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Dr Sanaa Hassini: “Consommateurs et logisticiens n’ont eu d’autre choix que de s’adapter rapidement”

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Dr Sanaa Hassini
Vice-présidente de l’Association marocaine pour la logistique (Amlog)

Avec la crise de la Covid-19, les schémas traditionnels de distribution sont bouleversés. Dr Sanaa Hassini, vice-présidente de l’Association marocaine pour la logistique (Amlog), docteur en Sciences de gestion à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, dresse un état des lieux.


Quelles sont les tendances de fond qui se dégagent sur le terrain, et les différents types d’entreprises qui se démarquent dans le secteur de la logistique en général et chez les logisticiens en particulier, à savoir transporteurs, chargeurs, prestataires, e-commerçants, retailers, plateformes de logistique  urbaine… ?

Les mesures sanitaires visant à ralentir la propagation de la pandémie de Covid-19 ont eu des répercussions directes sur l’offre et la demande commerciale et, en conséquence, sur les chaînes de distribution, tant en amont qu’en aval. On a vu apparaître un développement spectaculaire de la digitalisation du parcours de consommation, couplée à un intérêt croissant pour les commerces de proximité. En effet, le drive, la livraison à domicile, l’e-commerce et le click & collect ont tous rencontré un véritable succès. D’un côté, la Covid-19 a joué un rôle d’accélérateur, faisant ainsi gagner du temps à certaines enseignes par rapport au plan de déploiement des nouvelles technologies mobiles, et d’un autre côté, elle a donné un coup d’arrêt spectaculaire à certaines activités ; le choc ayant été ressenti très différemment selon le type de commerce, en magasin ou en ligne, produits de première nécessité ou pas, et petites ou grandes enseignes.

Des perturbations majeures dans les chaînes d’approvisionnement et l’explosion des ventes, via des canaux bien spécifiques, ont provoqué des ruptures dans la chaîne de distribution et un rallongement imprévisible des délais de commande en amont, qui se sont répercutés sur les délais de livraison clients, en fin de parcours. Il devenait urgent de réadapter la gestion de la logistique dans son ensemble, afin d’être à même de faire face à l’incertitude de la demande et de faire preuve de davantage d’agilité dans la gestion des chaînes de distribution. Cela s’est traduit par la nécessité de trouver des sources d’approvisionnement alternatives, vu que les schémas d’approvisionnement d’avant Covid n’étaient pas totalement au rendez-vous (cas des commandes d’approvisionnement à l’international, ruptures de stock chez les fournisseurs, arrêts de production,…). Donc l’agilité et la réactivité des chaînes de distribution, les transports d’appoint, la messagerie, le last mile, entre autres, ont joué un rôle important, surtout dans la maîtrise et la sécurisation des chaînes d’approvisionnement –de la production au consommateur final– afin de réagir rapidement aux imprévus.

Sous d’autres cieux, la transition omnicanale de la logistique contractuelle semble s’accélérer, quelles que soient les spécialités. Quel état des lieux dressez-vous de ce type de logistique sur le marché marocain ?
Face à la mobilisation de tous les canaux de vente entre les enseignes, indépendamment de leurs spécialités, consommateurs et logisticiens n’ont eu d’autre choix que de s’adapter rapidement, afin de pouvoir répondre aux nouveaux modes de consommation, et encore plus dans le cadre d’une coopération à long terme entre prestataire logistique et donneur d’ordre : le marché marocain, ouvert à l’international, ne pouvait échapper à ce trend, vu son rythme de développement !

Selon plusieurs experts,  les tensions observées sur les capacités maritimes et aériennes, depuis plus d’un an, se poursuivront jusqu’à fin 2022, sauf effondrement de la demande. Dans ce contexte, quel rôle pourraient jouer les investissements dans le numérique et la gestion des données ? À quel point cela devient-il déterminant ?
Les investissements dans les nouvelles technologies numériques s’avèrent de plus en plus incontournables, et à cet effet, je citerai l’exemple du phénomène du Big data et tout ce qui en découle comme analyse numérique.
Avec des évolutions décisives dans la gestion efficiente des prévisions et de calcul des risques, au regard des imprévus et des périodes dites de pic, dans un modèle tel que la gestion des capacités offertes par les différents modes de transport (aérien, maritime, …).

Modeste Kouamé / Les Inspirations ÉCO Docs

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