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Fès-Meknès : la récolte d’olives réduite de moitié cette année

Les oléiculteurs les plus optimistes de la région de Fès-Meknès s’attendent à une récolte d’olive réduite au moins de moitié. Sur les terrains non irrigués, les professionnels estiment que la production ne devrait pas dépasser 30% par rapport à une année «normale», alors que sur les terrains irrigués, on n’ira pas au-delà de 70%. 

Après une récolte record de 200.000 tonnes d’huile d’olive enregistrée lors de la campagne agricole 2021/22, les agriculteurs les plus optimistes de la région de Fès-Meknès s’attendent, cette année, à une récolte d’olive réduite au moins de moitié. Sur les terrains non irrigués, les professionnels estiment que la production ne devrait pas dépasser 30% par rapport à une année «normale», alors que sur les terrains irrigués, on n’ira pas au-delà de 70%. Notons que la région compte une superficie oléicole de 340.000 ha, dont plus de 295.000 ha de terres bour.
«La qualité de la production d’huile pourrait aussi diminuer, car les agriculteurs devront sans doute réaliser des récoltes précoces d’olives moins mûres», précise Mohamed Moussaid, propriétaire d’un terrain de 10 hectares d’olive dans la province de Moulay Yaâcoub.
En effet, les fortes chaleurs obligeraient aussi les oléiculteurs à procéder à une récolte plus précoce, ce qui aurait un impact négatif sur la qualité des olives et, par conséquent, sur le rendement en huile. C’est le résultat d’une sécheresse qui intervient au pire moment, c’est-à-dire à la floraison, et un manque de pluies hivernales qui a fragilisé certaines ressources locales. Certes, les oliviers sont des arbres très résistants au stress hydrique, mais quand la sécheresse devient extrême, ils activent des mécanismes pour se protéger. Pour qu’ils ne meurent pas, ils ne produisent plus rien. Avant même le lancement de la récolte, les signes de la hausse des prix sont déjà constatés dans certains pays d’Europe.
Dans le Royaume-Uni, le litre est passé de 2,85 livres à 7,05 livres en seulement un mois. Pour limiter les pertes, certains pourraient être tentés d’accroître le nombre de parcelles irriguées. Mais cette solution reviendrait à fragiliser un peu plus la nappe phréatique, alors que la surexploitation de l’eau par les cultures intensives est déjà pointée du doigt. En effet, aujourd’hui l’agriculture marocaine pèse pour 87% de la consommation directe annuelle en eau; du coup, tous les terrains ne peuvent pas être irrigués. Au Maroc, la culture de l’olivier nécessite annuellement environ 3.000 m3 d’eau par hectare.
Coup de pouce de  l’agriculture biologique
Le département de l’Agriculture envisage de développer la production bio dans plusieurs filières agricoles, y compris celle de l’olivier, qui jusque-là contribue à hauteur de 5% au PIB agricole national. Ce projet de grande envergure devra booster la filière oléicole de Fès-Meknès, région réputée pour son énorme potentiel agricole. Ainsi, dans un premier temps, une assistance technique devra permettre d’identifier les groupements producteurs dont certains adhérents vont s’engager dans la conversion au bio et délimiter une superficie de 1.000 ha au minimum, prête à être certifiée dans la première année de culture.
Parallèlement, les agriculteurs individuels engagés dans le bio seront, quant à eux, organisés dans de nouveaux groupements. Pour bien ancrer les pratiques du bio, des guides clairs et simples et des fiches de suivi et d’autocontrôle seront mis à la disposition des groupements bénéficiaires. La région a également entamé une opération de reconversion de 2.500 ha de céréales en olivier. Ce projet consiste en la plantation des variétés de Haouzia et Menara sur une densité de 125 plants/ha dans les zones bour, à travers une assistance technique de suivi des travaux de plantation du Conseil agricole.
Il vise à organiser la filière par la création de quatre coopératives, atteindre un rendement de 3 tonnes/ha d’olives en année de croisière, améliorer la marge brute des agriculteurs pour atteindre 12.000 DH/ha, créer environ 69.800 journées de travail supplémentaires et protéger les versants contre l’érosion par l’aménagement en banquettes.Dans l’ensemble, les filières oléicoles représentent environ 5% du PIB agricole national et réalisent un chiffre d’affaires annuel d’environ 6,6 MMDH.

 

Mehdi Idrissi / Les Inspirations ÉCO

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