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Le Maroc a enfin son observatoire !

Porté par un portail web, l’outil est le fruit d’un travail de 14 ans. Il sera accessible à tous dans quelques semaines. L’observatoire donne des informations stratégiques sur l’offre et la demande énergétiques à travers 50 indicateurs dont 5 macro-économiques, 10 dédiés au secteur de transformation et 34 indicateurs sectoriels.

Le Maroc a enfin son observatoire de l’énergie. L’outil, fruit de 14 années de travail, a été présenté hier à Rabat lors d’un séminaire présidé par Aziz Rabbah, ministre de l’Énergie, des mines et du développement durable en présence de partenaires comme la GIZ (Coopération technique allemande) et le cabinet KBM Consulting. Développé par la Direction de l’observation, de la coopération et de la communication (DOCC) du département de l’Énergie, ce dispositif d’observation, d’information, de communication, de veille et de prise de décision vise à accompagner la dynamique de développement de la transition énergétique enclenchée dans le pays. Notamment en mettant à la disposition des acteurs de l’énergie -en l’occurrence les producteurs, les consommateurs et les investisseurs- toutes les statistiques dont ils ont besoin pour apprécier la situation énergétique du Maroc en termes de bilan, tendance, état des lieux quantitatifs et techniques sur la base d’indicateurs. C’est ainsi que dans le portail web, miroir de l’observatoire, ces derniers pourront s’informer à travers 50 indicateurs dont 5 indicateurs macro-économiques, 10 dédiés au secteur de transformation et 34 indicateurs sectoriels (6 pour l’industrie, 6 pour le tertiaire, 8 pour le transport, 10 pour le résidentiel et 4 pour l’agriculture).


Amélioration de la notation
En consultant ce portail, qui sera mis à jour chaque mois avec des informations n-2, ils pourront avoir toutes les statistiques de production et de consommation énergétiques au Maroc. Les importations de pétrole, la production de charbon, d’électricité, la d’énergie hydroélectrique, d’énergie éolienne, d’énergie solaire photovoltaïque, d’énergie solaire thermique, de biomasse (déchets) ainsi que les consommations d’énergie des secteurs industriel, tertiaire, résidentiel et des transports… toutes ces données statistiques seront diffusées à une fréquence mensuelle par l’observatoire. Quant au bilan énergétique national, il sera diffusé chaque année. Celui de 2017 est déjà prêt! Selon le ministre de l’Énergie, des mines et du développement durable, «Cet observatoire, combiné aux autres, comme celui du BTP qui vient également d’être lancé, devrait permettre au Maroc d’améliorer sa notation au niveau des agences internationales. En effet, faute de statistiques fraîches et disponibles, ces dernières travaillent souvent sur des données qui sont dépassées». C’est effectivement le cas. Reste qu’il y a encore des efforts à fournir avant l’ouverture du site web de l’Observatoire de l’énergie. En effet, quelques derniers réglages doivent être opérés avant le lancement officiel qui devrait intervenir durant les prochaines semaines.

Les recommandations de Rabbah
Aziz Rabbah recommande à ses équipes de réunir au plus vite tous les fournisseurs de statistiques énergétiques (ONEE, raffineurs, sociétés de distribution de produits pétroliers, ONHYM, HCP et Office des changes) pour travailler ensemble à la rédaction et à la signature d’une charte qui consacrera leur ferme engagement. «La collecte est une étape très importante. Pour assurer sa régularité et sa pérennité, nous ferons, s’il le faut, une loi», a-t-il déclaré, persuadé qu’il tient là le tableau de bord nécessaire à une meilleure conduite de la politique énergétique du Maroc. En attendant la mise en place de ce cadre législatif et réglementaire et d’autres améliorations déjà identifiées, signalons que l’Observatoire marocain de l’énergie (OME) a vu le jour grâce au soutien du Projet d’appui à la politique énergétique du Maroc (PAPEM II) de la GIZ. Le PAPEM a notamment apporté son appui sur deux principaux axes. En matière de planification énergétique, il a accompagné le département de l’Énergie dans le développement d’un système informatique sectoriel et d’un système intégré de modélisation énergétique pour la planification de l’offre et de la demande énergétiques. En matière de régulation du marché énergétique, il a sensibilisé et renforcé les capacités des acteurs clés marocains et soutenu l’autorité de régulation du marché de l’énergie dans sa phase de création. À signaler que le DOCC a aussi bénéficié de l’appui de plusieurs autres partenaires internationaux, notamment dans le renforcement de la capacité et de l’assistance technique. Espérons que ces derniers l’aideront à faire évoluer son observatoire de sorte à ce qu’il fournisse des statistiques relatives à l’effet de serre, au contenu C02 ou encore au bilan carbone.

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