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Fès-Meknès : le secteur du BTP cherche un nouveau souffle

La crise de la Covid-19 a impacté la majorité des filières du BTP. En effet, l’arrêt des chantiers a affecté l’ensemble des activités économiques liées au secteur. Au niveau de la région de Fès-Meknès, 80% des chantiers routiers ont enregistré des rendements de moins de 50%.

Entreprises de travaux de construction et d’aménagement, promoteurs immobiliers, architectes, bureaux d’étude et de contrôle, la crise de la Covid-19 a impacté la majorité des filières du BTP. En effet, l’arrêt des chantiers a affecté l’ensemble des activités économiques liées au secteur. Au niveau de la région de Fès-Meknès, 80% des chantiers routiers ont enregistré des rendements de moins de 50%. Le BTP dans la région contribue à hauteur de 9,5% dans le PIB du secteur au niveau national. Il a enregistré un chiffre d’affaires de 7,9 MMDH en 2019 avec une contribution de 26,4% à l’IS (2e position après le commerce).


En matière d’emploi, le secteur du BTP est le 4e employeur dans la région, avec 4.116 entreprises, dont 30.712 salariés affiliés à la CNSS. Selon une enquête réalisée par le CRI de la région de Fès-Meknès dans le cadre des travaux du Comité de veille économique régional (CVER), on relève que l’activité du BTP a connu une baisse des opérations de production-distribution des matériaux de construction de 70%, accompagnée d’une baisse des transactions immobilières et volumes de ventes d’environ 70%. L’activité a enregistré une baisse en CA de 75% pour le secteur du bâtiment et de 60% pour le secteur des travaux publics. Le taux d’arrêt des entreprises de travaux de construction a atteint 93%, alors qu’il est de 72% pour les entreprises de fabrication (béton, mortiers) et de 50% pour les entreprises d’ingénierie. Les dernières statistiques de la Direction régionale de l’habitat et de la politique de la ville (DRHPV) de la région de Fès-Meknès montrent que l’activité a enregistré une baisse de la consommation de ciment à fin avril 2020 de 20%, soit 3,8M de tonnes contre 4,8M de tonne pour la même période en 2019. Au niveau de la Bourse de Casablanca, la baisse de la performance du secteur est estimée à 48,9% en termes de transactions. Les professionnelles du secteur précisent que la méfiance de certains chefs d’entreprises a également impacté l’activité, puisque plusieurs usines de production des matériaux sont restées fermées ou ont refusé de livrer la marchandise sans paiement préalable.

Les recommandations pour la relance du secteur
Lors de la dernière réunion du CVER, Yassine Tazi, directeur du CRI de la région de Fès-Meknès a dévoilé les principales mesures à court et moyen terme, issues de l’atelier dédié au secteur du BTP. Parmi les mesures qui seront incluses dans la feuille de route pour la relance du secteur au niveau régional, on trouve celle relative à l’accélération du traitement de délivrance des documents d’urbanisme en cours relevant du territoire régional, en particulier ceux de la ville de Fès, à savoir le projet du SDAU de 2014 et le projet du PA de la commune de Fès. Il est également question de prolonger les délais des conventions de logement social, ainsi que de réduire les frais d’enregistrement et de la Conservation foncière pendant deux ans, pour les opérations d’acquisition d’appartements ou de terrains dans les lotissements. Il s’agit aussi de revoir le référentiel des prix de la Direction des impôts et de la Conservation foncière. Le CVER propose, par ailleurs, une suspension de la taxe sur les TNB, en attendant la refonte du système qui doit prévoir l’annulation de la TNB pour les promoteurs immobiliers pour qui les terrains constituent un stock. Les mesures suggèrent également d’alléger la fiscalité du secteur de l’immobilier (IS, taxe sur le transfert de la propriété du foncier) pour encourager l’investissement dans ce secteur.

3 MMDH pour appuyer le secteur
Il faut rappeler que dans le cadre des efforts déployés pour accompagner le secteur de l’immobilier afin d’atténuer les impacts sociaux et économiques de la crise, le ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville a mobilisé une enveloppe globale de plus de 3 milliards de dirhams pour appuyer les programmes sociaux et de développement au niveau de la région de Fès-Meknès. Ces programmes concernent notamment ceux relatifs à la lutte contre l’habitat insalubre, la mise à niveau urbaine et la valorisation des anciennes médinas. Notant que grâce à l’appui de l’autorité locale, l’ensemble des programmes ont redémarré dans la région de manière progressive et sécurisée. En effet, l’activité est passé de 14% au mois d’avril à 97% le 10 juillet 2020. Entre le 31 mars et le 10 juillet, les agences urbaines des villes de Fès et Meknès ont traité plus de 2890 dossiers d’urbanisme, alors que les nouveaux dossiers reçus étaient au nombre de 932.

Mehdi Idrissi / Les Inspirations Éco

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