Éco-Business

Marché de l’occasion : une belle croissance en perspective !

Le PLF 2023 table sur une hausse de 33,36% des recettes de droits de mutation (dans leur globalité), lesquels devraient passer de près de 6,6 MMDH en 2022 à 8,8 MMDH en 2023. Qu’est-ce que cela signifie concrètement?

Le marché de l’occasion a le vent en poupe ! Et au vu des prévisions, ses ventes devraient progresser de manière considérable l’année prochaine. Le PLF 2023 table, en effet, sur une hausse de 33,36% des droits de mutation, indicateur-clé de l’activité sur le marché de l’occasion.

Une évolution spectaculaire dans la mesure où PLF 2022 prévoyait, par exemple, une baisse de 0,72% de cette catégorie de recettes, de 6,646 MMDH à 6,598 MMDH. Pour les PLF 2021 et 2020, les évolutions des prévisions des recettes des droits de mutation, s’élevaient respectivement, quant à elles à +22,74% et +15,74%. Changements de propriétaire de biens immobiliers, d’automobiles,… toutes les ventes sont concernées et doivent donc passer à la caisse.

Pour rappel, les droits de mutation consistent en une taxe à verser à l’administration fiscale lors du changement de propriétaire d’un bien immobilier ou d’un véhicule. Ils sont dûs lors de l’achat d’un bien, ou lors de sa transmission par donation ou succession. Pour faire simple, disons que cet impôt est adossé à la formalité de changement de propriétaire.

Toujours selon le PLF 2023, les recettes y afférentes devraient grimper de 6,598 MMDH en 2022 à 8,8 MMDH en 2023, alors que la prévision la plus optimiste, dans l’agrégat droits d’enregistrement et de timbres, table sur une hausse de seulement 4,85% pour la taxe sur les contrats d’assurances (hors droits de mutation). Cela dénote que la demande sur le marché de l’occasion ne devrait pas s’essouffler en dépit du contexte économique difficile. Une consommation qui, malgré la crise, ne semble donc pas montrer de signe de faiblesse.

Les véhicules d’occasion ne vont pas être boudés par les consommateurs !
S’il y a bien un marché où la demande sur les produits d’occasion connait une vigueur sans précédent, c’est bien celui de l’automobile. L’afflux de nouveaux acteurs, comme Autocaz by Auto Hall, Otoclic, et bien d’autres qui s’y positionnent, n’est d’ailleurs pas étranger aux belles perspectives de croissance qui s’annoncent sur ce marché, à l’heure où le neuf fait face à la pénurie de pièces et composants automobiles.

Contacté par Les Inspirations Éco, Tarik El Khaiter, expert juridique technique pour automobiles et dirigeant du cabinet d’expertise Amghar, nous livre quelques éléments d’explication : «Actuellement, avec la crise économique, c’est surtout la classe moyenne qui a ressenti l’augmentation du coût de la vie. Globalement, la demande va se tourner vers le marché de l’occasion, où les prix sont plus abordables.

Du coup, les recettes des droits sur les mutations vont augmenter de plus en plus. D’abord, par effet structuré, les ménages ne vont plus se permettre d’acquérir des voitures neuves, à cause de restrictions sur le crédit, compte tenu de l’augmentation du taux directeur et du durcissement des conditions d’octroi de crédit. Ce qui signifie que les acquéreurs vont diminuer en nombre.

Ensuite, par l’effet de la crise, nombre de ménages vont se débarrasser de leur voiture de luxe. Séparation qui va se faire dans la douleur, d’une part à cause besoin en financement et d’autre part, par rapport au prix des carburants à la pompe, qui va peser lourdement sur les budgets initialement prévus par les ménages. Du coup, ce sera la double peine pour ces derniers. D’un côté, les prix à la pompe et de l’autre, le coût de la vie qui va obliger certains à se séparer de leurs véhicules».

Immobilier : résistance de la consommation dans le contexte inflationniste
Dans l’immobilier, la baisse des prix constatée sur le marché de l’immobilier ancien, au premier trimestre 2022, a contribué à dynamiser quelque peu les transactions sur ce segment. Et dans un contexte marqué par la flambée inédite d’instabilité des prix des matières premières et de certains matériaux et équipements essentiels utilisés dans les projets – comme vient d’alerter la Fédération nationale du bâtiment et des travaux publics (FNBTP) et bien d’autres professionnels – il s’en est suivi une hausse des prix du neuf, qui tend à se poursuivre et à s’accélérer.

L’Indice des prix des actifs immobiliers, publié par Bank al-Maghrib et l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC), relatif au deuxième trimestre 2022, ressort en hausse de 0,2%, en lien avec l’augmentation de 0,3% des prix du résidentiel et de 1,1% de ceux des biens à usage professionnel. En glissement annuel, celui des prix des actifs immobiliers s’est apprécié de 0,4% par rapport au deuxième trimestre 2021, résultante de la diminution de 0,2% du résidentiel et de 0,4% des biens à usage professionnel.

Pour ce qui est du nombre de transactions, il a baissé de 22,5%, en liaison avec le repli de 20,4% des ventes de biens résidentiels. En revanche, les ventes de biens à usage professionnel ont progressé de 7,2%. Autre avis, celui de Mubawab. Il ressort de son bilan, au troisième trimestre 2022, du marché marocain de l’immobilier, que la baisse des prix de l’immobilier ancien constatée dans son bilan du deuxième trimestre s’inverse au troisième trimestre. Globalement, les prix de l’ancien ont augmenté en moyenne de 3% entre le 2e et le 3e trimestre 2022.

«Cette augmentation des prix de l’ancien est essentiellement tirée par la hausse que connaissent les prix des villas (8% en glissement trimestriel)», explique le rapport.

Les appartements anciens, qui représentent un pourcentage important de l’inventaire global de Mubawab, sont également sur la même tendance haussière (+2% en glissement trimestriel et 1% en glissement annuel).

Modeste Kouamé / Les Inspirations ÉCO
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