Éco-Business

Crédit aux entreprises : le financement de la trésorerie reste la priorité

Le rythme de croissance du crédit aux entreprises s’est accéléré en mars sur un an à 4,7%. Les demandes qui atterrissent sur la table des banquiers n’ont pas beaucoup évolué. Les entreprises viennent le plus souvent pour financer le cycle d’exploitation. Les prêts destinés à l’investissement sont au ralenti, y compris chez les ménages. 

Les nouvelles prévisions de croissance économique n’atteignent guère 2% quelle que soit la source. Forcément, une croissance divisée par deux par rapport aux prévisions initiales en raison de la sécheresse et des conséquences de la guerre en Ukraine, impacte le comportement des agents économiques.

Les entreprises se retrouvent dans une situation similaire à celle du printemps 2020 avec une pression forte sur la trésorerie et la hausse de l’incertitude. Les demandes de crédit qui atterrissent sur la table des banquiers n’ont donc pas beaucoup évolué ces deux dernières années.

Les entreprises viennent le plus souvent pour financer le cycle d’exploitation. En glissement annuel, la croissance de l’encours des crédits de trésorerie est passée de 6,2% en janvier à 6,7% en février puis 8,1% en mars selon les statistiques de Bank Al-Maghrib.

À l’inverse, celle des prêts à l’équipement suit une trajectoire différente en raison du manque de visibilité des patrons. Le rythme de progression de l’encours a décéléré à 2,7% en mars sur un an après 3% en février et 3,7% en janvier.

Au total, l’encours du crédit bancaire aux entreprises non financières privées a totalisé 410 MMDH dont 192 MMDH de prêts à court terme. Les impayés représentent 11,7%, soit 48 MMDH à fin mars.

Ralentissement du crédit immobilier
Le total des encours aux Particuliers et MRE s’élève à 330 MMDH en hausse de 4,1% sur un an. Le rythme a légèrement décéléré par rapport à février principalement à cause du crédit à l’habitat dont la croissance sur un an est passée de 4,4% en février à 4,1% en mars.

En revanche, le marché du crédit à la consommation reste stable avec une augmentation de 2,8% de l’encours. Le taux de sinistralité du portefeuille des ménages s’est établi à 9% à fin mars.

L’encours global du crédit bancaire s’est un peu plus rapproché de la barre de 1.000 MMDH en mars après une hausse de 4,1% à 990 MMDH dont 780 MMMDH au secteur privé (+4,2%).

L’inflation à 5,2% en mars

L’inflation s’est accéléré à nouveau à 5,3% en mars sur un an contre 3,6% en février. L’inflation est tirée par les prix des produits alimentaires qui ont augmenté de 9,1%.

Concernant les produits non alimentaires, la hausse s’établit à 2,8% dont 7,6% pour le Transport. En revanche, les prix des services de Santé et de Communications sont restés stables. L’inflation sous-jacente, qui reflète la tendance réelle des prix puisqu’elle exclut les produits à prix volatils et les produits à tarifs publics a été de 3,9% en mars sur un an.

Pour la Banque centrale, la poussée de l’inflation devrait se limiter à 2022. Elle prévoit un retour à une hausse des prix modérée en 2023. Sinon, elle pourrait relever son taux directeur pour la contrer ce qui renchérirait le coût des emprunts pour les entreprises et les ménages.

Franck Fagnon / Les Inspirations ÉCO

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