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Financement des projets de la diaspora subsaharienne. Peut mieux faire !

Dans leur rapport dédié aux intentions entrepreneuriales de la diaspora africaine au Maroc, Hub Africa et NGE Impact recommandent de booster davantage les initiatives entrepreneuriales de la diaspora subsaharienne au Maroc. 

La moitié de la diaspora africaine au Maroc a un projet de création d’entreprise dans son pays d’origine ! C’est l’une des informations à retenir de l’étude que vient de publier NGE Impact et Hub Africa sur la diaspora africaine au Maroc. Entendons par diaspora africaine au Maroc l’ensemble de la population de Subsahariens installés dans le Royaume. L’étude souligne qu’elle dispose «d’une grande intention entrepreneuriale» pouvant se concrétiser par la création de projets dans les pays d’origine ou au Maroc.


Après son étude de 2017, toujours focalisée sur la diaspora africaine, l’étude Hub Africa et NGE Impact se concentre dans cette édition sur l’intention entrepreneuriale et les mécanismes de mise en œuvre des porteurs de projets. De par son ouverture sur les différents pays africains, le Maroc est devenu une destination de la diaspora africaine désireuse de travailler ou de bâtir un projet professionnel.

C’est dans ce cadre que cette étude porte sur cette population en analysant ses particularités, comment se caractérise la décision entrepreneuriale des porteurs de projets, la nature et les caractéristiques des projets portés, les attentes de la diaspora africaine par rapport à la décision entrepreneuriale ou encore la nature des obstacles et des contraintes.

Après avoir identifié des projets d’investissement dans différents secteurs d’activités au Maroc et dans les pays d’origine, les entrepreneurs au sein de la diaspora africaine au Maroc manifestent un intérêt particulier pour l’accompagnement dans la mise en œuvre des projets et la création des entreprises. Véritable force d’ancrage du Maroc au niveau du continent africain, près de 47% ont pris connaissance du climat des affaires dans leur pays d’origine. Cependant, jusqu’à 52% déplorent le fait que leurs pays d’origine n’aient pas pris connaissance de leur rôle.

Les insuffisances

Cependant, ces derniers pointent du doigt un ensemble de freins et obstacles pour la mise en œuvre des projets : d’abord l’insuffisance dans l’accompagnement des entrepreneurs, ensuite la corruption et les difficultés de financement. 33% de la diaspora africaine ont pris connaissance du climat des affaires au Maroc et jusqu’à 80% disent avoir pris en considération les plans sectoriels et les mesures associatives.

Conclusions et recommandations

Vu l’importance des enjeux, le rapport émet la recommandation de créer une instance dédiée à la diaspora africaine au Maroc dont le rôle sera de l’accompagner en amont et en aval pour la création et la mise en œuvre des projets. Dans l’optique de concrétiser le plus rapidement possible les projets de développement, des efforts et ajustements devraient être faits pour faciliter les différentes procédures administratives pour cette population, d’autant plus qu’elle contribue d’une manière significative à la consolidation des relations et des liens (économiques, sociaux et culturels) entre le Maroc et les pays subsahariens.

Sur le plan de l’accès au financement, NGE Impact et Hub Afric recommande de faciliter son accès à travers la mise en place de fonds d’investissement/banques dédiées à ce type de projets. L’étude révèle que le besoin financier exprimé par l’écrasante majorité (72%) de ces projets est inférieur à 50.000 euros. Dans le détail, plus de 37,2% des projets nécessitent une enveloppe de financement variant entre 10.000 et 50.000 euros.

34,8% ont besoin de moins de 10.000 euros. Face à la situation, les porteurs de projets se tournent vers leurs proches et parents pour se financer. Pour l’heure, jusqu’à 20,1% de ces projets sont financés par apport personnel et 18,9% par prêts familiaux ou amicaux. Très peu sollicités, l’emprunt bancaire et les fonds d’investissement privé contribuent à en financer respectivement 17,1% et 16,5%. Ce qui est très faible.

Parlant des caractéristiques structurelles des projets de la diaspora africaine au Maroc, l’étude révèle que 23% sont dans le secteur du commerce, 16,5% dans l’agroalimentaire, 7,9% dans le secteur informatique. Les projets, dans les secteurs de la bancassurance-finance et la santé, représentent respectivement 1,8% et 1,2% des projets. Jusqu’à 87,8% des projets sont de création ex-nihilo, c’est-à-dire à partir de rien. À peine 12,2% des entreprises sont le fruit de l’internationalisation d’autres existantes.

L’étude recommande également de faciliter l’intégration des Subsahariens au sein des entreprises marocaines, ou encore développer l’aspect Networking entre la diaspora africaine au Maroc et les dirigeants marocains afin de capitaliser sur le retour d’expériences. Pour les rapporteurs, l’ALUMNI de l’AMCI pourrait pleinement jouer un rôle de levier en la matière.

Modeste Kouamé / Les Inspirations ÉCO

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