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Décarbonation de l’économie : la Banque mondiale et le Policy Center préparent leurs conclusions

C’est dans cette perspective que les deux partenaires ont organisé, le mercredi 1er décembre, un webinaire sur le thème «Décarbonation de l’économie marocaine : Défis et opportunités au lendemain de la COP26 ». Un premier webinaire d’une série dont l’objectif était d’ouvrir une plateforme de discussions et d’écouter les acteurs marocains de l’écosystème  de la décabornation.

La Banque mondiale veut aider le Maroc à mieux structurer la stratégie de décarbonation de son économie afin de bénéficier de plus de financements. C’est dans ce dessein que l’institution de Breton Woods fait équipe avec le think tank Policy center for the new south pour préparer un rapport sur le «Changement Climatique et Développement» (CCDR, acronyme anglais). Une démarche que les deux partenaires ont commencé à mettre en œuvre à travers l’organisation d’un webinaire, le premier d’une série, sur le thème « Décarbonation de l’économie marocaine : Défis et opportunités au lendemain de la COP26». L’objectif de ce séminaire, organisé le mercredi 1er décembre 2021, était notamment d’ouvrir une plateforme de discussions et d’écouter les acteurs marocains de l’écosystème de la décabornation sur plusieurs questions. Premièrement, quelle est la stratégie du gouvernement marocain pour réaliser son objectif de réduction des émissions de carbone de 45% à l’horizon 2030 ? Deuxièmement, au sortir de la COP26, est-ce que le Maroc pourrait revoir à la hausse ses ambitions ? Troisièmement, comment le Royaume va-t-il accélérer le déploiement des énergies renouvelables à l’horizon 2030, et avec quelles technologies ? Et quatrièmement, quelles réformes et innovations sont nécessaires pour transformer la matrice énergétique au Maroc, avec une part croissance des énergies renouvelables et une élimination progressive du charbon ?


Pour atteindre les objectifs de décarbonation, il faut décélérer les émissions de CO2
Comme l’a indiqué, dans le détail, Larabi Jaidi, vice-président du Policy center for the new south, dès l’ouverture de la rencontre, «cette table ronde a pour objectif d’ouvrir une plateforme de discussions et de mieux comprendre les enjeux liés à la tendance globale de décarbonation et son impact sur l’économie marocaine au lendemain de la Conférence des Parties de l’UNCCC qui s’est tenue à Glasgow au début du mois de novembre. La discussion permettra aussi d’échanger sur les politiques et les réformes nécessaires afin de répondre aux enjeux de décarbonation, notamment dans les secteurs de l’infrastructure. Le rôle de la digitalisation, comme vecteur d’accélération, et celui du secteur privé, comme pourvoyeur de financement mais aussi d’innovation, seront également discutés». En effet, l’atteinte des objectifs de décarbonation de l’économie marocaine nécessite une décélération considérable des émissions, ce qui peut constituer un défi important compte tenu des implications financières et sociales de la transition énergétique. Toutefois, il s’agit d’un défi qui pourrait être relevé avec des politiques appropriées. Par ailleurs, les récentes initiatives de l’UE et des États-Unis, visant à lier les politiques commerciales aux émissions de carbone, envoient un message important au reste du monde. Mais, du fait de son large potentiel en énergie renouvelable, le Maroc est en bonne position pour répondre à cette tendance globale de décarbonation et, ainsi, se positionner stratégiquement vis-à-vis de ces marchés.

Le Fonds Mohammed VI devrait s’aligner sur la reprise verte post-Covid
Focalisant ses propos sur les principales conclusions de la COP26, que son pays a accueilli au début du mois de novembre, l’ambassadeur du Royaume-Uni au Maroc, Simon Martin, a, entre autres, rappelé l’avancée sur l’article 6 portant sur le nouveau mécanisme du marché carbone, l’initiative pour la sortie progressive du charbon et l’adossement de la plupart des fonds multilatéraux à la nécessaire reprise verte post-covid. Selon lui, «le Fonds Mohammed VI pour la solidarité, qui veut lever 30 milliards de DH (MMDH) auprès des bailleurs de fonds internationaux, devrait s’aligner sur ces réalités pour parvenir facilement à cette fin». Par la suite, le vice-président de la Banque Mondiale pour l’infrastructure, Ricardo Pulliti, a salué l’engagement volontariste du Maroc à aller chaque jour de l’avant dans la lutte contre le changement climatique. En témoigne l’adhésion du Royaume à l’initiative pour la sortie progressive du charbon lancée lors de la COP26 à Glasgow. «Maintenant, il faut accélérer la décarbonation de l’économie marocaine, en ciblant d’abord le secteur de l’énergie qui est le plus grand émetteur de gaz à effet de serre de tous. En effet, 75% des émissions de CO2, au monde, proviennent de l’énergie»

La sortie du charbon, pas à l’ordre du jour
Suite à ces différentes allocutions, le directeur du pôle biodiversité et économie verte au ministère de la Transition énergétique et du développement durable, Bouzakri Razi a répondu aux deux premières questions de la table ronde. D’abord, en présentant le détail sur la CDN révisée du Maroc qui ambitionne de baisser les émissions de GES du Royaume de 45,5% à l’horizon 2030, contre 42% auparavant. L’opération va, notamment, se faire à travers la réalisation du Plan climat Maroc qui porte sur sept chantiers : l’énergie, l’accélération industrielle, l’agriculture durable, la gestion/intégration des déchets, les bâtiments performants, l’accompagnement du secteur du transport et de la logistique et l’amplification du rôle des forêts, en vue de capter plus de CO2. Soit un total de 61 projets, contre 55 auparavant, parmi lesquels la nouveauté se situe au niveau des sous–secteurs du phosphate et du ciment dont l’intégration va permettre de baisser les émissions de GES du secteur industriel de 50%, à travers le transfert du phosphate par pipeline, la cogénération, la valorisation des grignons d’olive, la production de RDF, etc…Concernant la seconde question, portant principalement sur la révision de l’ambition du Maroc au sortir de la COP26, conformément au Pacte de Glasgow, la réponse de Razi est claire : c’est non ! En réponse à la question 3, Fatima Hamdouch, directrice pilotage et stratégique de Masen (Agence marocaine de l’énergie durable), a déclaré que «4.000 MW sont d’ores et déjà opérationnels au niveau des énergies renouvelables. 3.000 sont en cours de développement et de construction et nous sommes sûrs d’atteindre l’objectif de 52% de production d’électricité, à partir de sources renouvelables, avant l’échéance de 2030». Poursuivant son propos, elle a ensuite ajouté qu’en matière de technologies, le prix du PV (photovoltaîque) a connu une chute drastique rapide, mais Masen s’emploie, à chaque fois, à utiliser les meilleures combinaisons technologiques possibles sur ses centrales. Focalisant sur les émissions, elle a terminé en déclarant que Noor Ouarzazate permet d’éviter 1 million de Tep en CO2. Enfin, sur la quatrième et dernière question, le directeur du pôle développement de l’ONEE, Mohamed Bourantane, a partiellement répondu, en informant l’assistance que «la sortie du charbon n’est pas à l’ordre du jour à l’ONEE».

Aziz Diouf / Les Inspirations ÉCO


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