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Banques centrales arabes : L’heure à la promotion de l’inclusion financière

Les pays arabes comptent mutualiser leurs efforts pour donner un coup de fouet à l’inclusion financière dont l’impact est avéré sur la croissance économique et la création d’emplois. Le Conseil des gouverneurs des banques centrales arabes tend aussi à mettre en place un système régional pour la compensation et le règlement des paiements inter-arabes.

Les pays arabes sont appelés à développer l’inclusion financière en palliant les contraintes et en mettant en place les produits répondant aux attentes des citoyens. Le Conseil des gouverneurs des banques centrales arabes s’attèle à cette question. Lors de sa quarantième session tenue à Rabat le 22 septembre, il a adopté le 27 avril comme journée arabe de l’inclusion financière en vue d’œuvrer à la développer. La sensibilisation figure en tête des actions qui devront être menées. Pour lancer la réflexion autour de cette question, une réunion devra se tenir en octobre à Skhirat.


Le Maroc a déjà développé une expérience en la matière, comme le rappelle le gouverneur de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri. La Fondation marocaine pour l’éducation financière présidée par le gouverneur de la Banque centrale depuis 2013 a mené bon nombre d’actions en vue d’atteindre la population cible non bancarisée avec à leur tête les jeunes et les femmes à travers des programmes de formation, notamment dans les secteurs du tourisme et de l’artisanat. Les efforts déployés par les différents acteurs au Maroc ont permis de passer en trois ans d’un taux de bancarisation de 28% à 64%.

La feuille de route en cours de mise en œuvre cible les TPE et PME ainsi que les Marocains résidant à l’étranger. La fondation de l’éducation financière compte mettre en place une programmation pédagogique afin que les catégories cibles puissent accéder facilement au financement. En somme, il s’avère essentiel de renforcer l’éducation financière, notamment chez les jeunes et les femmes ainsi que les migrants et différentes catégories d’opérateurs économiques (les auto-entrepreneurs, les microcrédits, les TPE et les PME). C’est dans le même esprit que le Conseil des gouverneurs des banques centrales arabes compte œuvrer. Une équipe devra travailler en premier lieu sur les indicateurs à adopter par les pays arabes pour la définition du concept de l’inclusion financière. Les experts et responsables arabes estiment, en effet, que les indicateurs mis en place par les organismes internationaux ne s’adaptent pas à la réalité de la région arabe. C’est ce que souligne Abdulrahman A. Al Hamidy, directeur général et président du Conseil d’administration du Fonds monétaire arabe.

Les pays arabes se trouvent à la traîne en matière d’inclusion financière, d’après lui, dans les rapports des organisations internationales. «Il faut penser à asseoir de nouveaux indicateurs comme l’âge à titre d’exemple», précise-t-il. Le conseil s’engage à poursuivre ses efforts pour la mise en place de cadres réglementaires cohérents et proportionnels permettant l’atteinte de manière complémentaire des objectifs d’inclusion financière, de stabilité financière et d’intégrité financière tout en misant sur les nouvelles technologies afin de faciliter l’accès au financement aussi bien pour les citoyens que les TPE. L’enjeu est de taille en raison de l’importance de l’inclusion financière dans la croissance économique, la création d’emplois et la réduction des inégalités. Parmi les contraintes à dépasser figurent les disparités enregistrées entre le milieu urbain et le milieu rural ainsi que les inégalités économiques entre les femmes et les hommes. Les femmes sont, en effet, sous-payées par rapport aux hommes dans la région arabe.

Vers un système régional pour la compensation
Le taux de croissance des pays ne va atteindre en 2016 que 2,6% pour plusieurs raisons dont les aléas de la crise économique, les perturbations politiques que connaissant certains pays, la baisse des cours de pétrole, la migration des réfugiés. La région arabe devra affronter bon nombre de défis pour donner un coup de fouet à l’économie régionale. Les pays arabes sont appelés à mutualiser leurs efforts dans différents domaines. Parmi les mesures sur lesquelles est en train de travailler le Conseil des gouverneurs des banques centrales arabes figure la mise en place d’un système régional pour la compensation et le règlement des paiements inter-arabes. Finies les réticences. Le projet s’avère de la plus haute importance car il vise le renforcement du commerce et des investissements entre les pays arabes et des coûts selon les résultats d’une étude de faisabilité. Une commission est chargée de l’élaboration du système en concertation avec les banques arabes sur les conditions d’adhésion, la structure du système, la gouvernance, la gestion des risques. Cette phase devra durer 10 mois selon les estimations. Par ailleurs, le resserrement de l’étau autour des réseaux du blanchiment d’argent et du terrorisme est un autre sujet de préoccupation des banques centrales en cette conjoncture internationale spéciale.  

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