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Marsa Maroc : l’activité boostée par le transbordement

Invité au cycle de webinaires organisé par la Bourse de Casablanca et l’Association professionnelle des sociétés de bourse, Mehdi Chakir, analyste à CFG Marchés, a présenté ses perspectives de croissance du groupe Marsa Maroc. Selon lui, en plus du segment conteneurs, la nouvelle activité du transbordement devrait «significativement» participer à l’amélioration de la productivité de l’opérateur.

Les webinaires entrant dans le cadre du cycle «Saison de publication des résultats : bilan et opportunités d’investissement», organisé par la Bourse de Casablanca et l’Association professionnelle des sociétés de bourse (APSB) s’enchaînent. Après une première conférence dédiée aux perspectives macroéconomiques animée par CDG Capital, c’était au tour de CFG Bank de présenter son webinaire autour du thème «Marsa Maroc vers une internationalisation de l’activité avec Tanger Med II».


L’occasion pour Mehdi Chakir, analyste senior au sein de CFG Marchés, d’analyser l’activité de l’opérateur portuaire et d’en dresser les perspectives. Dans son plaidoyer, Chakir présente l’activité du groupe comme un pivot de l’économie marocaine puisqu’elle «permet de fluidifier les échanges commerciaux à la fois au niveau de la demande de l’économie marocaine et de ses exportations», souligne-t-il. Selon lui, le groupe jouit également d’un rayonnement au niveau régional en lien avec sa capacité «à capter les différentes dynamiques des différentes régions». Autant d’éléments qui ont permis au groupe de maintenir un certain niveau d’activité et de rentabilité, surtout en ces temps de crise. D’ailleurs, les résultats du groupe ont été en partie portés par l’activité «conteneurs» qui, selon Chakir, est «un des segments les plus rémunérateurs du business model de Marsa Maroc». Celui-ci a en effet connu une évolution assez importante sur les cinq dernières années, portée entre autres par la hausse des importations à l’échelle nationale en lien avec l’amélioration de la situation économique chez ses principaux partenaires commerciaux. La performance du trafic des conteneurs a également été boostée par la mise en service de nouvelles capacités de traitement (le TC3PC et le quai nord d’Agadir) face à la quasi-saturation des capacités de l’unique concurrent de Marsa Maroc sur ce segment.

«Avec un taux d’utilisation très bas (54%), les perspectives de croissance sur ce segment demeurent très attrayantes», souligne Chakir qui rappelle que, jusque-là, aucune nouvelle installation n’est programmée durant les dix prochaines années, selon le ministère de l’Équipement.

Le trafic manutentionné par Marsa Maroc pourrait cependant afficher une légère baisse de 2% en 2021, selon CFG Bank, en raison notamment du recul de 7% des volumes de vrac solides, en lien avec une normalisation du trafic de céréales, de la reprise progressive des volumes de vrac liquides (avec une croissance de 4%) ainsi qu’une légère hausse sur le segment conteneur (+1%). À cela s’ajoute la baisse de 8% des trafics conventionnels, impactés essentiellement par les importations de produits sidérurgiques limitées par des mesures d’antidumping. Suite à ces éléments, CFG Bank table sur baisse du trafic global traité par Marsa Maroc de près de 3% en 2021, avant de connaître une reprise en 2022. Par ailleurs, selon Chakir, le plein potentiel de Marsa Maroc devrait être atteint durant les années à venir grâce au lancement de la nouvelle activité de transbordement cette année. «Le transbordement, c’est la manutention des conteneurs. Tanger Med s’est spécialisé dans cette activité parce que le Maroc dispose d’une localisation géographique qualifiée d’optimale. Le transbordement est une étape logistique qui permet aux chaînes maritimes d’optimiser le coût de transport». Tanger Alliance devrait ainsi bénéficier de l’attractivité de sa position géographique et des avantages compétitifs de Tanger Med pour afficher un taux d’utilisation important.

«La semaine dernière, le top management de Marsa Maroc a annoncé pouvoir atteindre un taux d’utilisation de 60% dès la première année, ce qui devrait se traduire par le traitement de près de 9.000 conteneurs», explique Chakir.

Côté perspectives, «tous ces éléments prévisionnels feraient que la rentabilité du groupe devrait connaître à court terme une légère dégradation, plus précisément au niveau des taux de marge qui devraient être impactés par le lancement de Tanger Med II. Cela se traduirait par une dilution de la marge globale générée par la partie Gateway et se traduirait par une baisse des résultats», souligne l’analyste. Toutefois, ajoute-t-il, «si on ajuste les résultats de l’année dernière avec la contribution au fonds Covid de près de 300 MDH, cette dilution ne se ferait pas sentir et le groupe connaîtrait une hausse mécanique de son résultat, avec un RNPG qui devrait passer de 292 MDH en 2020 à près de 464 MDH en 2021». Tenant compte de ces estimations, CFG Bank recommande de conserver le titre dans les portefeuilles avec un cours de cible de 235 DH, «ce qui reste assez proche de la valeur actuelle». L’action s’échangeait au cours de la séance du mercredi 12 mai à 239 DH. 

Aida Lo / Les Inspirations Éco

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