Éco-Business

Conjoncture : Vent favorable en 2017

L’économie nationale devrait reprendre du poil de la bête dès le premier trimestre. Selon les prévisions du Haut-commissariat au plan (HCP), le rythme de croissance devrait connaître une sensible accélération à 3,9% sous l’effet d’un redressement de la valeur ajoutée agricole.


La page peu reluisante de 2016 étant tournée, les attentes et espoirs sont grands pour la nouvelle année. Et à en croire le Haut-commissariat au plan (HCP), l’économie nationale reprendra du poil de la bête dès le premier trimestre. Selon les prévisions du département d’Ahmed Alami Lahlimi, le rythme de croissance économique nationale devrait connaître une sensible accélération durant les trois premiers mois de l’année, sous l’effet d’un redressement de 11,1% de la valeur ajoutée agricole, portant ainsi sa contribution à la croissance économique globale à 1,3 point. En effet, «les activités agricoles afficheraient un retournement à la hausse grâce, notamment, à l’amélioration des conditions climatiques de démarrage et d’installation des cultures précoces», explique le HCP.

Le cumul pluviométrique des quatre premiers mois de la campagne agricole 2016/2017 aurait plus que triplé, par rapport à la même période de la campagne précédente et de 12,9% par rapport à la normale, favorisant ainsi un développement accéléré des travaux d’emblavement des céréales d’automne, des légumineuses et des cultures sucrières, notamment les betteraves. Néanmoins, «il faut attendre le mois de mars pour avoir une idée claire sur la campagne agricole», avait mis en garde Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, lors du point de presse qui a suivi le dernier Conseil d’administration de la banque.

Dans tous les cas, sous l’hypothèse d’une régularité spatio-temporelle des pluies pendant les mois de février et mars prochains, la production végétale afficherait une croissance notable, tirée par une amélioration conjuguée des rendements et des surfaces semées des cultures précoces. La production animale devrait également s’accélérer, profitant du redressement de la production avicole et de la poursuite du raffermissement des activités d’élevage du grand cheptel.

3,9% au 1er trimestre
Sur un autre registre, tout aussi déterminant pour l’économie nationale, la situation de nos principaux partenaires commence à se redresser, ce qui est de bon augure. Ainsi, selon le HCP, une légère amélioration du climat des affaires serait attendue dans la Zone euro au premier trimestre, favorisée par une orientation plus favorable de la consommation des ménages et de l’investissement privé. Autre bonne nouvelle, la hausse des importations des pays avancés, notamment américaines, et la reprise graduelle de celle des pays émergents permettraient au commerce mondial de progresser à un rythme plus soutenu que l’année précédente. Dans ce contexte, la demande mondiale adressée au Maroc devrait enregistrer une hausse de 3,2%. Cette hausse profiterait à certaines branches industrielles exportatrices comme l’automobile, l’électronique, l’habillement et le textile. Toutefois, la légère reprise attendue des cours mondiaux du pétrole et des prix des matières premières industrielles risqueraient de renchérir légèrement les importations nationales.

Dans ce contexte, la valeur ajoutée industrielle réaliserait un accroissement de 2,4% au premier trimestre, en variation annuelle. Pour leur part, les activités minières afficheraient un rythme d’expansion plus soutenu, en ligne avec le renforcement de la production du phosphate brut. La demande internationale des fertilisants pâtirait toujours des bas niveaux des prix des produits agricoles, mais les perspectives favorables d’une hausse de la demande des pays de l’Asie du Sud et de l’Est maintiendraient les exportations nationales des engrais phosphatés à un rythme de croissance de près de 11%, au premier trimestre. Au total, la valeur ajoutée minière enregistrerait une progression de 9,4%, en variation annuelle, au lieu de +11,4% une année plus tôt. Pour sa part, la valeur ajoutée de l’électricité poursuivrait son affermissement au rythme de 3,4%, dans un contexte d’une amélioration attendue des activités non-agricoles.

L’essentiel de cet affermissement serait alimenté par le redressement de la production des centrales thermiques et de celle des unités à base d’énergie renouvelable. Quant aux services, leur valeur ajoutée continuerait de croître à un rythme plus soutenu qu’au trimestre précédent, contribuant pour presque plus de la moitié à la croissance économique hors agricole. Dans l’ensemble, la valeur ajoutée hors agriculture devrait s’améliorer de 2,7%, au premier trimestre, en variation annuelle, favorisant ains, une hausse du PIB global de 3,9%, au cours de la même période, au lieu de +1,7% une année auparavant. 


Les «cadeaux» de fin d’année

L’économie nationale a retrouvé un peu de vigueur en fin d’année. Ainsi, elle aurait progressé de 1,2%, au 4e trimestre 2016, au lieu de +0,8% un trimestre auparavant. Cette modeste hausse aurait été principalement tirée par les activités secondaires, après une sensible décélération au troisième trimestre. La valeur ajoutée hors agriculture aurait ainsi crû de 2,5% en glissement annuel, au lieu de +1,9% le trimestre précédent. En revanche, le secteur agricole aurait poursuivi sa tendance baissière, affichant un repli de 12,3%, durant la même période. De son côté, l’indice des prix à la consommation aurait légèrement décéléré, à la suite d’un ralentissement des prix des produits alimentaires. La progression des prix serait revenue à +1,8% en glissement annuel, après +1,9% au troisième trimestre. Enfin, le marché des actions se serait sensiblement apprécié au quatrième trimestre dernier, dans un contexte marqué par la baisse continue des taux d’intérêt et l’amélioration de la liquidité du système bancaire. Les indices Masi et Madex auraient progressé de 30,5% et 31,6%, respectivement, en glissement annuel, après des hausses de 10,1% et 10,3%, au trimestre précédent.

Rejoignez LesEco.ma et recevez nos newsletters


Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page