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Mass Céréales Al Maghreb. Hafid Debbarh: « voici la priorité pour la région… »

Hafid Debbarh. Directeur général de Mass Céréales Al Maghreb

Depuis plus de 13 ans, Mass Céréales Al Maghreb intervient au niveau des ports de Casablanca et Jorf Lasfar qui drainent 80% des importations de céréales au Maroc. Mass Céréales Al Maghreb traite près de 50% des volumes du port casablancais, alors que l’opérateur ne dispose que de 68.000 tonnes de capacité de stockage. Ainsi, l’opérateur investit dans la chaîne logistique avale afin d’apporter à ses clients des solutions logistiques intégrées et efficaces.

Quel est l’apport de la présence de Mass Céréales Al Maghreb au niveau de la région ?
Mass Céréales Al Maghreb opère ses deux terminaux céréaliers aux ports de Casablanca et Jorf Lasfar depuis 13 ans. Ces deux ports, qui font partie de la région Casablanca-Settat, drainent 80% des importations de céréales au Maroc (blé tendre, blé dur, maïs et orge). Et ce, parce que l’essentiel des sites industriels (minoteries, semouleries, usines de fabrication d’aliments composés pour l’élevage) et logistiques (plateformes de stockage) sont situés dans cette région ou dans les régions limitrophes n’ayant pas accès aux façades maritimes (Fès et Meknès par exemple). La mission de Mass Céréales Al Maghreb consiste à assurer la manutention des céréales importées par nos clients, et qui transitent par nos installations, dans les meilleures conditions et dans les meilleurs délais, tout en contribuant à fluidifier le trafic dans ces ports. En intervenant dans la chaîne logistique céréalière au Maroc et grâce à des installations de pointe, nous pouvons affirmer que nous avons grandement contribué aux missions relevant de l’autorité portuaire (Agence nationale des ports), à savoir : assurer aux navires qui y transitent un traitement rapide, respectueux des normes de sécurité et de l’environnement, tout en réduisant les temps d’attente en rade (qui génèrent des surcoûts aux importateurs et des sorties de devises à l’État) et en faisant tendre vers zéro les manquants (différences de poids entre les cargaisons achetées par nos clients et celles qui leur sont effectivement livrées à leurs dépôts).

Cette région est déjà un moteur économique. Pensez-vous qu’il y a encore du potentiel à exploiter ?
Evidemment le potentiel de la région de Casablanca-Settat, bien que celle-ci soit de loin la région la plus active et celle qui contribue le plus au développement socio-économique du Royaume, demeure encore très important. En effet, tant sur le plan industriel, technologique – et je fais référence au digital, à l’intelligence artificielle, à la robotique, etc. – et sur le plan touristique, il y a encore de nombreux gisements et relais de croissance à exploiter. L’entrepreneuriat social ou les innovations sociales sont également de véritables vecteurs de progrès qui peuvent énormément apporter au développement de la région. Nous avons la chance d’avoir une population jeune et citadine. De ce fait, elle peut et doit contribuer à cet élan et à ces défis. Charge à la région et à toutes ses composantes d’œuvrer en symbiose pour y parvenir.

Rencontrez-vous des difficultés au niveau des ports de Casablanca et de Jorf Lasfar ?
Au niveau du port de Casablanca, qui traite 60% des volumes importés au Maroc, soit près de 5 millions de tonnes annuellement, la situation est souvent tendue en période d’importation de blé tendre (en général de janvier à mai et de novembre à décembre). Le reste de l’année, les importations de blé tendre sont interdites pour préserver la commercialisation du blé tendre produit et récolté localement. Mass Céréales Al Maghreb traite près de 50% de ces volumes, alors que nous ne disposons que de 68.000 tonnes de capacité de stockage. Ça signifie que nous faisons tourner près de 40 fois notre capacité par an, ce qui est une performance assez rare. Malheureusement, l’espace qui nous est alloué par le port est réduit et nous sommes à la recherche, avec les autorités de tutelle, d’espace supplémentaire dans la même enceinte, afin d’accroître nos capacités de stockage et donc de traitement des navires. Nous espérons y parvenir bientôt pour un meilleur service rendu à la communauté des importateurs et de meilleurs ratios de productivité du port. Au port de Jorf Lasfar, qui attire 20% des importations annuelles de céréales (soit 1.5 million de tonnes), la situation est différente. Nous avons la possibilité d’augmenter notre capacité de stockage (actuellement de 42.000 tonnes) sur le même site. Nous le ferons en temps opportun.

À votre avis, quelles doivent être les priorités  de la région  aujourd’hui ?
La priorité pour la région dans ce secteur d’activité est de développer la logistique avale. Je m’explique : du fait du caractère saisonnier des importations de céréales au Maroc (afin de préserver les producteurs locaux), les importateurs et industriels se trouvent souvent contraints d’importer des volumes très importants sur des périodes relativement courtes et avec peu de visibilité. Il en résulte durant ces périodes d’importation des temps d’attente en rade assez longs et donc très coûteux, comme je l’ai expliqué plus haut. Je suis convaincu que l’une des solutions consiste à développer des plateformes logistiques (de stockage) multimodales (rail-route) autour des principaux centres d’écrasement et de consommation et que ces plateformes soient gérées comme des centres «de moindre coût» et non comme des centres de profit pour que les importateurs, les industriels et le consommateur final n’en subissent pas les coûts induits. Il faudrait en tout état de cause que ces coûts soient inférieurs à ceux liés aux attentes répétitives en rade. Une gestion communautaire ou coopérative d’une telle chaîne logistique devrait à mon avis répondre à cette problématique.

Qu’en est-il de votre stratégie de développement pour la région ?
Nous tentons de nous inscrire au Maroc dans la stratégie décrite plus haut en élargissant nos capacités de stockage et en investissant dans la chaîne logistique avale afin d’apporter à nos clients des solutions logistiques intégrées et efficaces. Par ailleurs, nous avons une stratégie de développement à l’international et particulièrement en Afrique. Nous inaugurerons notre première plateforme de stockage et d’ensachage de céréales et de riz au cours du 1er semestre 2022 à Dakar, plus précisément à Bargny qui accueillera à terme le plus grand port vraquier et minéralier du pays. Nous sommes également à l’affût d’autres opportunités sur le continent avec toujours le même credo : apporter des solutions efficientes aux importateurs de céréales pour faire en sorte que les marchandises importées parviennent aux industriels et donc aux consommateurs dans les meilleures conditions de coût et de respect de l’environnement.

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