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Énergies renouvelables : Le Maroc dans les radars mondiaux

La stratégie marocaine en matière de promotion des énergies renouvelables place, de plus en plus, le pays parmi les plus compétitifs en la matière. Les initiatives lancées vont permettre au Maroc de réduire sa dépendance aux combustibles fossiles mais aussi à attirer plus d’investisseurs dans un marché qui connaît une réelle dynamique selon le Conseil mondial de l’énergie.


Il va falloir certainement attendre que les différentes actions engagées dans la stratégie nationale de promotion des énergies renouvelables atteignent leurs vitesses de croisière pour voir le pays accéder en haut du podium des pays les plus compétitifs. Toutefois, la feuille de route déjà tracée ainsi que les premières initiatives lancées placent le Maroc dans le radar des investisseurs internationaux ainsi que parmi les pays où les perspectives sont les plus prometteuses. C’est ce qui ressort des études que vient de rendre public le Congrès mondial de l’énergie à l’occasion de ses assises annuelles qui se tiennent à Istanbul en Turquie du 9 au 13 octobre.

Selon par exemple, l’«Energy Trilemma Index», le royaume a été classé cette année à la 80e place sur 125 pays, perdant ainsi 2 rangs par rapport à l’édition 2015 et après avoir gagné en moyenne plus de 20 places sur les cinq dernières années où le Maroc trustait au delà de la 100e position du classement annuel. L’Energy Trilemma Index du Conseil mondial de l’énergie évalue les pays en fonction de plusieurs critères et selon trois principales catégories, notamment en matière de sécurité, d’équité et de durabilité. Ainsi, les pays sont évalués en fonction de leur capacité énergétique en tenant compte de la disponibilité des ressources mais également des politiques mises en œuvre pour assurer son accessibilité et surtout sa pérennité, ce qui renvoie à la promotion des énergies renouvelables. Parmi les critères qui sont pris en compte se trouvent la gestion de l’approvisionnement en matière d’énergie primaire à partir de sources locales et étrangères, la qualité de l’infrastructure énergétique où les questions relatives à l’offre et à la demande énergétique.

Stratégie payante
Il faut noter que dans l’édition 2016, les méthodes d’évaluation de l’indice ont connu quelques modifications, et c’est ce qui explique, en partie, le classement du Maroc. Cela est surtout motivé par les conclusions du rapport vis-à-vis de sa politique de promotion des énergies renouvelables et en matière d’efficacité énergétique au centre de la stratégie marocaine. Dans un autre document toujours publié par le Conseil mondial de l’énergie, les experts de l’institution ont salué les différentes initiatives prises par les autorités depuis 2008 en vue notamment de réduire la dépense du pays aux importations mais aussi aux combustibles fossiles. À juste titre, le rapport rappelle d’ailleurs que le Maroc s’est fixé comme objectif d’atteindre une capacité de production de «6 GW d’énergie renouvelable à partir de l’énergie solaire, éolienne et hydraulique, ce qui permettra au pays d’atteindre 42% d’installations en 2020 contre 13% en 2015. «L’énergie renouvelable et l’efficacité énergétique sont au cœur de la stratégie marocaine avec 11 milliards de dollars qui pourront être investis dans les énergies solaire et éolienne au cours des cinq prochaines années», lit-on dans le document.

Compétitivité
C’est justement en termes de perspectives pour le développement et les investissements dans les énergies renouvelables que le Maroc se positionne le mieux. C’est le cas en matière d’énergie solaire concentrée (CSP), un marché qui attire beaucoup d’investisseurs et sur lequel l’Espagne domine le classement avec plus de 50 projets approuvés par le gouvernement et dont certains sont déjà opérationnels et d’autres en travaux. «Le Maroc et l’Afrique du Sud devraient être les marchés les plus dynamiques pour les CSP dans les années à venir», a souligné le rapport qui établit que selon certaines estimations, l’énergie solaire concentrée pourrait représenter jusqu’à 25% des besoins énergétiques de la planète en 2050.

L’optimisme est porté par l’entrée sur le marché de nouveaux investisseurs internationaux comme la Chine ou l’Inde. Mieux encore, le Conseil mondial de l’énergie a rappelé que selon le Fonds d’investissement climatique, la centrale géante «Noor» au Maroc est le plus grand projet de CSP dans le monde jusqu’en janvier 2016. Le Conseil a également estimé que le Maroc fait partie des pays qui affichent les coûts les plus avantageux dans l’énergie éolienne avec une moyenne de 28 dollars/MWh et avec son potentiel porté par la stratégie nationale, il se positionne comme l’un des plus grands investisseurs au niveau mondial dans le domaine des énergies renouvelables.

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