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Les grands défis de la CNT

Sans surprise, Abdellatif Kabbaj et son co-listier Fouzi Zemrani ont été reconduits mardi à la tête de la Confédération nationale du tourisme (CNT). Le défi sera de donner un nouveau souffle au secteur.

La semaine prochaine s’annonce chargée pour Abdellatif Kabbaj, reconduit à la tête de la Confédération nationale du tourisme (CNT) à l’issue d’une Assemblée générale élective tenue ce mardi 19 juin à Casablanca. «Nous sommes en train de travailler sur le programme que nous soumettrons la semaine prochaine au ministre du Tourisme ainsi qu’aux membres de notre nouveau bureau (composé de Lahcen Zelmat, Hamid Bentahar et Kamal Bensouda, vice-présidents, Wissal Al Gharbaoui, secrétaire générale, ainsi que Mohamed Benamour, coopté pour la présidence d’honneur, ndlr)», a indiqué aux Inspirations ÉCO le président de la CNT, réélu avec 163 voix sur 165 pour un second mandat avec son co-listier Fouzi Zemrani.


Pas question de retourner à la CGEM
Autre rendez-vous «important», Abdellatif Kabbaj a également prévu de rencontrer le tout nouveau patron de la Confédération générale des entreprises du Maroc, Salaheddine Mezouar, porté à la tête du patronat marocain le 22 mai dernier avec son vice-président, Faiçal Mekouar, pour le mandat 2018-2021. Qu’y aura-t-il au menu de cette rencontre avec «le patron des patrons»?  Une seule certitude cependant: «Il ne sera pas question de la dissolution de la CNT au sein de la CGEM». Une précision émanant de Kabbaj himself qui tient à ce que l’institution qu’il dirige reste indépendante de la confédération. «Non, on n’est pas d’accord. On ne réintégrera pas la CGEM!», a-t-il sèchement martelé, avant de s’interroger: «Est-ce que vous trouvez normal de demander à quelqu’un qui a 30 ans de revenir à 4 ans»? Rappelons à ce niveau qu’une Assemblée générale extraordinaire de l’institution a été convoquée, le 11 mai dernier, contre la réintégration de la CNT au sein de la CGEM. À l’issue de cette AGE, sanctionnée par un «non massif», 99% des membres de la CNT ont souhaité rester à l’extérieur de l’association privée regroupant les entrepreneurs du Maroc. «Nous sommes membres à part entière et représentons le secteur du tourisme au sein de la CGEM», a-t-il conclu concernant ce chapitre.

Plus d’investissements
Sur un autre registre, concernant notamment l’avenir et les défis auxquels le secteur du tourisme est appelé à faire face, Abdellatif Kabbaj estime que rien ne peut se faire sans des investissements supplémentaires conséquents. «Nous avons besoin de plus de touristes, mais cela a un prix», a souligné le président de la CNT. Selon lui, pour booster le secteur, il faut d’abord investir dans l’aérien avant de se pencher sur «la promotion» pour mieux vendre la destination Maroc. Dans le détail, il s’agit, pour Kabbaj, de «créer des compagnies low-cost pour desservir toutes les villes touristiques» du royaume. «Une seule compagnie ne peut pas tout faire», souligne-t-on. Il nous faut des «Air Marrakech, Air Tanger, Air Agadir, là où il y a le plus de touristes», a-t-il suggéré. Une question se pose cependant: comment trouver l’argent nécessaire au financement de telles infrastructures? Pour notre interlocuteur, «c’est très simple». Selon lui, il suffit juste que les régions, villes et communes concernées travaillent ensemble et mettent la main à la poche, mais il n’évoque pas le montant de l’enveloppe qui devrait être allouée au secteur touristique pour le booster.

«Nous reculerons si rien n’est fait»
Commentant les données communiquées par les professionnels de l’hébergement touristique datées du mois d’avril dernier, faisant état d’une hausse du nombre de visiteurs -notamment dans la ville de Fès, laquelle a connu une forte progression de 12% en termes de nuitées, suivie de Rabat et Casablanca avec des hausses de 10% et 9% respectivement- Kabbaj affiche cependant un pessimisme «surprenant». «Nous allons reculer» parce qu’il n’y a pas suffisamment de «pub» pour maintenir ce rythme et attirer davantage les visiteurs, a-t-il regretté. En plus de la promotion, Kabbaj propose qu’on développe l’hôtellerie de séjour dans des destinations comme Fès, ville très prisée pendant le grand rush des vacances, avant de désengorger les destinations saturées comme Marrakech» pour au moins garder le cap.

21,1 MMDH de recettes
Il faut souligner que le nombre d’arrivées des touristes aux postes-frontières pendant le mois d’avril 2018 a augmenté de 4% par rapport à celui de 2017, selon les données communiquées par la Direction générale de la sûreté nationale. Par marché émetteur, à l’exception de l’Espagne et de l’Allemagne, qui ont reculé de 7% et 9% respectivement, les arrivées des autres marchés émetteurs ont augmenté. En effet, la France, l’Italie, la Hollande et le Royaume-Uni ont enregistré des hausses de 10%, 8%, 6% et 5% respectivement. En ce qui concerne les nuitées totales réalisées dans les établissements d’hébergement touristique classés durant le mois d’avril, celles-ci ont enregistré une hausse de 10% par rapport à la même période de 2017. Quant aux recettes générées par l’activité touristique des non-résidents au Maroc, elles se sont élevées à 21,1 MMDH contre 17,9 MMDH en 2017, soit une hausse de 18%.


Abdellatif Kabbaj
Président du CNT

Aujourd’hui, nous faisons face à de grands défis au sein de notre profession: ceux de renforcer notre leadership, de maintenir la croissance de notre secteur, de développer notre activité et de créer de nouveaux emplois. Nous avons choisi de relever ces défis car nous voulons porter notre secteur pour atteindre les objectifs sur lesquels nous nous sommes engagés devant le roi, dans le cadre de la Vision 2020».

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