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Dirham Express vise d’autres communautés

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L’entreprise clôture 2017 avec 40 points installés en France. Après les MRE, l’opérateur vise les marchés asiatiques et indo-pakistanais. Le management avoue une difficile adaptation à la «culture juridique française».


Déjà connue des MRE, l’entreprise de transfert d’argent de droit américain Dirham Express Limited a choisi d’intensifier ses opérations de communications au Maroc, «pour mieux se faire connaître des résidents», explique Youssef Charif, directeur du siège français de la firme. Créée au États-Unis en 1999 et agréée au Royaume-Uni en 2011, elle exerce en France depuis 2012 une activité de transmission de fonds par l’intermédiaire de sa succursale ainsi que par une plateforme internet et par des commerçants ayant le statut d’agents de paiement.

L’établissement réalise les opérations de transfert de fonds principalement sous la forme «d’espèces vers espèces» ou «d’espèces vers comptes» pour l’essentiel à destination du Maroc. La firme s’apprête ainsi à clôturer l’an 2017 avec plus de 40 points installés en France, suivant un rythme d’implantation accéléré durant les deux dernières années principalement». «Cette nouvelle orientation vers la construction de notre réseau propre, nous a permis d’assurer une couverture ciblée, concentrée dans les zones à forte émigration et dans les villes qui connaissent une forte concentration des diasporas étrangères principalement : Paris et sa banlieue, Lille, Montpellier, Bordeaux, et Marseille». Avec une perspective commerciale et une stratégie de développement d’un réseau dense et de proximité visant à dépasser 300 points à l’horizon 2020. Au Maroc, Dirham Express a pu développer au Maroc un large réseau, à savoir et la BMCE Bank of Africa, Al Barid Bank, et Barid Cash lui garantissant une large couverture de plus de 3.000 points. «Dirham Express a choisi dès le départ de construire son développement via un réseau de partenaires, en signant de nombreux partenariats avec des institutions de renommée mondiale, présentes partout où le marché du transfert d’argent est florissant, à savoir l’Amérique du Nord, l’Europe et le Moyen-Orient», indique Asmae Ait Si Ahmed, Marketing Manager. Un choix stratégique qui s’est avéré payant, car il lui a permis à la fois de consolider sa performance commerciale soutenue, de construire un portefeuille consistant dépassant un million de clients, soit 30% de la population totale MRE. Aujourd’hui, le management a pour but «de renforcer la visibilité de son brand, et d’acquérir une expertise».

En effet, la nouvelle stratégie est de cibler d’autres communautés, telles que la communauté indo-pakistanaise du Royaume-Uni, ou encore les communautés vietnamiennes et philipines de France. «Le modèle de migration venant de ces pays est similaire à celle des Marocains lors des premières vagues d’arrivée en France. Près de 60% du revenu est reversé dans le pays d’origine. Il s’agit donc d’un marché prometteur que nous souhaitons conquérir», nous déclare Charif. «Aujourd’hui nous nous réjouissons de pouvoir offrir nos services dans plusieurs pays de la zone UEMOA : Sénégal, Bénin, Burkina Faso, Guinée-Bissau, Mali, Côte d’Ivoire, Niger, et le Togo, et ce, via des partenariats solides avec de multiples institutions financières. Un réseau que nous investissons pour élargir prochainement à plus de 17 pays en Afrique, nous permettant sans doute d’atteindre une dimension continentale et d’appuyer notre positionnement». Conclue-t-il.


La difficile adaptation au marché français

Ayant exercé principalement dans des pays anglo-saxons, Dirham Express a eu du mal à s’imposer aux normes réglementaires «rigides» en France, nous avoue Abdelghani Boulmarouf, responsable IT. En effet, le 13 novembre dernier, il a écopé d’une amende de 80.000 euros de la part de l’Autorité française de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), pour des défaillances dans son dispositif de lutte contre le blanchiment et le financement d’activités terroristes (LCB-FT). «Une condamnation anecdotique tant par le montant que pour les raisons», explique Youssef Charif. Selon lui l’entreprise a entrepris tous les «audits possibles». Il rappelle à ce titre que des correctifs au dispositif LBC-FT ont été «naturellement apportés». Et de conclure : «Dans la criminalité financière au sens large, nous avons identifié le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme, le gel des avoirs et la prévention de la fraude comme défis particuliers pour notre entreprise, et nous reconnaissons que la criminalité financière est un défi en constante évolution et que de nouvelles menaces de crimes financiers surviennent toujours».

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