Éco-Business

Consommation : l’atonie pourrait perdurer

La nette dégradation de la confiance des ménages a des effets variés selon les secteurs. Le BTP et l’immobilier semblent les plus impactés actuellement. Dans la distribution automobile, les entreprises doivent composer avec une demande moins dynamique. Par contre, dans le secteur des biens de grande consommation, les entreprises s’en tirent plutôt bien malgré la hausse des prix. Un ralentissement plus marqué du rythme de croissance de la consommation des ménages, au cours des prochains trimestres, n’est pas à exclure. Tout dépendra de l’évolution de l’inflation, du marché du travail, des transferts des MRE, des taux d’intérêt ou encore de la performance de la campagne céréalière.  

Le plan d’aide du gouvernement au pouvoir d’achat permettra d’amortir le choc lié à la hausse des prix à la consommation mais risque d’être insuffisant pour redonner confiance aux ménages et relancer leurs dépenses. Des secteurs tels que le BTP et l’immobilier semblent, pour le moment, plus affectés que d’autres par la détérioration de la confiance des ménages.

La consommation du ciment est en repli de 7% sur les huit premiers mois de l’année. Quant au rythme de progression du crédit à l’équipement, il a nettement ralenti par rapport au début de l’année. Cette dernière est passée de 3,7% en glissement annuel en janvier à 1,4% en juillet.

«Ce sont des signes avant-coureurs d’une décélération plus visible de la demande durant les prochains trimestres. Cette tendance affecterait davantage les secteurs qui ne sont pas en mesure de répercuter entièrement le renchérissement des prix des intrants sur leurs clients», anticipent les analystes d’AGR.

Dans la distribution automobile, les entreprises doivent composer avec une demande moins dynamique. Les immatriculations de véhicules particulières ont baissé de 10% au premier semestre, à 75.179 unités. Les ventes ressortent toutefois en hausse par rapport à la même période en 2019.

Dans les industries de biens de grande consommation, les réalisations des sociétés cotées renvoient un signal plutôt positif. Le chiffre d’affaires des sociétés agroalimentaires a augmenté de 26% au deuxième trimestre après une hausse de 31% au cours des trois premiers mois de l’année. Malgré la hausse des prix, les volumes se sont bien comportés, notent les analystes. Mais ils restent prudents pour le reste de l’année. Un ralentissement plus marqué du rythme de croissance de la consommation des ménages, au cours des prochains trimestres, est jugé fort probable. Tout dépendra de l’évolution de l’inflation. Pour AGR, la dynamique de la demande domestique et les niveaux de marge des sociétés cotées, dans un contexte inflationniste, sont à surveiller de près au second semestre.

Peu de visibilité pour 2023
Inflation, campagne céréalière, marché du travail, transferts des MRE, évolution des taux… Le comportement de ces indicateurs influencera la demande des ménages. Si l’évolution de l’inflation et la performance de la campagne agricole demeurent de grandes inconnues, les dernières projections de croissance pour 2023 laissent ressortir une progression modérée de la consommation intérieure dont le principal moteur reste les dépenses des ménages. Le gouvernement anticipe une contribution de 1,9 point à la croissance du PIB en 2023. Le scénario central de BKGR retient 2,1 points. Dans le meilleur des cas, elle atteindrait 2,5 points. Mais un scénario du pire prévoit une contribution limitée à 1,8 point.

Franck Fagnon / Les Inspirations ÉCO

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