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Grève des péagistes : ADM réagit

La crise entre la Société nationale des Autoroutes du Maroc (ADM) et les péagistes ne s’essouffle pas. Un point de presse a été organisé par la représentation des salariés au siège de l’UMT, durant lequel des détails de l’affaire ont été révélés.

Le torchon continue de brûler entre les péagistes grévistes et Autoroutes du Maroc (ADM), la société nationale en charge des chantiers autoroutiers marocains. L’Union marocaine du travail (UMT), syndicat national des employés des centres d’exploitation relavant d’ADM, a organisé un point de presse, mercredi 30 novembre au sein de son siège, à l’occasion de laquelle les salariés mécontents ont manifesté l’ampleur de leur désarroi, et livré les détails de leur version des faits. Abdellatif Souiteh, secrétaire général de l’UMT, n’a pas pris de gants pour faire part à l’assistance de sa lecture des événements, et a présenté l’historique du «conflit» avec la société nationale, avec tous les éléments qu’il n’a pas manqué de qualifier de «manquements aux engagements pris avec la délégation salariale au profit des opérateurs de la société». Des accusations qu’ADM rejette catégoriquement, par la voix de Dania Bouhlal, responsable communication de l’entreprise nationale. Contactée par «Les Inspirations ÉCO», cette dernière nous a confié que «de nouvelles évolutions voient le jour au fur et à mesure que les discussions avancent. Nous tiendrons un comité pour statuer définitivement sur ce problème». Une posture pour le moins encourageante, expliquée par un spécialiste des conflits sociaux qui nous a confié, sous le sceau de l’anonymat, sa lecture des faits. Pour lui, «il est d’habitude aisé de trancher dans des affaires ayant trait aux conflits sociaux, tant la convention collective du travail est claire dans l’expression de ses dispositions. Pour autant, et c’est la difficulté du présent dossier, les critiques adressées à ADM par les grévistes ne concernent en aucun cas la société nationale mais les entreprises privées gérant ces travailleurs».


D’ailleurs, les témoignages recueillis sur place convergent vers une lecture unique des faits, en l’occurrence la succession des sociétés d’intérim ou de fourniture en compétence à tour de rôle pour le compte d’ADM, et qui maintiennent des salariés, parfois sur une durée dépassant la décennie, aux mêmes postes et dans les mêmes conditions qu’à leur première embauche. «Ces salariés relèvent d’entreprises privées qui sont liées à ADM par des contrats de prestations de services», confirme Dania Bouhlal, qui ajoute que ces travailleurs «n’ont aucun contrat de travail qui les lie à ADM, ni aucun engagement de la part de l’entreprise de quelque nature que ce soit». Une posture on ne peut plus claire qui résume le contexte dans lequel les négociations évoluent. «Le fait de s’assoir à table avec les représentants des salariés prouve en soi qu’ADM souhaite une résorption durable du problème, alors que, juridiquement, elle n’est pas tenue de le faire puisque le conflit concerne les salariés grévistes et leurs employeurs privés», poursuit notre expert.

Pour l’heure, les principales revendications versent dans le sens d’un transfert des contrats d’embauche du prestataire privé vers ADM pour faire des péagistes des salariés à part entière de la société nationale. Une revendication toujours à l’étude par le management d’ADM, et qui est mise au centre des négociations par le syndicat des travailleurs. Affaire à suivre.

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