passage pendant lequel l’engrais de fond et la semence sont déposés à la profondeur désirée à l’aide d’un semoir de semis direct. Ainsi, la productivité de l’eau, du sol et des intrants est meilleure avec moins de consommation en intrants : carburant, machines agricoles, temps de travail, engrais et semences puisque chaque intrant est optimisé, par le dépôt au bon moment et au bon endroit selon les conditions pédoclimatiques.

Outre une économie considérable des coûts de production, cette technique permet une réhabilitation de la fertilité des sols et de leur santé. Au Maroc, plus de 30.000 hectares sont conduits en semis direct pour la seule campagne 2019-2020. Il est à rappeler également que depuis 15 à 20 ans, certains agriculteurs n’ont plus labouré leurs champs respectifs.

Cette technique permet l’amélioration des rendements des céréales de 30% en moyenne et leur stabilisation notamment en année sèche, ainsi que la réduction des coûts d’installation des céréales de 60%.

Des mesures d’urgence
Dans le cadre des mesures d’anticipation de la période de sécheresse durant l’été, la Chambre de l’agriculture de la Région Fès-Meknès a programmé l’acquisition de 150 citernes de deux tonnes pour assurer l’approvisionnement en eau d’irrigation à 197 collectivités territoriales dans le monde rural.

Pour les citernes d’une tonne dédiée à l’approvisionnement en eau potable, la chambre a consacré une enveloppe de 1,5 MDH. Pour les responsables de la chambre, «ces citernes seront distribuées aux groupements professionnels, notant que la priorité sera accordée aux zones qui enregistrent de faibles réserves en eau et qui sont les plus impactées par le manque de précipitations».

Les infrastructures d’irrigation renforcées

La Direction régionale de l’agriculture (DRA) poursuit le processus d’aménagement des infrastructures d’irrigation. Dans ce cadre, une étude de faisabilité pour l’aménagement hydro-agricole de 5.400 ha sera réalisé dans la région de Fès-Meknès.

L’étude portera sur plusieurs composantes, dont un diagnostic précis de l’agriculture, au niveau de ce périmètre, des études topographiques de base et des propositions pour un développement agricole dans cette zone. Le projet devrait permettre ainsi d’insuffler une nouvelle dynamique agricole dans ce périmètre à travers le développement de cultures irriguées et à forte valeur ajoutée.

L’Agriculture entend ainsi mettre à profit les potentialités en termes de ressources en eau qu’offriraient l’Oued Sebou et le barrage Idriss Ier. La région est considérée comme un étant un bassin agricole important. Elle abrite une superficie agricole utile de 1,23 million d’hectares et une superficie irrigable de 193.542 ha.

Dans la région, la superficie équipée en goutte à goutte est de 82.759 ha. Les principales filières agricoles de la région sont les céréales (1,48 million de tonnes), l’olivier (627.726 t) et les rosacées (646.139 t).

Mehdi Idrissi / Les Inspirations ÉCO


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