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Mustapha Tagoulla : “La majorité des opérateurs sont sensibles à la durabilité”

Dans un contexte où les impacts sur l’environnement sont de plus en plus marquants, le Maroc affiche sa volonté de décarboner son économie. SGS Maroc fait partie des entités qui s’engagent à mettre en œuvre tous les moyens pour accélérer la démarche.

Comment SGS peut accompagner les parties prenantes dans le processus de décarbonation(fournisseurs d’énergie, promoteurs,utilisateurs finaux) ?
SGS apporte un accompagnement aux entreprises pour s’assurer qu’elles et leurs partenaires disposent de processus et de systèmes efficaces qui respectent les exigences des parties prenantes en matière de qualité, de santé et de sécurité, de gestion environnementale, de responsabilité sociale des entreprises et d’autres domaines du développement durable.


SGS aide les entreprises à suivre les étapes nécessaires à la mise en œuvre de la décarbonation, à travers une multitude de services qui comprennent, entre autres, des audits énergétiques et des programmes de réduction des émissions carbone pour les actifs existants, un soutien aux projets de captage et de stockage du carbone (CCUS), des services liés à la production, au transport et à l’utilisation de l’hydrogène, ainsi qu’un soutien au développement des énergies renouvelables dans l’objectif d’atteindre la neutralité carbone.

Comment approcher concrètement cette neutralité carbone ?
En s’appuyant sur nos nombreuses années d’expérience dans la mise en œuvre de programmes obligatoires et volontaires de lutte contre le changement climatique à l’échelle internationale, nous pouvons valider la conception des projets pour nous assurer que nos clients réalisent des progrès réels et mesurables à long terme. Nous vérifions les systèmes et les données de monitoring pour s’assurer que les mesures sont complètes, cohérentes, comparables et précises.

Nos capacités comprennent la vérification indépendante de l’empreinte carbone et des déclarations de neutralité carbone. La neutralité carbone est une approche globale qui consiste à mettre en place un plan d’action de décarbonation qui s’étale généralement sur plusieurs années et sur toute la chaîne de valeur liée à l’activité de l’entreprise. Pour ce faire, on a recours au calcul de l’empreinte carbone et à l’analyse de cycle de vie (ACV) des produits qui permettent d’avoir une idée sur le niveau des émissions de gaz à effet de serre ainsi que les impacts environnementaux engendrés, depuis l’acquisition de la matière première, à la production, à l’utilisation, au traitement final, au recyclage, jusqu’à son élimination finale.

C’est-à-dire du berceau à la tombe. Nous accompagnons également les intervenants du secteur du bâtiment dans la réduction des factures énergétiques de leurs bâtiments existants ou nouvellement construits. En effet, SGS dispose d’un large réseau d’experts et d’auditeurs EDGE au Maroc et à travers le monde qui lui permettent d’offrir un service one-stop shop très plébiscité par les clients qui souhaitent une certification qui atteste que leurs bâtiments sont verts.

Quelle est la différence entre les bâtiments conventionnels et verts ?
Il n’existe pas de définition unique et bien précise des bâtiments verts. Toutefois, plusieurs institutions ont approché la question, par exemple, la U.S. Environmental Protection Agency (EPA) définit le bâtiment vert comme étant « (…) la pratique consistant à créer des structures et à utiliser des processus respectueux de l’environnement et efficaces en termes de ressources tout au long du cycle de vie d’un bâtiment : du choix du site à la conception, la construction, l’exploitation, l’entretien, la rénovation et la déconstruction». En prenant en considération les trois dimensions du développement durable : sociale, écologique et économique, cette pratique élargit et complète les préoccupations classiques des bâtiments conventionnels, à savoir l’économie, l’utilité, la durabilité et le confort.

Qu’offre la certification EDGE ?
«Excellence in Design for Greater Efficiencies» ou EDGE est une invention de l’IFC (International finance corporation) appartenant au Groupe de la Banque mondiale, qui consiste en un logiciel gratuit, un standard pour les bâtiments verts ainsi qu’un système de certification. Étant pensé pour les pays émergents, EDGE porte son focus sur la réduction des factures d’eau et d’électricité ainsi que la décarbonation du bâtiment, ce qui offre des avantages indéniables comme le coût moindre de certification et de mise en place par rapport aux systèmes existants qui ont un focus plus large rendant leur processus de certification plus complexe et coûteux.

Un bâtiment certifié EDGE consomme 20% d’énergie et d’eau de  moins par rapport à un bâtiment conventionnel local, ceci est réalisé à travers des solutions d’efficacité énergétique et des stratégies pour économiser l’eau. Les bâtiments certifiés EDGE combattent le réchauffement climatique en limitant les émissions de gaz à effet de serre, grâce à l’utilisation d’une sélection de matériaux plus écologiques et une consommation d’énergie bien maitrisée.

Il existe aussi un niveau plus avancé de EDGE «EDGE advanced» qui certifie que le bâtiment consomme 40% d’énergie de  moins comparé à un bâtiment conventionnel local. Une aubaine si l’on veut réduire ses coûts d’exploitation, notamment, pour les bâtiments énergivores comme les hôtels et les bureaux.

Quelle est la relation des opérateurs marocains avec la durabilité, que ce soit dans le domaine de la construction ou autres ?
La question de la durabilité est aujourd’hui une préoccupation internationale. Le Maroc est un des pays les plus confrontés au défi majeur du réchauffement climatique. La majorité des opérateurs marocains sont très sensibles à la durabilité et ses enjeux environnementaux, sociaux et économiques.

Les actions entreprises par les différents opérateurs marocains ont permis de prendre conscience des notions de durabilité. Néanmoins, ces dernières paraissent insuffisantes, popur le moment,  pour faire face aux obstacles et aux freins qui empêchent l’atteinte des objectifs du développement durable.

Quels sont les freins à dépasser dans ce sens ?
Pour réussir le processus de décarbonation, il est judicieux de passer en revue les freins potentiels. On cite, principalement, la réglementation qui progresse lentement. En effet, depuis le lancement de la stratégie énergétique nationale en 2009, les décrets d’application bloquent le développement du processus, principalement pour la loi 13.09 relative aux énergies renouvelables, l’injection au réseau moyenne et basse tension, entre autres.

Un deuxième aspect aussi important que le cadre réglementaire est le financement vert, les opérateurs ont besoin d’un appui financier plus audacieux et diversifié, malgré les efforts fournis par Maroc PME et les organisations financières partenaires. Finalement, la sensibilisation aux questions liées au développement durable est primordiale pour contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre surtout au niveau des utilisateurs.

En effet, les utilisateurs doivent comprendre les notions de développement durable et avoir conscience de leur empreinte carbone et leurs impacts sur l’environnement, qu’ils soient directs ou indirects.

Sanae Raqui / Les Inspirations ÉCO


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